Primaire de gauche : mais où était passé Vincent Peillon depuis deux ans ?

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Je n'avais pas prévu [d'être candidat], parce que je considérais que le président de la République devait porter les couleurs de ce bilan et définir le nouveau projet, s'est justifié Vincent Peillon dimanche.
Je n'avais pas prévu [d'être candidat], parce que je considérais que le président de la République devait porter les couleurs de ce bilan et définir le nouveau projet", s'est justifié Vincent Peillon dimanche. (Crédits : reuters.com)
L'ancien ministre de l'Éducation nationale a présenté sa candidature surprise à la primaire de la gauche dimanche. Depuis son éviction du gouvernement en 2014, il s'était fait complètement oublier de la vie politique nationale.

Disparu des écrans radars depuis plus de deux ans, exilé en Suisse pour se faire oublier, Vincent Peillon a surgit de nulle part dimanche, en annonçant sa candidature à la primaire de la gauche. L'ancien ministre de l'Education a confirmé au 20 heures de France 2 les rumeurs de la semaine dernière, en s'ajoutant à la liste des huit prétendants du scrutin de la Belle Alliance Populaire, dont la liste définitive sera donnée le 17 décembre par la Haute autorité.

"Je n'avais pas prévu [d'être candidat], parce que je considérais que le président de la République devait porter les couleurs de ce bilan et définir le nouveau projet", s'est justifié Vincent Peillon dimanche. Le renoncement de François Hollande l'aurait poussé à se présenter... Il n'aurait donc planché sur aucun programme en deux ans ?

■ Évincé par Manuel Valls

À l'arrivée de la gauche au pouvoir, Vincent Peillon est le monsieur éducation de l'exécutif. Philosophe, il planche depuis longtemps sur une refonte du système scolaire. Attendu sur les programmes, il commence par la réforme des rythmes scolaires et notamment le retour aux cinq jours de classe. Critiquées par les maires, surtout à droite, la mesure n'est pas très populaire. Ajouté à cela le projet d'enseignement de la laïcité et des sorties hors de ses compétences, comme celle sur la dépénalisation du cannabis, Vincent Peillon devient un cancre pour François Hollande.

Sentant le vent tourner en sa défaveur, il assure ses arrières en annonçant sa candidature aux européennes dès la rentrée 2013, en plein réforme des programmes scolaires et alors que le PS n'a pas encore désigné officiellement ses candidats. Au lendemain de la débâcle des municipales, Manuel Valls entre à Matignon le 31 mars et nomme Benoît Hamon à l'Éducation.

■ Professeur de philosophie et romancier

À Strasbourg, Vincent Peillon n'est pas très actif. Un an après son élection, il participe certes à la quasi totalité des votes (97%), mais ne daigne se présenter qu'une fois sur deux en commission. Le reste de son temps, il le passe en Suisse. Agrégé de philosophie et auteur d'une thèse sur Merleau-Ponty à la Sorbonne, il enseigne en tant que professeur associé à l'Institut de philosophie de l'université de Neuchâtel, dès décembre 2014.

Vincent Peillon en profite aussi pour réaliser un rêve de jeunesse en se lançant dans la rédaction d'un roman. Son thriller, Aurora (éd. Stock), récit d'un conflit géopolitique sous fond de montée de l'extrême droite, est publié en avril dernier. Son éditeur en attend plus de 15.000 tirages, de quoi encourager sa plume à poursuivre ses projets. Le philosophe travaille sur un second roman.

■ L'axe central du PS

En se présentant, Vincent Peillon veut se substituer au candidat naturel, sortir du clivage Montebourg-Valls pour en proposer la synthèse, être le "candidat du rassemblement" avec une "éthique politique". Tout un programme. D'ailleurs, il n'a que très peu de temps pour s'y pencher. La campagne commence dès le 17 décembre et s'il s'est réellement décidé au moment où Hollande a renoncé, la copie risque d'être maigre...

À moins que sa candidature ne soit qu'un leurre. Christiane Taubira n'étant pas décidé à se présenter, certains, ou plutôt certaines, auraient voulu placer un candidat de "l'axe central du PS". De quoi mettre des bâtons dans les roues d'un Manuel Valls, jugé trop "droitier" et d'Arnaud Montebourg et Benoit Hamon, considérés, à l'inverse, comme trop à gauche. Anne Hidalgo et Martine Aubry sont soupçonnées d'être derrière la manœuvre, selon les informations du Canard Enchaîné, mais la maire de Lille a démenti toute implication. La maire de Paris a, pour sa part, annoncé son soutien au candidat ce lundi.

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Commentaires
a écrit le 13/12/2016 à 18:11 :
Peillon paie-t-il ses impôts en France ou bien est-il devenu contribuable suisse?
Réponse de le 14/12/2016 à 18:11 :
S'il habite en Suisse, au moins 6 mois dans l'année, il paie ses impôts en Suisse...
a écrit le 13/12/2016 à 10:21 :
La philosophie peut-elle avoir un impact sur l'économie mondiale ou l'économie mondiale pervertit-elle la philosophie? Vous avez jusqu'au 22 avril 2017 18h00 pour remettre vos copies.
a écrit le 13/12/2016 à 9:17 :
Hamon incarne la ligne politique du PS durant les années 90, valls incarne celle des années 2010 ou comment un virage hyper droitier s'est effectué au sein des cadres du parti socialiste ces dernières années.

Dire que hamon est trop à gauche explique la déroute actuelle d'un PS à l’agonie d'avoir trop trahi son électorat.

On peut tromper une fois mille personnes mais on ne peut pas tromper mille fois une personne.
a écrit le 13/12/2016 à 8:56 :
Afficher des préoccupations sociales, s'intéresser en priorité à sa perte personne.. ad nauseam..
a écrit le 12/12/2016 à 20:37 :
L'auteur de l'aussi ruineuse qu'inutile (si ce n'est néfaste, les enfants sont plus fatigués que jamais à cause de la semaine de 4,5 jours) réforme des rythmes scolaires, celui que Hollande surnommait "le serpent" a-t-il manqué à qui que ce soit au cours des deux années écoulées ? En tout cas après l'alternance il faudra laisser aux seules communes le choix des rythmes scolaires- et assumer seules les conséquences financières de ce choix, l'état n'ayant évidemment plus les moyens de le faire.
a écrit le 12/12/2016 à 19:04 :
Voila un bon représentant du PS : tous egaux! C est le bien le ministre qui fustigeait les classes preparatoires parcequ il les jugeait "pas egalitaires" voir "inefficaces" alors qu en france c est la seule chose qui marche ( avec les classes europeennes supprimmees par la ministre actuel) en proposant de baisser les salaires des enseignants de prépa . Rien à dire sauf que ce même ministre enseigne en suisse et donc avec un salaire 3 voir 4 fois superieur (120 000 euros/an en moyenne à l universite)..hilarant .
Réponse de le 13/12/2016 à 6:37 :
Oui, Peillon c'est l'égalité version Robespierre, voire khmer rouge : on coupe la tête aux élites. Après tout la république a-t-elle besoin de savants ?

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