Journal de campagne : Valls et Macron sur le même créneau social-libéral

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Manuel Valls et Emmanuel Macron se disputent le créneau social-libéral. Mais l'ancien ministre de l'Economie, dont la candidature à la présidentielle ne passe pas par la primaire socialiste, une parole beaucoup plus libre que Manuel Valls qui doit rassembler les socialistes.
Manuel Valls et Emmanuel Macron se disputent le créneau "social-libéral". Mais l'ancien ministre de l'Economie, dont la candidature à la présidentielle ne passe pas par la primaire socialiste, une parole beaucoup plus libre que Manuel Valls qui doit "rassembler" les socialistes. (Crédits : Reuters)
La Tribune publie son "journal de campagne" quotidien, reprenant les principaux faits et déclarations des candidats (et de leurs soutiens) à la présidentielle de 2017. Aujourd'hui : le duel à distance que se livrent Macron et Valls.

Manuel Valls et Emmanuel Macron, c'était un peu le match à distance du week-end. Le premier a accordé un long entretien au Parisien-Dimanche, alors que le deuxième tenait un meeting Porte de Versailles à Paris qui aurait rassemblé 15.000 personnes. Les deux tentent d'occuper le même créneau politique, celui du social-libéralisme. Les deux pensent que le Parti Socialiste, version Epinay, vit son crépuscule. Mais les deux n'ont pas la même stratégie.

Un même créneau... deux stratégies

Pour l'ancien ministre de l'Economie, pas question de passer par la case primaire du parti socialiste et de ses alliés. Lui se définit comme « progressiste » et « ni de droite ni de gauche ». Alors que l'ancien Premier ministre a fait le difficile pari de se présenter à cette primaire socialiste où il doit affronter deux figures de l'aile gauche du parti, ses deux anciens ministres, Benoit Hamon et Arnaud Montebourg... Mais aussi maintenant Vincent Peillon, lui aussi ancien ministre, et qui se pose en représentant de la ligne centrale du PS. D'ailleurs, l'ancien ministre de l'Education nationale commence déjà à engranger des soutiens, tels ceux de la maire de Paris Anne Hidalgo et des députés Patrick Bloche (Paris) et Patrick Mennucci (Marseille). Pour Manuel Valls, la partie est difficile. Lui le théoricien des « gauches irréconciliables » est maintenant obligé de donner des gages afin de séduire de nouveau un électorat socialiste dont il a besoin. Il parle donc dans on entretien au "Parisien Dimanche" de baisser les impôts des classes populaires et moyennes. Il évoque un rétablissement de de la « demi-part des veuves » supprimée par Nicolas Sarkozy. Il continue de plaider pour un revenu  minimum de 800 euros ; accorder à tous « sous condition de ressources ». En revanche, on n'entend plus Manuel Valls vociférer sur les 35 heures... et il n'exclut pas de rétablir la défiscalisation des heures supplémentaires...

Il n'empêche, pour beaucoup, notamment Benoit Hamon, ce « nouveau » Manuel Valls n'est pas très crédible.

Macron pour une nouvelle baisse du coût du travail

Emmanuel Macron, lui, Porte de Versailles s'est présenté comme le « candidat du travail », souhaitant plus de pouvoir d'achat pour les salariés, via la suppression des cotisations chômage et maladie (part salariale).... Une proposition qui aurait d'ailleurs des conséquences assez drastiques.

En substitution il évoque une augmentation de la CSG. Il veut aussi pérenniser le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en le transformant en baisse pérenne de cotisations sociales pour les entreprises (d'environ six points supplémentaires). Il veut aussi laisser le plus de place possible aux accords d'entreprise et de branche pour fixer les normes sociales... Rien de très nouveau sur le fond.

Mais il est certain que sur ce créneau social-libéral, Emmanuel Macron, davantage libre dans sa parole, est en passe de prendre une longueur d'avance sur Manuel Valls, qui, lui, doit prendre soin de ne pas définitivement froisser les socialistes.

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Commentaires
a écrit le 13/12/2016 à 11:19 :
ENTRE VALLS ET MACRON IL N Y A PAS PHOTOS ? VALLS ET BRULE PAR SONT PASSE/ ET LE JEUNE MACRON A PLEIN D IDEES NOUVELLES REVOLUTIONNAIRE? MAIS IL FAUT QU ILS DEVELOPPE MIEUX SES IDES CAR CERTAINE NE SONT PAS ENCORE EXPLIQUE CLAIREMENT? IL N A PAS ENCORE PARLE D EDUCATION DE JUSTICE DE DEFANCE D ENERGIE ET SURTOUS D EUROPE QUI N EXISTE PAS CAR ELLE N EST PAS STRUTURE COMME LES AUTRES NATIONS? DONC LES EUROPEENS NE SONT PAS MAITRE DE LEURS DESTINS???
a écrit le 13/12/2016 à 9:28 :
C'est bien pour cela que macron ne s'est pas présenté aux primaires, l'électorat de droite socialiste, minoritaire, aurait été bien trop éparpillé au risque de voir ces deux grands humanistes se faire éjecter dès le premier tour. Et qu'est-ce que cela aurait été dommage dites donc...
a écrit le 13/12/2016 à 8:58 :
Entre Herr Valls et Macron -Rastignac on va avoir le choix des maux sans le choc des photos !
a écrit le 12/12/2016 à 19:07 :
C'est intéressant, le mec il dit: si vous m'élisez vous aurez 200 balles de plus par mois. et dans 5 ans on vous serre la visse parce que le déficit commercial engendré par nos haut salaire se creuse. Entre temps, il aura supprimé l'ISF en plus...

On devrais plutôt la financer par le foncier, les revenus du capital, la rente quoi. L'écart se creuse.
Réponse de le 13/12/2016 à 8:59 :
Vous trouvez que le foncier n'est pas assez imposé ?!?
Réponse de le 13/12/2016 à 8:59 :
Vous trouvez que le foncier n'est pas assez imposé ?!?
a écrit le 12/12/2016 à 18:19 :
Enfin on sortirait des gardiens du temple des idéologues du parti socialiste début XXème .Ceux-ci croient encore que les vilains capitalistes vont envoyer les petits enfants au fond de la mine..
.Idéologues encore bien présents au sein du parti socialiste qu'il est difficile de pousser à la retraite alors qu'ils on largement dépassé 60 ans, âge pour eux restant la conquête emblématique du bonheur qu'ils nous ont fait atteindre et qu'ils refusent de s'appliquer...tant ils sont indispensables!
Assez plaisanté, mais même si les citoyens doivent toujours être vigilants et défendre certains acquis, ouvrons les portes.
Le travail le dimanche peut être justifié de nos jours et négocié, travailler plus de 35H peut être parfois utile et négociable, partir à la retraite après 60 ans peut aussi être pertinent et même un choix....et j'en passe.
Pour cela il faut du courage et ne pas avoir peur d'avoir peur.
La démocratie nous permet aussi de descendre dans la rue et de trouver des solutions.
Réponse de le 12/12/2016 à 21:21 :
Triste commentaire empli d’idéologie déconnectée des réalités.

Alors que nos sociétés produisent déjà bien trop de marchandises, que la destruction de notre environnement s’aggrave de jour en jour, que notre productivité n’a jamais été aussi élevée et continue encore d’augmenter, il semble pourtant évident qu’il faut de toute urgence décroître.

Cela signifie produire moins, seulement de l’utile, et du solide. Cela signifie aussi produire mieux. L’agriculture paysanne, respectueuse de l’environnement doit devenir la norme.

Il ne peut donc être question, dans ce contexte, de travailler encore plus et plus longtemps, et encore moins de travailler le dimanche.

Il faut au contraire travailler bien moins — ce qui devrait être facile puisque nous aurons moins à produire, et puisqu’en outre nous avons déjà tant de chômeurs.

Tout est à repenser de fond en comble. Mais notre civilisation et notre monde ne pourront encore durer qu’à ce prix.
a écrit le 12/12/2016 à 17:42 :
Valls et Macron sur le même créneau social-libéral

précisons la réalité : Fillon Valls et Macron sur le même créneau social-libéral de droite extrême pour continuer à créer des travailleurs pauvres et des indépendants auto-misères qui n'auront aucune retraite et aucune couverture sociales ;

avec Fillon Valls Macron, les Ubérisés seront tous sans dents, conduiront jusqu'à 90 ans leurs clients qui auront comme destination les ambulances sur la route et la morgue pour l'essentiel.

avec Fillon Valls Macron, la jeunesse entrera dans la vie active à 35 ans avec 100 000 euro de dettes et continueront d'habiter chez leurs parents jusqu'à leur disparition par manque de soins pour les maladies "normales" qui dégénèreront en maladies fatales...

avec Fillon Valls Macron, la FRANCE sombrer au niveau de la corée du nord
Réponse de le 12/12/2016 à 23:22 :
La Corée du Nord, rien que ça! Avec un tel sectarisme matiné de paranoïa, vous devez au moins y passer vos vacances d'été !
a écrit le 12/12/2016 à 16:54 :
Ils ne sont pas du tout libéraux , bien au contraire. N'ont-ils pas tous les deux dans le gouvernement Hollande cautionné une politique qui consiste à matraquer les classes moyennes , les retraités, l'épargne ,de taxes et impôts empêchant toute possibilité de reprise économique. Ils sont étatistes , interventionnistes et ont ,en augmentant les dépenses publiques , creuser la dette qui atteint 100 % du PIB et qui augmente de 100 milliards d'euros de plus par an . Avec des libéraux pareil, Tatcher serait communiste.

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