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Economie - La Tribune Afrique

« Il faut s’interroger sur la raison d’être du financement du développement » (Benoît Chervalier)

Photo de Laurence Bottero

Laurence Bottero

Publié le 09 juillet 2025 à 10:15 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 02:55

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Pout Benoît Chervalier, il faut revoir le procédé de l'aide au développement en privilégiant la pertinence plutôt que l'efficacité.

Pout Benoît Chervalier, il faut revoir le procédé de l'aide au développement en privilégiant la pertinence plutôt que l'efficacité.

DR

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ENTRETIEN - Alors que la quatrième conférence internationale sur le financement du développement vient de se conclure à Séville, le président Afrique de Business Europe estime que l’aide au développement telle que pensée il y a 50 ans, n’est plus. Et qu’il faut davantage placer l’attention sur la pertinence de cette aide plutôt que sur les millions injectés.

LA TRIBUNE - Le thème de la quatrième conférence internationale sur le financement du développement plantait déjà le décor : repenser le financement au développement. Face au désengagement de certains états, cela signifie inventer un nouveau modèle. Lequel selon vous ?

BENOÎT CHERVALIER - Cette quatrième conférence sur le financement du développement fait suite à celle d'Addis Abeba de 2015 et du sommet de 2015 qui avait établi les 17 objectifs de développement durables (ODD) fixant l'agenda 2030. Cela aurait dû être un sommet mettant en avant les résultats et les ambitions pour la dernière étape jusqu'à 2030. Je rappelle les slogans de l'époque : passer des milliards de dollars aux trillions de dollars. Nous en sommes loin, très loin. Ce sommet avait donc comme principale ambition de sauver les meubles et montrer que le multilatéralisme n'était pas mort en dépit des nombreux vents contraires. De ce point de vue, c'est un succès relatif.

Toutefois, le Covid, la guerre en Ukraine et au Moyen Orient, le retour de Trump sont passés par là. Ces événements ont été ou sont les révélateurs d'un basculement du monde fermant le chapitre ouvert en 1945. Il ne s'agit plus simplement d'élaborer un nouveau modèle de financement du développement mais de construire une nouvelle gouvernance et architecture financière internationale qui était également un des thèmes sous-jacents de Séville.

On peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. Séville a rassemblé environ 50 chefs d'Etats et environ 70 pays. C'est beaucoup et peu à la fois. L'ONU compte 193 pays et plusieurs dirigeants de pays phares comme les États Unis, la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud et beaucoup d'autres n'étaient pas présents. On peut se consoler comme on veut mais ce sommet n'a pas apporté les réponses aux questions fondamentales que sont celles de bâtir une nouvelle gouvernance politique et économique mondiale.

Pourquoi ce succès relatif ?

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Car chacun ne donne pas le même sens à ces mots. Certains pays comme les Etats-Unis ou la Chine abandonnent la notion de leadership pour celle de domination. D'autres, comme la Russie, jouent la carte d'un monde multipolaire sous le leadership d'un Sud Global, au concept aussi flou qu'hétéroclite et qui doit s'opposer à l'Occident - concept lui-même à géométrie variable. En toile de fond, tout le monde en particulier les pays africains et pays à faible revenu veulent aussi avoir voix au chapitre en dénonçant l'iniquité du système actuel. Bref, tout le monde veut torpiller le système actuel mais personne n'est d'accord sur ce que le nouveau pourrait et devrait être.

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