Liberté de la presse : quand le FN fait de l'esbroufe

 |   |  477  mots
Marine Le Pen est-elle vraiment engagée pour la liberté de la presse?
Marine Le Pen est-elle vraiment engagée pour la liberté de la presse? (Crédits : BENOIT TESSIER)
Marine Le Pen a prononcé lors de ses vœux à la presse un discours très engagé pour la liberté de la presse. Mais dans le même temps, l'un des cadres du FN a fustigé la ligne éditoriale de la Voix du Nord qu'il juge "anti-Front national".

Souriante ce matin devant des journalistes venus nombreux, Marine Le Pen a présenté ses vœux à la presse en évoquant la liberté de celle-ci. Un discours engagé où la présidente du Front national a d'abord rendu hommage aux 259 journalistes emprisonnés dans le monde, qui sont aujourd'hui « privés de liberté ». « Un triste record... », a-t-elle déploré. Marine Le Pen a ensuite détaillé sa vision du traitement médiatique dont elle fait l'objet. Et si elle concède avoir le sentiment de ne pas se reconnaître sous la plume de la plupart des journalistes, elle assure : « c'est votre liberté, je la reconnais et je défends cette liberté ».

Un discours sincère ?

Elle s'est même dit garante de la liberté de la presse si elle était élue en 2017 : « J'ai une attention particulière pour la liberté de la presse, car la liberté de la presse est un élément consubstantiel de la démocratie. Je ne vous cache pas, d'ailleurs, mes craintes à ce sujet. La liberté de la presse recule dans notre pays. La France est passée de la 38ème à la 45ème place (selon le dernier classement de Reporters Sans Frontières ndlr). Cette évolution n'est pas acceptable. Elle est inquiétante pour une vieille et grande démocratie comme la nôtre ».

Un discours engagé. Mais est-il réellement sincère ? Un autre événement très récent permet de s'interroger : ce mercredi, un communiqué de presse de Steeve Briois, vice-président du Front national et maire d'Hénin-Beaumont, fustige la ligne éditoriale de la Voix du Nord, et lui incombe la responsabilité des difficultés financières du quotidien régional. « Les 178 postes menacés à la Voix du Nord, selon les Echos, sont la malheureuse conséquence d'une ligne éditoriale qui s'est radicalement politisée ces dernières années (...) au risque de ne plus faire d'information et d'imposer un militantisme rebutant », a indiqué l'un des principaux cadre du FN.

Prises de positions « choquantes »

Steeve Briois dénonce concrètement « la prise de position contre la candidature de Marine Le Pen durant les régionales de 2015 » qui «  avait choqué », selon lui. Et d'ajouter que « tristement, ce sont donc des salariés qui doivent subir les erreurs stratégiques d'une rédaction qui a dévoyé l'utilité première de la presse quotidienne régionale. »
Bref, alors que d'un côté Marine Le Pen dit « reconnaître la liberté des journalistes » et revendique la défendre, quand bien même elle ferait l'objet d'attaques médiatiques ; dans le même temps, l'un de ses principaux lieutenants fustige publiquement la rédaction en chef de la Voix du Nord d'avoir pris position contre la candidature de Marine Le Pen, et l'accuse d'être responsable des difficultés financières du journal. Difficile d'y voir clair dans le discours du FN...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/01/2017 à 9:25 :
La campagne médiatique maladroite anti-FN qui ne va que leur donner des voix supplémentaires recommence.

Les journalistes oublient qu'ils sont la deuxième profession la plus détestée, après les politiciens donc quand ils s'acharnent sur quelqu'un le quelqu'un, aussi peu recommandable soit il, devient de plus en plus sympathique.

Que vous enseigniez l'économie aux gens afin que ceux-ci au final se rendent compte que les paroles des politiciens ne sont que mensonges, oui c'est vital, mais que vous disiez aux uns et aux autres ce qu'ils doivent faire c'est maladroit et donc improductif.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :