Entre le repli de certains partenaires, l’entrée de pays africains au capital de BERD ou l’arrivée d’un « doer » à la tête de la BAD, l’univers du financement du développement est en proie à de nombreux mouvements récemment. Ses acteurs restent cependant optimistes face à un tel contexte.Et si le financement du développement était un match de football ? Les entreprises publiques et privées seraient les attaquants avec les buts comme objectif, les banques et institutions multilatérales seraient les milieux de terrain qui apportent les flux d'argent pour favoriser le jeu des attaquants grâce à des passes courtes ou longues, les compagnies d'assurance seraient les défenseurs qui permettent de modérer la prise de risques, les banques centrales seraient les gardiens de but, les systèmes juridiques nationaux joueraient le rôle des arbitres qui fixent les règles du jeu et s'assurent de leur respect, tandis que les agences de notations seraient les commentateurs. C'est la métaphore que partage Heike Harmgart, directrice générale Afrique subsaharienne de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), amatrice de football, pour illustrer l'écosystème dynamique qui s'est construit au fil des ans dans le cadre du financement du développement, même si la Banque pense son action en terme d' investissement éthique ».
Ces pays qui vont financer des projets en Europe et en Asie
Si en Afrique les « milieux de terrain » sont largement constitués des bailleurs de fonds étrangers, l'ouverture du tour de table de la BERD aux Etats d'Afrique subsaharienne (Côte d'Ivoire, Bénin, Nigeria et bientôt Kenya, Sénégal et Ghana) positionne ces derniers en financeurs du développement dans tous les pays où la Banque est active, notamment « Le fait que des pays africains deviennent actionnaires érige la BERD en véritable game changer dans le contexte international actuel », estime la manager.
Cette « aide » qui « n'a jamais suffi »
De son côté, la Banque africaine de développement qui est la première institution financière du continent s'avance vers ce que certains experts qualifient de « renouveau », suite à l'élection de son prochain président, le Mauritanien Sidi Ould Tah. Depuis les dernières assemblées annuelles de l'institution, les réflexions sont surtout focalisées sur les voies et moyens par lesquels les pays peuvent davantage mobiliser des ressources financières domestiques, au moment où certains bailleurs étrangers réduisent ou ferment leur caisse, comme cela est le cas avec l'USAID et la MCC. Le sujet était également au centre des discussions au Ibrahim Governance Week-end (IGW) qui s'est tenu début juin à Marrakech.