Brexit : la chute de la livre, chance ou damnation de l'économie britannique ?

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La chute de la livre accélère le nécessaire rééquilibrage de l'économie britannique.
La chute de la livre accélère le nécessaire rééquilibrage de l'économie britannique. (Crédits : SUKREE SUKPLANG)
La monnaie britannique a encore reculé cette semaine. Cette chute réveille le risque de "stagflation", mais elle annonce aussi un rééquilibrage inévitable de l'économie du Royaume-Uni.

La livre sterling a continué à reculer au cours de la semaine passée. Vendredi, il fallait encore un peu plus de 1,22 livre pour un dollar étasunien contre 1,2434 livre lundi 7 octobre et 1,108 livre pour un euro contre 1,11 livre. Depuis le 23 juin, la dépréciation de la monnaie de Sa Majesté Britannique approche les 18 % face au dollar des Etats-Unis et 15 % face à l'euro. La décision de la première ministre britannique Theresa May de prendre le risque d'un « Brexit dur », autrement dit d'une absence d'accord commercial avec l'UE, a accéléré ce mouvement.

Perte du statut de monnaie de réserve ?

Selon le calcul de taux de change effectif pondéré de la Banque d'Angleterre (BoE), la livre est au plus bas depuis 1848, autrement dit le berceau du capitalisme moderne. Parallèlement, l'agence de notation S&P menace le Royaume-Uni, s'il persiste dans cette voie « hasardeuse » de voir la livre perdre son très enviable statut de « monnaie de réserve ». Ce statut fait de la livre une monnaie que toutes les banques centrales se doivent d'avoir en caisse. C'est un outil de gestion des marchés financiers et des taux de change. On considère qu'une monnaie de réserve se caractérise par une présence dans les bilans des banques centrales supérieure à 3 % du total. A la fin de l'année 2015, ce total était de 4,9 %. L'avantage de disposer d'une monnaie de réserve est que la demande est « naturellement » forte, ce qui assure une plus grande stabilité et facilite la politique monétaire de la banque centrale émettrice. Si la livre n'est plus une monnaie de réserve, la BoE aura bien plus de mal à trouver des acheteurs des sterlings qu'elle émet sur les marchés.

Au final,  tout ceci donne une impression négative qui pourrait au final précipiter la chute de l'économie britannique. C'est le calcul que font beaucoup d'observateurs et même une partie du personnel dirigeant européen, comme le prouve la récente menace de Donald Tusk qui offre aux Britanniques le choix entre un « Brexit dur » et « pas de Brexit du tout ». Et de fait, la situation est préoccupante. La chute de la livre est réellement un risque pour l'économie du Royaume-Uni. A plus d'un titre.

Fuite des capitaux

D'abord, parce qu'elle est un symptôme d'une très nette fuite de capitaux. Les investisseurs retirent leurs fonds du Royaume-Uni en prévision d'une sortie du pays du marché unique européen. Ceci s'explique aisément. Investir outre-Manche permettait de disposer d'un accès au marché unique européen tout en bénéficiant de deux avantages majeurs : la présence d'un centre financier mondial et un régime fiscal très avantageux pour les entreprises. En cas de « Brexit dur », les entreprises perdront l'accès au marché unique européen et seront alors contraintes de s'implanter dans l'UE. Parallèlement, le secteur financier britannique perdra son « passeport européen » et ne pourra plus agir comme un centre de financement paneuropéen. Ceci conduira à des redéploiements inévitables de capitaux qui sont anticipés par les marchés.

A ceci s'ajoute un effet « boule de neige », la chute de la livre provoquant une perte de valeur des actifs libellés en livre et, donc, pour les actifs les plus liquides, un redéploiement vers d'autres investissement libellés en monnaies plus solides.

La fin de la « gentillesse des étrangers »

Or, l'économie britannique connaît un très fort déficit courant. Autrement dit, pour fonctionner, elle compte sur la « gentillesse des étrangers » à venir investir sur son sol. La fuite des capitaux traduit donc un affaiblissement de cette bienveillance et conduit mécaniquement dans une telle situation à un ralentissement économique. L'investissement interne étant insuffisant, la croissance doit ralentir. Or, parallèlement, la baisse de la livre renchérit les importations, ce qui devrait conduire à une poussée inflationniste qui se traduit déjà dans les prix à la production, passés de -0,2 % en juin à + 0,3 % en juillet et +0,8 % en août. Cette inflation réduit le pouvoir d'achat et, partant, la consommation des ménages. Après l'investissement, un deuxième pilier de la croissance britannique est alors mis en danger.

Stagflation ?

Dès lors, le Royaume serait menacé d'une stagnation économique accompagnée d'une hausse des prix notable. Un danger particulièrement fort notamment si le prix des matières premières repart à la hausse, puisque ce prix est libellé en dollars. Ce serait alors le retour de la « stagflation », phénomène si connu dans les années 1970 et dont il est beaucoup question désormais outre-Manche. Le risque serait alors que la politique monétaire se durcisse pour attirer à nouveau par des rendements forts les investissements étrangers. Une forte hausse des taux donnerait alors le coup de grâce à la demande interne britannique.

La BoE veille au grain

Ce scénario catastrophe ne saurait être écarté, mais son risque doit être relativisé. L'inflation britannique n'a été que de 0,6 % en juillet et en août, alors que l'essentiel de la baisse de la livre avait été réalisé. L'ajustement des prix va sans doute se poursuivre, mais la Banque d'Angleterre a un objectif d'inflation, comme la BCE, de 2 % annuels, on en est encore loin. D'autant que ce vendredi 14 octobre, le gouverneur de la BoE, Mark Carney, a indiqué qu'il était prêt à tolérer pendant un certain temps une inflation supérieure à son objectif. Autrement dit, pour le moment, la Vieille Dame de Threadneedle Street n'est pas encore disposé à relever les taux. Une poussée d'inflation ne peut, du reste, que compenser en partie la fuite des capitaux, particulièrement dans un environnement mondial où les prix sont encore désespérément faibles. Jusqu'au Brexit, le problème n'était pas l'inflation, mais bien l'inflation faible et le risque de déflation. C'est encore le cas en zone euro et ailleurs. Si les prix des matières premières ont remonté, on est loin d'une flambée des prix, faute de croissance mondiale dynamique.

L'action du gouvernement britannique

Par ailleurs, le gouvernement britannique entend ne pas rester de marbre face aux risques économiques. Un budget offensif de relance est en préparation. Le gouvernement entend investir dans une nouvelle politique industrielle et dans les infrastructures. Ceci permettra de maintenir un certain niveau d'investissement, qu'il faudra juger sur pièce. Certes, la marge de manœuvre du gouvernement n'est pas infinie compte tenu du déficit (prévu à environ 4 % du PIB avec l'effet des dépenses de relance) et de la dette (environ 90 % du PIB), mais elle est loin d'être nulle. Au reste, ne rien faire conduirait inévitablement à une hausse du déficit sans que ce dernier ne soit « utile » à l'économie britannique.

Il est vrai que, sur les marchés, le taux britannique à 10 ans le « Gilts », a beaucoup remonté. En un mois, il a gagné 23 points de base (0,23 point de pourcentage) à 1,10 %. Mais il n'y a pas de quoi ici s'en inquiéter : sur un an, le Gilts a reculé de 66 points de base. Pour le moment, le gouvernement de Sa Majesté se finance encore à 10 ans à 60 points de base meilleur marché que le gouvernement des Etats-Unis. Londres a donc encore de la capacité de financement, facilité par une Banque d'Angleterre qui a augmenté en août son programme de rachat d'actifs de 50 milliards de livres à 375 milliards de livres. Tout ceci pourrait paraître suffisant pour empêcher la matérialisation de tout scénario catastrophe.

« Maladie hollandaise »

Pour certains économistes, comme l'ancien vice-directeur pour l'Europe du FMI Ashoka Mody ou l'ancien « prix Nobel » Paul Krugman, la chute de la livre est même une forme de chance pour l'économie britannique, car elle met de facto fin à sa « maladie hollandaise ». Cette « maladie » décrit la forte dépendance d'une économie dans un secteur, traditionnellement une matière première. Pendant la hausse des prix de cette ressource, le pays s'enrichit sans investir dans les autres secteurs. Puis, les prix se retournent et l'économie du pays concerné s'effondre. Dans le cas britannique, la dépendance ne serait pas attachée à une matière première, mais à la finance et à l'immobilier. La traduction de cette « maladie » serait alors la surévaluation de la livre, alimentée par les flux financiers, accompagnée d'un déficit courant élevé (5,3 % du PIB au cours du deuxième trimestre 2016).

Ajustement inévitable

Le Brexit a provoqué l'ajustement inévitable. Les investisseurs découvrent que les services financiers peuvent s'implanter ailleurs en Europe, la livre chute et vient retrouver un niveau compatible avec l'ampleur du déficit courant britannique. Mais l'exode des investisseurs financiers ne laisse pas forcément un désert. L'investissement au Royaume-Uni a longtemps été faible dans l'outil productif, ce qui a provoqué une désindustrialisation massive et une baisse de la productivité. C'était un symptôme de la « maladie hollandaise » du Royaume, car la finance et l'immobilier attirait tout. Désormais, la chute de la livre rend l'investissement productif plus attractif outre-Manche et pénalise logiquement les investissements dans la finance et l'immobilier londonien.

Logique politique

Certes, des droits de douanes prohibitifs imposés par l'UE pourraient empêcher un tel phénomène, mais le « hard Brexit » n'est pas la jungle, et les règles de l'OMC s'appliqueront. Quoi qu'il en soit, la chute de la livre est un phénomène naturel qui invite l'économie britannique à se rééquilibrer. Or, politiquement, comme le souligne Paul Krugman, ce rééquilibrage a un sens. Ce sont les régions les plus frappées par la désindustrialisation qui ont fait basculer le vote en faveur du Brexit, parce que, bastions traditionnels du Labour, elles ont choisi très largement la sortie de l'UE. Il est donc logique que les conséquences économiques du Brexit frappent davantage la City et profitent potentiellement au secteur industriel. De ce point de vue, le vote du 23 juin apparaît donc moins « irrationnel » qu'il y paraît : il frappe une UE qui a pu être perçue comme le « nœud » de la « maladie hollandaise » britannique à l'origine de la marginalisation des anciennes régions industrielles.

Rééquilibrage complexe

Reste que ce « rééquilibrage » n'est ni acquis, ni aisé. Il suppose une phase de transition toujours risquée si l'environnement international se dégrade et où la croissance sera logiquement moins forte, comme on l'a vu. Pour franchir une telle phase, il faudra que le gouvernement britannique se saisisse de l'occasion pour mener une politique industrielle et territoriale active et encourager l'investissement productif. Le défi est immense et loin d'être gagné, mais il existe bien une logique économique à la décision politique qu'est le Brexit et la chute de la livre en est l'instrument. Ceci invite donc à se défier de tout jugement simplificateur sur la dépréciation de la monnaie britannique.

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a écrit le 27/10/2016 à 9:43 :
Je ne sais pas ce que va devenir l'économie britannique à long terme mais le problème du Brexit est beaucoup plus d'ordre politique qu'économique.
L'Angleterre n'à jamais adhéré au projet politique d'une Europe unie.
On était dans un entre-deux et un malentendu aujourd'hui dissipé et je pense que c'est bon pour tout le monde.
Aux Européens maintenant d'avancer dans le projet politique.
a écrit le 24/10/2016 à 14:03 :
Ils ont fait leur choix mais ce n'est pas le notre puisque nous voulons une Europe forte avec l'Allemagne et le Benelux, on ne peut que leur souhaité bonne chance meme si ils n'auront d'autre choix que de s'appauvrir pour réussir !,
a écrit le 24/10/2016 à 13:50 :
Leur dette est libellé en $, avec la baisse de la £ c'est la dette UK qui explose !
a écrit le 22/10/2016 à 17:38 :
La livre sterling au plus bas depuis 1848 ! L'effondrement de l'économie britannique est sur les rails...
C'est prendre ses désirs pour la réalité que d'affirmer que le Royaume Uni se relèvera en remplaçant les finances et l'immobilier par "l'outil industriel".
C'est justement parce que l'industrie s'est effondrée en GB (et ailleurs en Europe) dans les années 70 et 80 que le Royaume a misé sur ces deux chevaux de la croissance !
Aujourd'hui, ils piaffent d'impatience pour sauter par dessus le Channel.
Solution proposée aux Britanniques par Donald Tusk, le chef du Conseil européen : quitter les rails du Brexit et revenir sur ceux de l'UE. Sera-t-il entendu ?
Réponse de le 24/10/2016 à 17:57 :
Réponse à Philippe Léger et Dilemblue :Quitter les rails du Brexit pour revenir sur ceux de l' UE ? Décidément les élites ou ceux qui ne pensent pas beaucoup par eux-mêmes, se moquent du peuple ! Le respect des anglais pour la démocratie est exemplaire. Ils peuvent réussir si ils mettent fin aux concurrences déloyales faîtes à l'emploi, dont la mondialisation est la cerise sur le gâteau.
Alors leur monnaie reprendra des couleurs et la population cessera de s'appauvrir, ce qui sera le cas des Européens avec la pensée unique, la concurrence mondialisée n'enrichissant que les riches, comme bien illustré
et admis.
Les mesures que j'ai imaginées le leur permettraient!
a écrit le 18/10/2016 à 9:24 :
Si vous voulez connaître les autres mesures que je crois nécessaires vous les trouverez en écrivant sur google : 233 prélèvements...
a écrit le 17/10/2016 à 15:18 :
J'ai oublié de préciser que l'auteur de l'interview à Ouest-France était Francis MER ancien PDG d'Usinor-Sacilor, ancien ministre également.
a écrit le 17/10/2016 à 15:12 :
Jacques Duboin, ex-HEC,ex-banquier,ex-industriel, ex-secrétaire d' ÉTAT au Trésor, la meilleure tête de l' assemblée d'après Poincaré, écrivait le 7 juin 1936, au lendemain de l'élection de Léon Blum comme président du conseil: "l'orthodoxie est morte, j'espère qu'ils ne nous la ramènent pas, sinon ce sera la misère dans l'abondance ".
Il a cherché toute sa vie la solution par le moyen d'une économie distributive et fondé "La grande relève".
Je suis né au moment où Léon Blum montait à la tribune, à 14 h. Mon fils aîné m'a offert le périodique " L'illustration" pour mon 79 ème anniversaire. La moitié des pages sont de la publicité. Duboin dénonçait déjà une politique de l'offre.
Le 7 juin 2015 , 79 ans après jour pour jour, dans l'émission "C'est politique" sur la 5 Alain Minc nous donnait en exemple les pays nordiques qui ont plus de robots que la France. Le problème c'est que les robots sont bons pour la compétitivité mais très mauvais pour la demande, ce dont nous manquons cruellement, les soi-disant 30 glorieuses n'ayant été qu'une parenthèse due à la 2ème guerre mondiale qui avait tout détruit et supprimé aussi beaucoup de bras.
Un certain bons sens populaire dit d'ailleurs qu'il faudrait une autre guerre !
En fait Maurice Allais est le seul éminent économiste qui a vu clair en dénonçant le libre échange avec des pays pauvres. Il aurait aussi pu parler du travail au noir, du bricolage -
facilité par les 35 heures- de la robotisation, toutes dispensées de charges, contrairement à l'emploi déclaré, obligeant sans cesse à augmenter le taux des cotisations devant une assise se réduisant comme une peau de chagrin, nous enfonçant toujours plus.
La solution réside - et nulle part ailleurs - dans la suppression des cotisations qui entrent dans les prix par la TVA obligeant les consommateurs à choisir entre des prix et leurs emplois et salaires. Le communisme instituant la dictature du prolétariat, les consommateurs faisaient la queue devant des magasins vides. Le capitalisme institue le règne du client-roi, il est très productif, et c'est à l' ANPE qu'on fait la queue !
Au sujet de l' Angleterre la dévaluation de la livre va doper un peu les exportations, elle va surtout favoriser le tourisme européen - c'est déjà le cas - mais appauvrir la majorité de la population, les produits importés augmentant, sauf ceux produits sur place. Mais
la prédominance du consommateur restera entière, favorisant les grands groupes au détriment de l'emploi, laissant entière la question du partage qui a taraudé toute sa vie Jacques Duboin.
Son opinion était confortée par la déclaration le 29 Avril 1999 dans une interview à Ouet-France :" La machine à produire de la richesse est en train de s'emballer positivement. Elle pose, par contre, la question de savoir comment répartir cette richesse."
Les cotisations c'est chacun pour soi, la TVA c'est plus solidaire. Un moyen de rendre la TVA non seulement juste, mais progressive est d'en redistribuer une partie forfaitairement par unité de consommation, comme envisagé pour la taxe carbone. On pourrait faire de même pour la TIPP de façon que tout le monde puisse consommer un peu mais que tous aient intérêt à le faire !
J'ai 2 ou 3 autres mesures en réserve que je détaille ailleurs.
Réponse de le 24/10/2016 à 20:41 :
Au sujet de la TIPP " que tous aient intérêt à le faire " c'est-à-dire consommer un peu, donc économiser. Ils le feraient d'autant plus que les carburants augmenteraient, ce que nécessite le réchauffement climatique qui s'accélère. Nos élites n'en ont pas pris la mesure !
a écrit le 17/10/2016 à 9:34 :
Il est amusant de constater que ces scénarios soient évoqués maintenant de manière rationnelle. Quand on demande la même chose pour la France, regardons simplement l'hystérie que cela provoque, alors que... Les mêmes facteurs auraient les mêmes effets. Il est très surprenant de constater à quel point les arguments des groupes financiers ou de distributions sont repris à plein dans les tribunes économiques alors que les points de vue industriels sont largement snobés. A chaque voyage en Asie, je constate que d'autres travaillent et planifient leur expansion. Lorsque je reviens en Europe, tout les industriels vivent avec une boule au ventre. Les Britanniques ont la chance de s'être débarassé de cette hypothèque sur l'avenir. Nous, nous vivons encore dans l'illusion des emprunts en Euros (Deutsch Mark) qu'ils ne nous est pas encore demandé de rembourser. Les financiers veulent nous faire croire qu'une implantation de leur petites bricoles rapporteraient à l'économie Française alors que nous savons pertinemment qu'ils sont les meilleurs fraudeurs fiscaux. Leur production se résume à des bénéfices pour eux, le RSA pour de nombreuses gens et des dettes à payer demain. Les Britanniques sont sortis de cette spirale mortifère. Aurons nous cette chance? Nos retraités vont-ils continuer à voter pour une système PS/LR qui n'a d'autre but que de financer leurs retraites à crédit en mangeant l'avenir de leurs enfants? Nous verrons bien. Le libre échange est un cancer économique. Je sais en tirer partie, mais je vois à chaque fois combien cela est pauvre en activité. A chaque nouvel accord que je passe avec des partenaires étrangers, je pense au nombre d'emplois non créés ou détruit dans notre usine. J'espère toujours la revanche, mais ne sais pas si je la verrais au cours de ma vie active. Pourquoi mangeons nous l'avenir de nos ouvriers? Pourquoi seuls les CSP plus ont le droit de vivre décemment? Ces politiques sont indignes. Ça m’écœure.
Réponse de le 24/10/2016 à 21:37 :
Voilà un exposé intellectuellement honnête.Comme par hasard il vient du terrain, est donc crédible. L'Euro fait les choux gras de l' Allemagne comme le dit Michel Santi : elle profite d'une monnaie rassurante aux yeux du monde alors qu'elle serait obligée de réévaluer sa monnaie sinon.
Et elle se permet de donner des leçons aux autres ! Quelle incompétence des politiques, quelle hypocrisie !
a écrit le 16/10/2016 à 15:02 :
Encore un article qui n'est pas relu , M. Godin écrit
"Vendredi, il fallait encore un peu plus de 1,22 livre pour un dollar étasunien contre 1,2434 livre lundi 7 octobre et 1,108 livre pour un euro contre 1,11 livre.

Je croit plutôt que pour une Livre on est passé de 1,2434US$ le lundi 7 octobre à 1,22US$ vendredi et de 1.11€ lundi 7 octobre à 1,08€ vendredi..
Si on lit bien M Godin la livre vaut moins de 1dollar et moins de 1 euro !!!!!.

Ce manque de sérieux ne crédibilise pas ce journaliste pontifiant, dont l'article est au demeurant d'une banalité affligeante.
a écrit le 15/10/2016 à 17:47 :
Merci beaucoup pour cette analyse impeccable, on pourrait appeler votre article aussi: Quand la pensée à long terme se réveille.

"Dans le cas britannique, la dépendance ne serait pas attachée à une matière première, mais à la finance et à l'immobilier. La traduction de cette « maladie » serait alors la surévaluation de la livre, alimentée par les flux financiers, accompagnée d'un déficit courant élevé (5,3 % du PIB au cours du deuxième trimestre 2016)."

C'est ce qui a fait exploser la pauvreté dans ce pays, la City étant une place financière extraordinairement lucrative pour la finance anglaise et européenne elle avait pris une place tellement démesurée que l'industrie est partie du RU, dépendance bien trop malsaine, apportant du fric certes mais pas dans l'investissement, dans les comptes offshore, argent en grande partie inutile donc.

Oui il fallait purger cette finance qui a déjà détruit en grande partie le RU et plus ils auraient attendu plus le mal aurait été difficile à corriger, c'est pour cela que May temporise, elle connait parfaitement la perversion du marché qui ont peur de tout et pouvant partir très vite de n'importe où et sa capacité à espérer n'importe quoi pour que rien ne change d'autre part, pas facile de faire avec la bête mais elle y arrive.

"L'investissement au Royaume-Uni a longtemps été faible dans l'outil productif, ce qui a provoqué une désindustrialisation massive et une baisse de la productivité."

Tout le monde l'a constaté l’Angleterre s'est enrichie très vite et énormément grâce à la finance européenne et internationale au détriment de son industrie qui n'existe quasiment plus, alors construire des usines et faire naitre des PME c'est long c'est sûr mais c'est de l'investissement pur et par la suite l'argent que ce tissu économique génère profite lui à l'économie réelle.

L'économie financière et l'économie réelle c'est un peu comme la différence entre sucré d'un bonbon et le sucre d'un fruit, le premier n'est là que pour satisfaire un plaisir immédiat, le second nourrit l'organisme. C'est également la pensée à court terme contre celle à long terme, May étant obligée de revenir sur de la pensée économique à long terme.

Alors comme vous dites la transition va être délicate mais c'est une aventure fabuleuse dans laquelle se lance Theresa May ainsi que tout le peuple anglais qui de toute façon, quelque soit le résultat sera toujours meilleur que de croupir au sein du dogme financier néolibérale qui est en train d'entrainer tous les peuples européens dans la misère la plus noire. Tout va dépendre de sa volonté d'agir et si elle s'écarte réellement du milieu figé de la finance elle montre déjà qu'elle veut véritablement agir.

Chanceux anglais.
Réponse de le 15/10/2016 à 18:48 :
mon dieu que vous allez être déçu....vous confondez Theresa May et Corbyn ou alors vous êtes en plein fantasme...svp allez voir son CV et celle de son gouvernement, revenez sur terre...
Réponse de le 16/10/2016 à 11:59 :
Non je ne vais pas être déçu parce que je ne suis fan de personne et je sais, moi, que le sauveur n'existe pas.

Non je ne confonds pas Theresa May et Jeremy Corbyn, je suis lecteur du monde diplomatique.

Non je ne fantasme pas sur l'économie non plus, c'est pas vraiment mon truc.

JE connais parfaitement son cv mais je sais que n'importe quel individu devant un phénomène complexe se doit d'évoluer pour s'y adapter.

C'était vraiment un plaisir de débattre avec vous, si vous avez encore des objections aussi passionnantes que celles-ci surtout n'hésitez pas hein, c'est un tel plaisir de parler du vide.
a écrit le 15/10/2016 à 17:39 :
Je pense que là où il faut s'inquiéter pour les anglais, c'est que le Brexit est négocié par des nobles. Et que le trader Faradge est reparti travailler! Il faut dire, sur ce coup là, il y a du fric a se faire. Sans ces orthodoxes, la spéculation va pouvoir reprendre.

L'ajustement se fait, et il pourrait aller asser loin, mais un retour va se faire, et il va être très fort car ils n'ont pas de système de redistribution efficace. Alors, là, les britannique se retrouveront a la case départ, les pauvres auront payés la note, d'autant plus que leurs puissant pourraient la leur faire payer cher. C'est bien beau un Brexit mais si c'est pour garder le même système économique, je ne vois pas trop l’intérêt...

L'Europe a raison de laisser la porte ouverte, c'est même une question de survie! Quand l'économie Britannique repartira de plus belle, les européens verront que la prophétie des ténèbres et de la peste n'aura pas lieu. On vois déjà la peur du déclassement dans les yeux des élites européennes, ils font des menaces et appellent a la vengeance, le statut-quo a été brisé par une horde de roturier!

La séance est ouverte, les britanniques vont-ils se tirer les premiers ou rentrer cher mutti la queue entre les jambes? Je paris 100 Francs CFA sur les Brexités!
a écrit le 15/10/2016 à 13:08 :
Revenus net de l’étranger en $
France
2012 : + 38,04 milliards
2013 : + 43 96 milliards
2014 : + 58,74 milliards
Allemagne
2012 : + 84,22 milliards
2013 : + 81.28 milliards
2014 : + 81.85 milliards
Royaume-Uni :
2012 : - 34,11 milliards
2014 : - 54,05 milliards
-
Déficit commerce extérieur de janvier à aout 2016 (8 mois) :
Le grand gagnant est le Royaume-Uni :
- 142.5 milliards d’euros.
a écrit le 15/10/2016 à 11:43 :
C’est la transition d’un système à un autre qui va être délicate et qui va demander plusieurs, voire de nombreuses années, mais cette transition était je crois nécessaire car le système antérieur au Brexit, caractérisé au Royaume-Uni par la « Maladie hollandaise » n’était absolument pas satisfaisant (bien que beaucoup de gens et non des moindres ne semblent pas le comprendre, mais je ne citerais pas de noms !) et aurait fait peser fait de sérieuses menaces sur le très long terme pour l’économie britannique, même si à court et moyen termes, pour diverses raisons sur lesquelles je passerais, il n’y avait sans doute pas de problème particulier pour le Royaume-Uni en cas de rejet du Brexit, à la différence de son approbation où il y en a.

Le PDG de Nissan Carlos Ghosn s'est dit vendredi "confiant" dans le fait que le Royaume-Uni resterait un pays compétitif à l'issue d'un entretien avec la Première ministre Theresa May, sur fond d'interrogations sur l'avenir de son usine géante de Sunderland. Je suis impatient de poursuivre la collaboration fructueuse entre Nissan et le gouvernement britannique", a ajouté le patron.

La souveraineté est utile quand on sait s’en servir, même si Theresa May, aura aussi et surtout à convaincre la première ministre indépendantiste d'Ecosse, Nicola Sturgeon, qui elle, à l’évidence ne comprend rien à rien. Il faudrait vraiment bien faire preuve de pédagogie pour expliquer à celle-ci les tenants et les aboutissants de certaines problématiques, avant qu'elle ne se mette à faire des bêtises.
a écrit le 15/10/2016 à 9:46 :
La monnaie est au service de l'économie qui est au service de l'homme et non pas le contraire!
a écrit le 14/10/2016 à 21:09 :
1/ La Livre est au plus bas historique et ils sont même pas encore sortis.
2/ Dans tous les cas de figure, ils perdront le passeport financier.
3/ Réindustrialiser un pays ça ne se fait pas en 2 ans (bon courage avec mon 4, 5)
4/ En restreignant la libre circulation, ils réduisent les possibilités d 'embauche de chercheurs, ingénieurs et hauts techniciens, à fortiori payés en monnaie de singe.
5/ Même en cas d'accord de libre échange sur les biens, toutes les normes seront décidées sans eux.
6/ Le pays est profondément divisé et le UK est en danger, ça va pas donner envie aux étrangers de venir investir.

Bref je leur souhaite de bonne vacances à Brighton ou dans le Pays de Galles. Par contre, je commence à réfléchir à aller faire mes courses de Noel à Londres, faut bien trouver un peu de positif.
Réponse de le 14/10/2016 à 21:37 :
J'adore votre réponse !
Réponse de le 14/10/2016 à 22:35 :
OK , oui la re industrialisation ne vas pas de faire en 2ans mais plus tot ca commence mieux c'est . Pour l'instant chez nous on continu à perdre des industries

Reduise les possibilités d'embauche ? l'ideologie frontieres ouvertes à tous vous perd . Dans un pays avec du chimage de masse il n'y aucun probleme à trouver des ressources , aucun .

Les normes sans eux ? bof , l'orgueil de fait pas vivre

Pays divisé ? c'est mieux aillleurs ? dans tous les pays il y a une forte minorité anti UE voir une majorité
Réponse de le 15/10/2016 à 1:30 :
@ Tox :
En matière d'industrie, la France fait déjà beaucoup d'efforts qui vont finir par payer. Par ailleurs, elle part de moins bas que le R-U.

Ensuite, le chômage est un problème français, pas britannique. Les anglais sont en situation de quasi plein-emploi, bloquer l'arrivée de main-oeuvre immigrée va donc bien être un problème pour eux.

Ensuite, ne pas participer à l'élaboration des normes est effectivement un problème : Une norme est élaborée à la suite de travaux de R&D chez les industriels, chacun mettant en avant sa solution. Et celui qui réussit à imposer ses orientations part avec de l'avance sur les autres puisque cette partie de sa R&D est déjà réalisée et pertinente pour son marché.

Enfin oui, il y a part de la population de chaque pays qui se sent perdante dans la mondialisation. Ça n'est pas une raison pour prendre des décisions foncièrement stupides.
Réponse de le 15/10/2016 à 8:21 :
Je vais compléter Tox :
- la livre est au niveau de 85 : je n'ai pas souvenir qu'en 85, cela affolait grand monde.
-les normes basées sur la recherche r et d : ça vient aussi tout droit des années 80. ça fait de belles histoires dans les journaux mais cela ne concerne que peu de secteurs. Les normes comptables sont bien plus importantes. Ou environnementales. Les unes ou les autres ne sont ni liées à une entreprise ni à un pays en particulier. Là encore il faut se renseigner.
- les "efforts" de la france n'en sont pas : ce n'est qu'une course à la baisse des coûts, course sans fin car s’effectuant aussi dans les autres pays. On n'est pas dans les années 2000 où les réformes hartz se faisaient dans un seul pays pour permettre d'appuyer un taux de change interne à l'euro déjà favorable à l'ex DM.
- Il faut se renseigner : le Ru est plus industrialisé que la France. Depuis l'euro, la France a perdu 1/3 d'industries en plus (faites encore des recherches, vous verrez)
- Les perdants expliquent la montée de ceux qualifiés de "populistes". Cela montre que la part du pays perdante a tendance à devenir majoritaire. Votre chance c'est que les perdants ont tendances à moins voter que les gagnants
- enfin, on peut aussi indiquer que les décisions qui parraissent stupides aux gagnants sont logiques pour les perdants puisque leurs intérêts sont opposés. Mais pour s'en apercevoir, il ne faut pas être dans le fantasme et avoir un minimum de capacités pour le comprendre évidemment.
a écrit le 14/10/2016 à 20:11 :
Euh, je crois qu'il y a un peti pb avec les chiffres : il faut encore (du moins pour le moment) encore 1,22 $ pour une £, et 1,11€ pour une £. Ceci étant, le contre-coup de cette chute de la ¨£ commence sérieusement à se faire sentir sur les prix (hausse de 10% des produits Unilever demandée à Tesco), et le rééquilibrage de l'économie britannique, pour souhaitable qu'il soit, se traduira inéluctablement par une sévère cure austérité et une baisse drastique du niveau de vie des ménages.
Réponse de le 14/10/2016 à 20:40 :
Vous ai-t-il venu à l'esprit que les britanniques qui ont voté pour la sortie sont ceux qui n'ont plus rien à prendre car chômage, contrat 0 heure etc... et tout à gagner : réindustrialisation, investissement dans les infrastructures (sans l'obligation d'avoir des appels d'offre européens) etc ... et la fierté d'être anglais !
Réponse de le 14/10/2016 à 22:13 :
Mort de rire, ca se dit pragmatique et ca parle d avoir voter de quitter la zone la plus riche au monde pour une question de fierte. En meme temps ca fair peur vu comme ca la democratie...
Réponse de le 14/10/2016 à 22:36 :
En isolant leur pays, c'est impossible que leur pays se "réindustrialise". Avec le brexit, les riches et les patrons partent du Royaume Uni, et le chomage va augmenter et leur monnaie va diminuer en valeur. On peut etre fier d'etre anglais et européen, comme on peut etre fier de sa ville ou de sa région et etre fier d'etre français.
Réponse de le 15/10/2016 à 10:08 :
"et tout à gagner : réindustrialisation, investissement dans les infrastructures"... c'est ce qu'on leur a fait croire (de même que le fait de dégager de l'argent pour le NHS de la cotisation britannique à l'UE). Farrage a déjà dit ce qu'il en était de cette promesse : du vent ! Le brexit nuira au niveau de vie des britanniques, surtout à celui des plus modestes. C'est inéluctable. Ce n'est pas un hasard si les hérauts du Brexit (Farrage en abandonnant la tête de UKIP et Johnson en refusant de devenir PM) se sont défilés avec un ensemble parfait. Ils ont eu trop peur de finir tôt ou tard la tête en haut d'une pique ou couverts de goudron et de plumes.
Réponse de le 17/10/2016 à 12:48 :
ça me fait toujours beaucoup rire ce retournement d'argumentation sachant qu'initialement, c'est les fervents pro-européistes qui nous ont vendus du rêve avec l'instauration de l'UE et de l'Euro. Promettant mont et merveilles de prospérités, plein emploi, pouvoir d'achat.... 30 ans plus tard on est dans une situation critique comme peu connue auparavant et il faudrait continuer à creuser avec cette inéptie de fusion d'Etat....
Réponse de le 17/10/2016 à 20:57 :
@@brunohd : si les britanniques peuvent accuser l'UE de certains de leurs mécomptes (encore qu'en ce qui concerne les migrations, étant insulaires et en plus hors Schengen, ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes), ils ne peuvent accuser l'€ qu'ils n'ont jamais adopté. Soyons in peu sérieux, la Royaume-Uni ne s'est résolu à adhérer à l'UE que parce que leur économie était, déjà au début des années 70, en perdition et le FMI à sa porte. L'UE a apporté au Royaume-Uni une très mesurable amélioration économique. aujourd'hui ils souhaitent en ressortir, bon vent.

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