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ÉconomieUnion européenne

Le dico bilingue du Brexit (Backstop, "accord de retrait", "Bobs", brinos...)

Photo de Jérôme Cristiani

AFP

Publié le 12 mars 2019 à 08:08 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:51

Le risque de "brexit" pese sur la croissance britannique

Le risque de "brexit" pese sur la croissance britannique

© Clodagh Kilcoyne / Reuters

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Alors que les députés britanniques votent mardi 12 mars 2019 sur l'accord de divorce, voici un petit glossaire bilingue en forme de session de rattrapage pour ceux qui veulent suivre les négociations dans la dernière ligne droite: Brexit "dur", "mou" ou "doux", "Article 50", "déclaration politique", traité de retrait, sans oublier quelques acronymes désabusés.

Le divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne a donné naissance à une floraison de termes et néologismes parfois obscurs ou drôles, humour anglais aidant.

Alors que les députés britanniques votent mardi 12 mars 2019 sur l'accord de divorce, voici un petit glossaire, entre Brexit ("dur", "mou" ou "doux"), "Article 50" et acronymes désabusés.

▶︎ "Brexit", quézaco ?

Contraction de deux mots, "British" et "Exit", soit "sortie" et "britannique", il désigne le retrait du Royaume-Uni de l'UE. Ce mot valise a été copié sur le "Grexit", apparu en 2012 pour évoquer le risque d'exclusion de la zone euro de la Grèce.

▶︎ Pourquoi les adjectifs "dur", "mou" ou "doux" pour qualifier le Brexit ?

Un Brexit "dur" verrait une nette rupture des liens, avec un accord commercial a minima ou pas d'accord du tout. Avec un Brexit "mou", Londres maintiendrait une partie des liens de l'union douanière ou du marché unique. Le "doux" correspondrait à une sortie ordonnée et préparée.

▶︎ "Article 50"

L'article 50, ou "clause de retrait", a été introduit par le traité de Lisbonne signé en 2007: "Tout État membre peut décider conformément à ses règles constitutionnelles de se retirer de l'Union", stipule-t-il. Le Royaume-Uni est le premier pays à en avoir fait usage, le 29 mars 2017, ouvrant une période de deux ans avant le retrait effectif.

▶︎ Le "traité de retrait"

C'est l'accord de divorce signé fin novembre 2018 entre le gouvernement britannique et l'UE mais rejeté par les députés britanniques. Il règle en 585 pages trois questions principales: s'assurer que Londres paye bien sa part du budget européen déjà engagé; préserver la situation des 5 millions d'expatriés européens et britanniques après le Brexit; préserver les accords de paix de 1998 en Irlande du Nord en évitant le retour d'une frontière physique avec la République d'Irlande.

▶︎ La "déclaration politique"

Jointe au Traité de retrait, elle dessine les contours de la future relation en matière commerciale, de sécurité et de défense que l'UE et le Royaume-Uni souhaitent bâtir après le Brexit. Cette relation devra être "la plus proche possible", selon le texte.

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▶︎ La "période de transition"

Si le Traité de retrait est voté, afin de laisser du temps aux négociations sur la future relation, Londres et Bruxelles ont prévu une période de transition jusqu'au 31 décembre 2020 pendant laquelle les Britanniques continueront d'appliquer les règles européennes et d'en bénéficier. Ils verseront leur contribution financière mais sans siéger dans les institutions ni participer aux décisions. Cette transition pourra être prolongée une seule fois et d'un commun accord, pour une période de deux ans maximum.

▶︎ "BOBs" et "Brino"

Deux acronymes très en vogue: Les Bobs sont les (nombreux)  Britanniques qui sont las de près de trois ans de débat sur les mêmes thèmes, les Bored of Brexit (Fatigués du Brexit). Quant à Brino, c'est le BRexit In Name Only (Brexit qui n'en a que le nom), ou faux Brexit, un acronyme inventé par les partisans d'un Brexit "dur" qui soupçonnent la Première ministre Theresa May d'en vouloir un "mou".

▶︎ Le "marché unique"

Également appelé marché intérieur, il permet aux personnes, aux biens, aux services et aux capitaux de circuler librement dans l'ensemble des États membres de l'UE. Theresa May a exclu de continuer à en faire partie pour limiter l'immigration européenne dans son pays.

▶︎ "Union douanière"

Elle compte les 28 États de l'UE - avec le Royaume-Uni - plus la Turquie, Andorre, Monaco et Saint-Marin. Ses membres ont aboli les droits de douane et les restrictions au commerce entre eux et adopté une politique commerciale commune vis-à-vis des pays tiers et des droits de douane communs. Theresa May souhaite en sortir pour pouvoir signer ses propres accords bilatéraux.

▶︎ Le "Backstop"

C'est le "filet de sécurité" : ce dispositif du Traité de retrait prévu pour éviter le retour d'une frontière entre les deux Irlande concentre les critiques, tant du Parti conservateur de Theresa May que de l'opposition. Censé n'entrer en vigueur qu'en dernier recours, il prévoit une union douanière entre le Royaume-Uni et l'UE, avec en sus, pour la province britannique d'Irlande du Nord, un alignement sur certaines réglementations européennes en matière sanitaire et de taxes.

AFP

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