Barnier promet un "ambitieux" projet d'accord avec le Royaume-Uni

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(Crédits : Yves Herman)
Malgré la propagation du coronavirus, les équipes des négociateurs européens et britanniques tiennent à poursuivre leurs échanges, notamment sur Twitter. Reste que, pour l'instant, les propositions sont loin d'être accordées.

Le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, a annoncé vendredi l'envoi aux Etats membres d'un "ambitieux" projet de ce qu'il imagine pouvoir être le nouvel accord commercial des Européens avec le Royaume-Uni.

Le prochain cycle de négociations entre Bruxelles et Londres, qui devait se tenir en face à face la semaine prochaine dans la capitale britannique, a été annulé sous cette forme en raison de la pandémie de coronavirus, mais les deux parties tiennent à poursuivre leurs efforts.

"Nous avons envoyé un projet d'accord sur un nouveau partenariat au Parlement européen et au Conseil (qui représente les Etats membres, ndlr) pour discussion", a tweeté M. Barnier.

"Il montre qu'une relation ambitieuse et globale est possible. Nous devons nous donner toutes les chances de réussir", a-t-il déclaré. "Nous nous réjouissons de travailler avec le Royaume-Uni".

Projet contre projet

Ce texte de 441 pages, dont l'AFP a obtenu copie, a été présenté vendredi après-midi aux Etats membres, qui pourront ensuite soumettre leurs questions et commentaires.

"Nous avons annoncé le 9 mars que nous partagerions prochainement un projet d'accord de libre-échange et d'autres textes", a twitté le négociateur Britannique, David Frost, en réponse à M. Barnier.

"Nous nous réjouissons à l'idée de discuter bientôt de notre projet", a-t-il ajouté.

A Bruxelles, certains Etats membres continuent à faire pression pour que Michel Barnier défende une relation étroite avec le Royaume-Uni, dans le cadre d'un accord garantissant des "conditions de concurrence équitables (level playing field, ndlr)" entre les entreprises.

Mais d'autres sont plus circonspects, arguant que la Commission devrait attendre de connaître la proposition britannique, a priori un simple accord commercial sans promesse d'alignement sur les règles de l'UE.

Le Royaume-Uni pourrait entièrement abandonner les normes européennes

Lors du premier round de négociation début mars, le Royaume-Uni et l'UE avaient reconnu d'importantes divergences, en particulier sur la pêche, les conditions de concurrence et la place de la Cour de justice européenne.

Lire aussi : Relation post-Brexit : discussions sous tension entre Londres et UE

Le projet envoyé vendredi aux Etats membres prévoit que l'UE et le Royaume-Uni gardent des normes similaires en matière d'aides d'Etat, d'environnement ou encore de droit du travail.

Un "Comité spécialisé" sur les conditions de concurrence serait chargé de "renforcer et promouvoir les bonnes pratiques réglementaires" entre les deux parties.

En cas de litige sur l'interprétation du droit communautaire, le tribunal d'arbitrage de l'éventuel accord devrait s'en remettre "à la Cour de justice de l'Union européenne pour statuer".

L'accord garantirait également que "chacun autorise les navires de pêche de l'autre partie à exercer des activités de pêche dans ses eaux" conformément aux quotas convenus.

Le gouvernement du Premier ministre Boris Johnson insiste sur le fait qu'il ne demande rien de plus qu'un simple accord de libre-échange avec l'UE et se dit prêt à sacrifier l'accès au marché européen en échange de la liberté de rédiger ses propres lois.

Le Royaume-Uni, qui a quitté l'Union le 31 janvier, espère conclure avec l'UE un accord sur la future relation d'ici le 31 décembre, lorsque la transition post-Brexit prendra fin et que les règles commerciales européennes ne seront plus appliquées par Londres.

Lire aussi : Boris Johnson va devoir rassurer sur son budget post-Brexit en plein coronavirus

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Commentaires
a écrit le 16/03/2020 à 4:16 :
Tiens le Brexit n'est donc plus la fin du Monde ? On nous aurait raconté des "craques" des balivernes ? Je n'ose pas y croire.
a écrit le 14/03/2020 à 18:07 :
Haha, comme prévu, les anglais qui ont regagné leur indépendance et leur liberté, redeviennent comme ils ont toujours été : perfides. Sous couvert d'adopter des standards de sécurité alimentaires et autres normes pompeusement appelé " high quality british standards ", ils vont allégrement exiger une libre circulation en Europe pour leurs " high quality standards for américan and chineses products ", du " high quality chlorinated chicken", "high quality GMO beef", "and high quality piece of shit..."...
Ne soyons pas dupes, Barnier ne l'est pas, personne à la Commission non plus....Si leurs produits ne correspondent pas aux normes CE, on n'en veut pas !
a écrit le 14/03/2020 à 8:16 :
sacré barnier...

"level playing field" comme il dit. ou équivalence dans la compétition...

les anglais en fait n´ont rien à inventer...

- meme taux de taxe que l´Irlande sur l´impot sur les sociétés
- meme structures coquille que la Hollande
- meme structures de sociétés fiduciaires que le Luxembourg

- puis ouverture de port francs sur cote Est afin de créer liaison vers Anvers, Hambourg, Rotterdam,
sur cote Ouest pour légumes et fruits venant d´Espagne, italie
sur cote nord pour échanges avec les "Amériques" nord et sud

afin d´éviter absolument le blocage de calais et des grévistes permanents et de l ´eurostar fret

- Accord avec la Chine pour faire une tete de pont pour la route de la soie comme l´ont fait Italie, Grèce,

- accords de peche annuels avec les pays de l´UE. cela se passera très bien avec les pays nordiques, beaucoup moins bien avec les belliqueux

- pas de taxes sur transactions financières.

cela devrait plaire à l´UE je pense....
a écrit le 14/03/2020 à 8:09 :
En général quand un haut responsable européen espère un truc c'est qu'il n'y arrivera jamais.

L'UE est en mort cérébrale, débranchons le tuyau.
a écrit le 13/03/2020 à 20:34 :
je sais bien qu'il est dans l'air du temps de faire travailler les gens plus qu'il ne devrait le faire mais devrions-nous pas envoyer Barnier à la retraite, ce bonhomme (à l'instar de Delevoye mais pour un autre sujet) n'a strictement servi à rien en matière de négociations (3ans de négociation pour arriver à rien)
ca c'est super rigolo : "devrait s'en remettre "à la Cour de justice de l'Union européenne pour statuer""
vous croyez réellement que les britanniques vont dire oui et merci M. Barnier ?
Réponse de le 13/03/2020 à 23:46 :
Je pense que vous avez raison et je propose le nom de Patatras pour le remplacer. Il a l'air d'avoir le calibre et le savoir faire et je pense qu'en 3 mois l'affaire sera bouclé. Voila un homme providentiel qui s'ignore.
a écrit le 13/03/2020 à 19:52 :
bien
' a fantastic deal', comme trump
Bojo va adorer ramasser la savonnette des deux cotes

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