La Banque centrale européenne a diminué une troisième fois ses taux directeurs de 25 points de base ce jeudi, après une baisse équivalente effectuée en juin et en septembre. La BCE ne ferme pas complétement la porte à une accélération de la baisse des taux même si elle reste focalisée sur l'inflation dans les services.[Article publié le jeudi 17 octobre à 14H28 et mis à jour à 17H14]
Sans surprise, la Banque centrale européenne (BCE) a poursuivi sa baisse graduelle de ses taux directeurs, de 25 points de base ce jeudi, après deux baisses, également de 25 points de base, en juin et et en septembre dernier. Une décision prise à l'unanimité.
Les taux directeurs de la BCE s'échelonnent donc de 3,25% pour le taux de facilité de dépôt à 3,65% pour le taux marginal. Sans surprise donc, la BCE reste prudente et ménage toutes les options possibles d'ici la fin de l'année. Sa prochaine réunion, et dernière de l'année, est prévue en décembre.
Cette prudence exaspère les marchés. «Nous aimerions avoir en Europe le débat qui fait rage actuellement aux Etats-Unis s'il faut ou non accélérer le mouvement de baisse des taux. La BCE fait le choix d'une baisse graduelle, ce qui peut surprendre alors que le secteur manufacturier s'effondre, que les prix de l'énergie sont quatre fois plus élevés qu'aux Etats-Unis et que l'Allemagne est en récession », expliquait (avant la réunion) Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM
Approche graduelle
De fait, l'inflation continue de ralentir en septembre, tombant à 1,7%, sous l'objectif de 2% de la BCE, et ce pour la première fois en plus de trois ans. Le ralentissement se voit surtout en Allemagne (1,6 %), en France (1,2 %) et en Italie (0,7 %). De plus, l'inflation sous-jacente, un indicateur qui exclut l'énergie et l'alimentation, a enregistré un recul à 2,7 % en glissement annuel, selon Eurostat.
Eric Benhamou et Maxime Heuze