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ÉconomiePrésidentielle 2017

Réduire le coût du travail, est-ce suffisant ?

Photo de Fabien Piliu

Fabien Piliu

Publié le 30 novembre 2016 à 09:45 - Mis à jour le 30 novembre 2016 à 13:28

Le Quotidien Numérique

12 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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François Fillon, le candidat de la droite et du centre veut restaurer la compétitivité des entreprises en allégeant massivement les impôts et les charges. Cette stratégie est-elle suffisante ?

François Fillon ne surprend personne. Pour restaurer la compétitivité des entreprises, le candidat de la droite et du centre veut appliquer un électrochoc fiscal aux entreprises de 50 milliards d'euros et ce, "immédiatement" comme il le précise noir sur blanc dans son programme.

Pour financer cette mesure, François Fillon reprend les recettes envisagées en 2011 et annulées (puis rétablies en partie) par François Hollande et son gouvernement une fois le palais de l'Elysée conquis. "Au regard de la situation de nos finances publiques, le seul moyen de financer cet électrochoc de croissance est d'augmenter les deux taux supérieurs de la TVA de 2% sans toucher au taux de base s'appliquant aux produits de première nécessité. À plus long terme, il est impératif de réformer l'Etat et de maîtriser ses dépenses de manière afin de ne pas faire supporter le poids de la mauvaise gestion des finances publiques aux entreprises. J'ai formulé des propositions en ce sens conduisant à 110 milliards d'économie en cinq ans ". Dont acte.

Cette stratégie a à coup sûr les faveurs du patronat qui juge dans son ensemble que le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) et les allègements de charges contenus dans le pacte de responsabilité lancé en 2014 ne compensent  pas les hausses d'impôts et de taxes subies depuis... 2011.  A noter, cette volonté de réduire les charges est largement partagée, même au sein du gouvernement. Ainsi, le projet de loi de finances prévoit une baisse importante de l'impôt sur les sociétés d'ici 2020. La politique de l'offre et en particulier son volet fiscal sont donc dans l'air du temps.

Une stratégie calibrée

Mais cela est-il suffisant ? Le coût du travail est-il la seule variable qu'il faille ajuster pour relancer durablement l'activité et créer massivement des emplois ? Faire remonter le taux de marge au niveau de 2007, soit 41% de l'excédent brut d'exploitation, est certes utile pour l'investissement et l'emploi.

Mais différents travaux indiquent que cette stratégie doit être affinée. C'est notamment le cas de la dernière étude de la Fabrique de l'Industrie. Selon le think tank de l'Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM) coprésidé par Louis Gallois et Denis Ranque et entièrement dédié aux questions industrielles, appliquer une politique différenciée est nécessaire. En fonction de la taille de l'entreprise ? En fonction du secteur économique ? La Fabrique de l'industrie suggère de réfléchir différemment et de mettre de côté ces curseurs traditionnellement utilisés par les ministres de l'Economie qui se sont succédés ces dernières années. Elle propose que l'action publique en faveur des entreprises soit calibrée selon l'exposition à la concurrence internationale. "La logique sectorielle ne tient plus. Au sein d'un même secteur, une entreprise peut être confrontée à la concurrence mondiale quand une autre n'a que des adversaires locaux", a indiqué Louis Gallois lors de présentation des dernières études de ce cercle de réflexion.

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Un effet multiplicateur local

Que représente l'emploi exposé ? Selon le think tank, l'emploi exposé, dont un poste sur deux appartient aux services, a reculé ces dernières années. Il est passé de 30% à 26,8% de l'emploi total entre 1999 et 2013, perdant 204.000 postes. De son côté, le secteur non exposé à la concurrence internationale a permis de créer 2,37 millions d'emplois sur la période. Dans ce contexte, faut-il privilégier l'emploi non exposé et sacrifier une partie du secteur exposé et notamment l'industrie ?

Selon la Fabrique de l'Industrie, ce serait une formidable erreur de ne pas prendre en compte cette distinction, en raison du « multiplicateur d'emploi local » de l'emploi exposé. Lorsque 100 emplois exposés ont été créés entre 2004 et 2013 dans une zone de la France métropolitaine, environ 64 emplois abrités ont vu le jour au sein de cette même zone explique le think tank.

Pas encore de solutions concrètes

Pour faire reculer le chômage, il est également nécessaire d'adapter l'action publique. Si la baisse du coût du travail permet de redresser la compétitivité-prix des entreprises exposées à la concurrence internationale, elle est assez inefficace pour améliorer la productivité du secteur non exposé, jugée moins élevée que celle du secteur exposé, comme le rappelle la Fabrique de l'Industrie. Pour atteindre cet objectif, il faut revoir la formation initiale, la formation continue pour relever leurs compétences et améliorer la compétitivité-coût de ce secteur.

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Mais pour l'instant, les solutions concrètes ne sont pas encore clairement définies. " Reste à déterminer comment parvenir à cette augmentation de la productivité dans le secteur abrite. En particulier, comment combiner politiques d'intensification de la concurrence domestique au sein du secteur abrité afin d'y réduire certaines rentes inefficaces, et politiques de formation, de soutien à l'innovation et de diffusion des technologiques ", conclut la Fabrique de l'Industrie.

Fabien Piliu

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