Retour au télétravail obligatoire : pourquoi le gouvernement veut l'éviter

Fanny Guinochet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Syndicats, patronat, et gouvernement ne sont pas favorable au 100% télétravail.
Istock

Fanny Guinochet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Syndicats, patronat, et gouvernement ne sont pas favorable au 100% télétravail.
Istock
« Le retour du télétravail obligatoire serait une erreur », répète Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, qui milite pour que les entreprises puissent choisir seules de l'organisation du travail. Selon le patron des patrons, ce ne peut être la solution pour enrayer l'épidémie : à peine 20% des salariés occupent des postes télétravaillables. Pourtant, le télétravail réduirait de 25% les risques d'infection.
Si Geoffroy Roux de Bézieux se montre aussi ferme sur le sujet, c'est parce que plusieurs chefs d'entreprise lui ont fait part de leurs difficultés : après les confinements, dans les entreprises, il n'a pas été toujours facile de faire revenir les salariés sur site. Maintenant que les employés sont là, pas question de prendre le risque de les perdre de nouveau. La culture du présentéisme reste forte dans l'Hexagone. Beaucoup de sociétés ont signé des chartes, voire des accords avec des jours de télétravail définis -rarement au-delà deux jours par semaine-. Ces négociations n'ont pas toujours été faciles à mener, beaucoup n'ont pas envie de revenir en arrière. Aujourd'hui, le protocole sanitaire en entreprise laisse la liberté aux employeurs de s'organiser.
À lire également
Enfin, pointe le risque de tensions sociales. Geoffroy Roux de Bézieux l'explique ce mardi sur BFM : « Je vois beaucoup d'entreprises notamment industrielles qui demandent à leurs cadres administratifs de ne pas télétravailler pour créer un sentiment d'égalité entre ceux qui sont postés à la chaine et les autres ». A l'heure où de nombreuses entreprises ont ouvert les discussions sur les rémunérations, il n'est pas utile d'ajouter des sujets de discordes. « Le télétravail crée un sentiment de frustration, d'incompréhension pour ceux qui ne peuvent pas le faire », plaide encore Geoffroy Roux de Bézieux. Et pour cause, ceux qui sont tenus d'être sur site sont le plus souvent des non cadres, des employés, plutôt au bas de l'échelle. Aussi, cette crainte de creuser une fracture au sein des entreprises est aujourd'hui si forte, qu'elle passe devant l'endiguement de l'épidémie.
Fanny Guinochet
Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
« C’est le bon moment pour investir dans l'immobilier » : malgré la crise du logement, un nouveau fonds d'investissement se lance
Pêche : la transformation artisanale, une solution pour survivre ?