Le Rwanda a plus à gagner en capitalisant sur ses activités d'export. C'est ce qui ressort de la 10e édition du Rwanda Economic Update de la Banque mondiale, publié ce 6 septembre sous le titre : «Soutenir la croissance en s'appuyant sur les opportunités d'exportation émergentes».
Le rapport de 68 pages dresse un état de l'économie rwandaise dont la croissance, après un repli de trois points de base à 5,9% en 2016 contre 8,9% en 2015, a débuté sur un nouveau repli au premier trimestre 2017 à 4,2%. En cause, un ralentissement de rythme des secteurs clés, notamment le secteur primaire : alors qu'il affichait une croissance de 5% il y a deux ans, le secteur agricole a reculé l'an dernier à 3,9%. Au premier trimestre de l'année en cours, il fléchissait encore à 2,6%, conséquence des effets de la sécheresse.
En outre, le léger recul de la croissance est également dû, indique la même source, au ralentissement dans le BTP au premier trimestre, à celui des investissements et à celui de la consommation des ménages.
En revanche, l'analyse du secteur des exportations réalisée par la Banque montre que celui-ci représente un potentiel de croissance pour l'économie rwandaise. Alors qu'elles étaient encore très faibles il y a quelques années, les exportations ont quadruplé au cours de la dernière décennie passant de 400 millions de dollars en 2007 à 1,6 milliard de dollars en 2016.
Derrière ce bond, une diversification des produits exportés accompagnée par l'essor des services. En effet, au premier trimestre 2017, les exportations de services, principalement dans le tourisme, le transport, la finance et les technologies ont positivement impacté le volume des recettes générées des exportations et la Banque mondiale y voit aujourd'hui un réel potentiel pour toute l'économie. Car, alors que les produits agricoles (surtout le thé et le café) et ceux de l'industrie minière composaient l'essentiel des produits exportés il y a quelques années, ceux-ci ont fini par subir de plein fouet la chute des cours des matières premières, avec comme conséquence une réduction de «moins de la moitié des recettes totales des exportations», indique le rapport.
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Comme le relève l'Institution de Bretton Woods, le développement des exportations rwandaises, notamment à l'échelle de la région, est aujourd'hui limité par différentes entraves, telles la lourdeur des procédures douanières et les restrictions imposées sur le commerce de certains produits. Autre constat, les entreprises exerçant dans le secteur sont majoritairement de petites structures et la couverture géographique de leurs activités ne dépasse généralement jamais la sous-région.
Pour changer la donne et exploiter au maximum le potentiel du secteur, la Banque mondiale propose au gouvernement rwandais une série recommandations, notamment la mise en place de nouvelles infrastructures permettant la facilitation des échanges et le doublement des efforts pour l'émergence des activités d'agrobusiness. L'institution de Bretton Woods appelle également le Rwanda à mettre en place des stratégies de conquête de nouveaux marchés à travers le monde.
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En bon élève, Kigali serait en train d'accélérer la piste américaine. Des pourparlers seraient en cours avec Washington pour bénéficier de la Loi fédérale américaine sur le développement et les opportunités africaines (AGOA) afin de «garantir un accès sans entrave [des produits rwandais] sur le marché américain», rapporte le journal New Times, citant le directeur de l'exploitation du Bureau du développement du Rwanda, Emmanuel Hategeka.