Brexit : un nouveau référendum écossais sur l'indépendance en préparation

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Nicola Sturgeon, premier ministre écossaise, a annoncé qu'elle lançait un nouveau référendum sur l'indépendance.
Nicola Sturgeon, premier ministre écossaise, a annoncé qu'elle lançait un nouveau référendum sur l'indépendance. (Crédits : RUSSELL CHEYNE)
La première ministre écossaise Nicola Sturgeon a annoncé qu'elle déposera la semaine prochaine un projet de second référendum sur l'indépendance la semaine dernière. Mais la situation en Catalogne rend la situation très périlleuse pour l'UE.

C'est un nouveau défi pour la première ministre britannique Theresa May. Devant le congrès du Parti national écossais (SNP), Nicola Sturgeon, cheffe du gouvernement écossais a confirmé qu'un « projet de loi proposant un référendum d'indépendance sera publié pour consultation » la semaine prochaine.  « Je suis déterminée à ce que l'Écosse puisse reconsidérer la question de son indépendance et ce avant que le Royaume-Uni ne quitte l'UE si c'est nécessaire pour protéger les intérêts de notre pays », a-t-elle indiqué. Et, sans attendre le résultat de cette consultation, Nicola Sturgeon a appelé ses troupes à faire campagne pour l'indépendance, tout en mettant en garde contre tout sentiment de trop forte assurance. « Il faudra prouver l'intérêt de l'indépendance et la gagner dans les urnes », a-t-elle terminé.

Cette annonce constitue une réponse à la stratégie de Theresa May de refuser de consulter les parlements régionaux sur les négociations avec l'Union européenne concernant la sortie du Royaume-Uni et de prendre le chemin d'un « Brexit dur » en faisant le choix de prioriser la maîtrise des frontières sur l'accès au marché unique. Pour Nicola Sturgeon, toute cette stratégie est contraire aux intérêts de l'Ecosse qui, le 23 juin, a voté à 62 % en faveur du maintien dans l'UE. Et d'interpeller Theresa May : « l'Ecosse n'a pas choisi d'être dans cette situation - c'est votre parti qui nous y a mis. En 2014, vous nous avez dit que l'Ecosse était un partenaire égal dans le Royaume-Uni. Eh bien, c'est le moment de le prouver  ».

La situation a changé par rapport à 2014

Le 18 septembre 2014, les Écossais avaient, à 55 %, choisi de rester dans le Royaume-Uni. A l'époque, l'Union européenne avait fait campagne en faveur du « non » à l'indépendance, menaçant les partisans du « oui » d'obliger le nouvel Etat à se retrouver exclu de facto en dehors de l'UE, obligé de recommencer la procédure d'adhésion depuis le début. La situation est évidemment désormais très différente. Le Royaume-Uni sortant de l'UE, l'argument n'est plus valide. L'exclusion de l'Ecosse de la procédure de négociation est aussi un argument pour les Nationalistes écossais qui peuvent y voir le retour de la domination des intérêts « anglais » et un retour sur la dévolution des pouvoirs de la fin des années 1990.

Mais Nicola Sturgeon aura fort à faire pour imposer un deuxième référendum. D'abord, parce que les 62 % d'Ecossais qui ont voté contre le Brexit ne voteront pas tous en faveur de l'indépendance. Selon l'institut BMG, ce nouveau référendum reste peu populaire et n'est soutenu que par 38 % des Ecossais, 47 % y étant opposés, même si en cas de "Brexit dur", le camp des Indépendantistes pourrait progresser. La baisse du prix du pétrole a réduit les ressources écossaises et certains mettent en garde contre le coût économique d'une rupture avec Londres. Les questions qui se posaient en 2014 restent d'actualité, notamment celle de la monnaie de la future Ecosse indépendante. En 2014, ces questions avaient aussi joué en faveur du « non » qui avait été porté principalement par la population la plus âgée de la région. Le Brexit peut changer les lignes, mais sera-ce assez ? Rien n'est moins sûr, notamment parce que l'attitude de l'UE reste équivoque.

L'UE moins enthousiaste vis-à-vis de l'Ecosse

Dans les jours qui ont suivi le 23 juin, la Commission européenne a beaucoup choyé Nicola Sturgeon. Alors que son prédécesseur José Manuel Barroso avait toujours refusé de rencontrer Alex Salmond, le premier ministre écossais avant le référendum de 2014, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne avait reçu chaleureusement Nicola Sturgeon.

Mais, rapidement, on en était resté là. L'idée avancée par Bruxelles d'utiliser l'Ecosse comme un moyen de pression sur Londres en lui proposant un statut particulier, voire en soutenant une adhésion directe en cas de référendum avant la sortie officielle du Royaume-Uni de l'UE, avait fait long feu. Car le cas écossais n'est pas isolé.

Il est observé de très près en Catalogne où la majorité parlementaire est indépendantiste. Le gouvernement espagnol, qui refuse toute autodétermination à la Catalogne, n'entend pas favoriser l'indépendance de l'Ecosse. Car si l'UE soutient le séparatisme à Edimbourg, comment pourrait-il s'opposer au séparatisme à Barcelone ? L'attitude négative de l'Espagne est, du reste, fortement soutenue par la France, terrorisée par un précédent qui pourrait donner des idées aux régionalistes. Dès lors, même en cas d'indépendance, le maintien dans l'UE n'est plus assuré et l'Ecosse pourrait devoir demander son adhésion à l'UE. Dans ces conditions, l'attrait direct de l'indépendance pourrait en être réduit.

Quel référendum ?

De fait, une des questions les plus brûlantes du second référendum écossais sera la méthode. En 2014, le référendum avait fait l'objet d'une longue négociation avec le gouvernement britannique. En octobre 2012, un accord entre Londres et Edimbourg avait permis de mettre en place le cadre du vote qui devait être organisé par le parlement écossais selon le principe d'une seule question simple. Le gouvernement britannique s'engageait à respecter le résultat. L'indépendance en cas de « oui » devait intervenir dans les deux ans suivant le scrutin. La légalité de l'accord avait pu être contestée, mais l'engagement de Londres assurait le fait que le vote aurait un impact. Cette reconnaissance par les autorités britanniques conduisait naturellement les puissances étrangères à reconnaître de facto le résultat du référendum.

Mais cette méthode simple ne semble pas d'actualité aujourd'hui. Le parlement écossais peut-il, de son propre chef, décider d'organiser un référendum sur l'indépendance en se passant de l'accord de Londres ? Cela semble peu probable. Le gouvernement britannique est-il prêt alors à renouveler les accords d'octobre 2012 ? C'est ce que Nicola Sturgeon invite Theresa May à faire ce jeudi 13 octobre. Mais le gouvernement britannique a beaucoup changé, désormais. Le Brexit a provoqué un virage à droite vers un style plus autoritaire. Le magazine de gauche New Stateman titre ce mois-ci sur la « revanche de l'Angleterre ». Il n'est pas certain que l'exécutif britannique accepte comme le précédent d'ouvrir un second front en Ecosse en plus de celui qu'il va devoir mener face à l'UE.

Mais alors ? La situation écossaise pourrait ressembler de plus en plus à celle de la Catalogne. Une majorité indépendantiste serait confrontée à un refus du pouvoir central de reconnaître le droit à l'autodétermination de la région autant que son droit à disposer d'un mot à dire dans la politique étrangère du pays. Dès lors, la seule voie pourrait être pour Edimbourg l'unilatéralité et la rupture avec la légalité britannique. C'est la voie qu'est sur le point de prendre la Catalogne puisque le parlement catalan a validé la semaine dernière une nouvelle feuille de route incluant un référendum d'autodétermination unilatéral durant la deuxième semaine de septembre 2017.

Le jeu entre l'Ecosse et la Catalogne, un casse-tête pour l'Europe ?

Ceci rend encore plus complexe la situation écossaise. Si l'Ecosse emprunte le chemin catalan, Londres et Madrid se retrouveront de facto des alliés de fait face à leurs séparatistes. La France elle-même, si elle poursuit sa politique de refus de toute modification de frontières en Europe occidentale devra refuser toute reconnaissance de l'Ecosse comme de la Catalogne.

Il ne sera pas possible, si les situations sont analogues, d'opérer une distinction entre le cas catalan et celui écossais, sous prétexte que l'un serait favorable à l'UE et pas l'autre. Si l'UE reconnaît une indépendance de l'Ecosse issu d'un référendum unilatéral, alors on ne pourra dénier cette reconnaissance à la Catalogne. De même, il sera difficile de soutenir l'indépendance écossaise ici et de combattre celle de la Catalogne là. Ce sera alors un casse-tête considérable pour les Européens.

Car si l'affaiblissement d'Edimbourg devient la priorité de Madrid et Paris, il faudra faire des concessions à Londres pour démobiliser les tentations indépendantistes écossaises. De plus, il sera alors impossible de tenter d'affaiblir Londres en soutenant l'indépendantisme écossais. Au final, le référendum de Nicola Sturgeon pourrait devenir un atout pour les Britanniques dans le cadre des négociations avec le Brexit. C'est pourquoi Londres n'a pas d'intérêt à l'accepter dans l'immédiat. Le grain de sable écossais pourrait donc entraver l'objectif actuel de la France et de l'Allemagne qui cherchent à faire du Brexit une leçon pour les Eurosceptiques français. C'est dire si l'annonce de Nicola Sturgeon rend la situation complexe. Et si ce n'est pas alors une bonne nouvelle pour les dirigeants européens.

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a écrit le 14/10/2016 à 10:17 :
Intéressant je ne pensais pas que mon post génèrerait autant de retours.. bon très honnêtement je ne connais pas assez le problème basque.. cependant je pense qu'une transmission des grands enjeux (diplomatie, économie, armée, etc..) au niveau européen serait profitable aux européens.. et nombre des grands états nations, dont de façon criante la France sont à bout de souffle et s'avèrent difficilement réformables.. la différence de poids entre une Allemagne et un Portugal est aussi de plus en plus mal vécu par les "petits pays" au sein de l'Europe... et s'il existe un Portugal, une Lithuanie, et même Malte... une Ecosse, une Catalogne, un Flandre, une Wallonie me semblent légitimes... il me semble aussi que le développement économique plus homogène entre les landers allemands beaucoup plus autonomes que les régions françaises me semble une bonne chose. J'ai grandi avec les échanges scolaires européens, je ne me sens nullement transporté par les succès sportifs français et les chants patriotiques me laissent de marbre... je sais que cette idée de supprimer l'échelon national pour ne laisser que commune / région / europe avec des échelons de décision clairs n'est pas populaire, baignés que nous avons tous été dans un enseignement de "l'histoire de France"... qui a souvent plus véhiculé le mythe que la vérité historique, ou du moins un regard fort biaisé. Nous avons soif de changements pour le meilleur, pour moi l'échelon "Etat Nation" tourne en rond, et le repli vers celui ci signerait le déclin. Nous n'avons, à part ceux qui voyagent beaucoup, aucune idée de la force de l'émergence de l'Asie.. et leurs valeurs sont tellement différentes de celles des européens. Ne nous plaignons pas dans 20 ans de retrouver nos idées et notre manière de voir le monde marginalisés sur cette planète car nous n'aurons pas fait le job pour réellement nous unir au seul niveau qui peut peser face aux grandes structures géopolitiques (USA, Chine..): le niveau européen.
Réponse de le 14/10/2016 à 13:25 :
suis assez d accord avec vous sur le fait que l Etat Nation, construction récente au fond, soit à bout de souffle en Europe. Par contre, en Asie le nationalisme a justement vraiment la cote ( Chine, Inde, Japon, Pakistan, Vietnam etc etc etc). Moi je ne peux m empêcher d 'être ému par les hymnes et si je suis un farouche européen fédéraliste cela ne m empêche d'être un amateur de notre Histoire et de celle des autres d'ailleurs. Je n'y vois de vrai contadiction...Cependant aucune illusion, nous sommes malheureusement minoritaires...
a écrit le 14/10/2016 à 9:29 :
Du moment que l'événement majeur du Brexit semble acté (ce que je n'espère pas), les éventualités des indépendances de l'Ecosse et de la Catalogne ne présentent aucun intérêt.
A noter que l'an dernier, de nombreuses personnes "phosphoraient" sur la possible sortie de la Grèce de la ZE car ils considéraient cette éventualité comme un cataclysme.......
Quand on compare l'économie du RU et de la Grèce...
Cordialement
a écrit le 14/10/2016 à 7:07 :
L'idee originale de l'Europe etait d'un noble dessein. Aujourd'hui l'on s'apercoit que l'oligarchie en place a Bruxelles ne tient nullement ses engagement d'unification.
Bref, l'arnaque est patente. On laisse tomber en cachant sous le tapis. Ca finira mal.
a écrit le 13/10/2016 à 21:17 :
Outre le pétrole et le whisky, une Ecosse en UE serait un candidat très crédible pour reprendre une part non négligeable des activités de la City...Plus les jours passent plus c'est la panique en GB, la Livre est à son plus bas historique et a perdu plus de 20% de sa valeur depuis le referendum. Ils seront bientôt à une Livre pour un Euro, je trouve ça rigolo et ironique, eux qui ne voulaient pas être dans l'Euro...:-) Aujourd hui, la une (outre Mme Sturgeon) était sur l'augmentation de 10% demandait par Unilever à Tesco sur toute une série de produit dont une très célèbre espèce de pâte à tartiner (Marmite) chez eux, suite au plongeon de la Livre, c'est dire si ça sent la panique et l hystérie. Hier pendant que le ministre du Brexit parlait aux Communes, il faisait plonger la Livre, très fort. Ils se sont pris aussi hier un gros Nein de la Norvège, pour rejoindre l AELE, humiliation après humiliation...J'en profite pour applaudir Mr Tusk qui a déclaré aujourd hui qu'en gros, il n y avait pas de soft brexit, c'était soit hard brexit soit pas de brexit clap clap clap. Par ailleurs 2 grosses fédérations du commerce et de l 'artisanat en Allemagne ont abondé également dans ce sens, préférant ne pas risquer toute l UE en accordant des concessions à Londres. Bref, je ne crois toujours pas qu ils brexiteront et je suis toujours aussi sûre qu il y aura des élections générales avant longtemps...Je vous recommande la lecture du Guardian, les échanges sont passionnants et nos voisins n ont pas perdu leur célèbre humour.
a écrit le 13/10/2016 à 18:22 :
L'article pose clairement le problème et les développements potentiels.
Une écosse indépendante, ça ne semble quand même pas vraiment crédible d'un point de vue économique. Par contre sur le plan culturel , c'est une évidence.
Réponse de le 14/10/2016 à 6:31 :
Je pense également que le réalisme est un élément crucial et qu'une écosse indépendante n'a que peu d'atouts, voire aucun. Je n'arrive pas à comprendre comment les Ecossais pourraient en particulier songer à quitter le Royaume-Uni sans avoir l'assurance que l'union européenne va accepter une Ecosse indépendante, et cette assurance ils ne l'auront probablement jamais. Une Ecosse sans union européenne et sans Royaume-uni est un paillasson, il faut être clair, et un Ecossais ne peut pas rêver de ça.

L'Ecosse pourrait donc tenter de rejoindre l'Irlande, ça me semblerait une solution beaucoup plus pratique pour tout le monde, y compris (et surtout) pour l'Ecosse elle-même. Jusqu'à l'indépendance irlandaise en 1921 c'était le même pays, et l'Ecosse elle-même a été fondée par les Scots, qui sont des émigrés irlandais : ce n'est pas comme s'il s'agissait de deux communautés étrangères l'une à l'autre. L'Irlande du Nord, où la plupart des Britanniques sont des émigrés écossais, est dans le même cas, bien que ce soit plus flagrant avec elle.

Le seul obstacle étant que Dublin n'a pas intérêt à un conflit avec Londres, je suis persuadé que l'idée fera son apparition quand Londres se sera convaincue que c'est la meilleure solution pour elle, peut-être sous la forme d'une fédération celtique incluse dans le commonwealth, que république d'Irlande a quitté et qui serait une sortie par le haut de cette crise qu'est le Brexit.

Et la solution vaut aussi pour la Catalogne, qui n'a qu'à faire une fédération avec l'Andorre. Londres et Madrid ne savent pas gérer leurs régions périphériques, et l'union européenne se montrerait sous un jour positif si elle accompagnait les parties concernées, au lieu de les laisser s'opposer jusqu'à ce que les dérives soient devenues ingérables. Si s'occuper des préoccupations de ses citoyens était un mode de fonctionnement pour l'union européenne, le Brexit ne serait pas arrivé, il ne faut pas considérer que c'est un problème qui ne concerne que les Britanniques.
Réponse de le 14/10/2016 à 10:29 :
on a intégré la Roumanie ou l Irlande, je ne vois pas comment l'économie écossaise ne parviendrait pas à avoir des standards UE...D'autant que vous raisonnez à conditions égales, alors que l on peut raisonnablement prédire que de très nombreuses entreprises anglaises viendraient s'installer pour être dans le marché commun...Alors vu que tout reste hypothétique, on peut douter qu il soit accepté dans l UE, mais je pense raisonnablement qu on les accueillerait, mais sans doute avec un processus un peu long. Si on faisait un sondage das les différent pays de l UE aucun doute que la population serait aussi ok et largement.

@Axel; j'aimerai bien lire les réactions, si l UE avait le malheur de se prononcer dans un sens ou dans un autre concernant l Ecosse ou la Catalogne...le Brexit est arrivé par la faute des petits calculs politiciens de Mr Cameron et de dizaine d'années de mensonges et demis vérités des tabloïds. D'ailleurs c'est les gouvernement Britanniques qui massacrent leurs classes basses et moyennes depuis des années, pas l UE. Que cette dernière se doive de faire plus, mieux et être plus démocratique tout à fait ok. Objectivement c est plus atteignable sans les Anglais.
a écrit le 13/10/2016 à 18:08 :
Mais vous oubliez le principe: diviser pour mieux régner, une Europe constituée de petits états me semble plus malléable qu'une Europe de poids lourds aux histoires et traditions omniprésentes.
Réponse de le 14/10/2016 à 23:53 :
Diviser pour régner dans une UE totalement à sa botte. C'est la devise de l'oligarchie. La scission de nombreux pays et la quasi-disparition des protections sociales qui irait avec lui faciliterait la tache et lui permettrait d'augmenter son emprise et définitivement asseoir une société uniquement basée sur l'argent et à plusieurs vitesses. Bien sûr cela arrangerait aussi les multinationales, l'un des leviers utilisé par l'oligarchie.
a écrit le 13/10/2016 à 17:51 :
La situation écossaise n'est en rien analogue la situation catalane, d'abord parce que l'Ecosse, contrairement à la Catalogne, n'est de loin pas la région la plus riche du pays (le Scottexit ne peut donc être interprété comme une marque d'égoïsme d'une région riche qui revendique son indépendance pour ne plus payer pour les autres comme la Catalogne, la Lombardie ou la Flandre, ce qui serait comparable, c'est si Londres envisageait de quitter le Royaume-Uni), ensuite parce qu'il y a un désaccord de fond entre le Royaume-Uni et l'Ecosse sur l'appartenance à l'UE. L'Union que constitue le Royaume-Uni veut substantiellement changer les termes du contrat en sortant de l'UE, en contradiction flagrante avec la volonté de sa composante écossaise. Quant aux aspects économiques, on peut légitimement se demander si l'Ecosse n'a pas plus à perdre en restant membre du Royaume-Uni en dehors de l'UE, qu'en restant membre de l'UE (et donc en restant dans le grand marché et en adhérant potentiellement à l'€), en dehors du Royaume-Uni dont on peut penser que l'économie sera durablement affectée par les effets du Brexit.
a écrit le 13/10/2016 à 17:35 :
On a toujours besoin de petits poids chez soi. Petits pois écossés bien entendu :-)
a écrit le 13/10/2016 à 17:15 :
Merci pour cette explication qui tient bien la route.

La situation écossaise semble en effet bien désespérée, tant mieux pour l’Angleterre qui malgré l’animosité en son encontre de l'europe va bénéficier quand même malgré tout de sa remarquable faiblesse politique.

C'est pas que les européens n'aimeraient pas que le RU explose, c'est que la france et l'espagne ne veulent pas que leurs régions demandent légitimement du coup leur indépendance.

On se demande encore comme cette institution tient debout, incroyable, alors qu'à la base elle était là pour rassembler les peuples, enfin c'est comme ça qu'elle s'est vendue à nous parce qu'elle a surtout rassemblé les oligarchies, elle ne fait que les diviser.
Réponse de le 13/10/2016 à 17:55 :
Je ne pense pas qu'un référendum d'indépendance dans une quelconque région française, même en Corse (et certainement pas aux Antilles sous perfusion métropolitaine) donnerait une majorité pour l'indépendance. Peut être une petite zone de quelques km2 autour de Notre Dame des Landes.
Réponse de le 14/10/2016 à 9:40 :
Comme d'habitude vous vous trompez, vous devriez remplacer vos croyances par des réflexions cela changerait votre vie vous verriez.

Parce que le pays basque voterait pour son indépendance par exemple, et peut-être même les bretons.

Dans le sud ouest je pense que si on nous posait la question on voterait également pour notre indépendance.

Vu le contexte de décrépitude totale de notre europe, se jeter à l'eau avec une bouée de sauvetage semble loin d'être impensable.
a écrit le 13/10/2016 à 17:09 :
L'Europe ne pourra se maintenir comme une puissance pesant sur l'histoire du monde en maintenant les Etats Nations qui sont en termes géopolitiques des concurrents.. à bout de souffle et, pris individuellement, sans aucun poids èconomique, militaire et diplomatique.. mais qui perdurent comme les départements français perdurent, scories du passé .. il faut démanteler France, Espagne, Allemagne etc.. et agréger les grandes régions européennes (et donc Catalogne, Ecosse, Pays Basque...) directement sous ombrelle européenne.. les européens ont plus en commun qu'ils ne le croient.. et ils ont la possibilité de reprendre la main dans l'histoire des civilisations... du courage politique, la capacité à dépasser les vieux schémas... le pouvons nous encore?
Réponse de le 13/10/2016 à 17:37 :

Pour le pays basque , vous utilisez quel langue dites moi ?
Le basque , ce qui est logique , l'espagnol ou le français ...

De plus les basques du nord ( basques français ) n'ont nul envie d'être avec les basques du sud ( espagnols ) ...Sauf quelques rares personnes voulant réunifiez les 7 régions basques ( dont 3 françaises ) la majorité des basques du nord tiennent a rester française alors que les basques du sud veulent quitter l'Espagne pour des raisons économiques comme les catalans d'ailleurs ( 3 régions espagnols dont les basques , les catalans et Madrid font vivre toutes les régions de l'Espagne ...).

Avec des pays l'Europe est compliqué , avec des régions ce sera pire ... Après on peut toujours imaginer l'Europe sur la base de départements ou de cantons pourquoi pas !!!.
Réponse de le 13/10/2016 à 18:09 :
@Problèmes: d'où l'expression "être mal dans ses basquettes" :-)
Réponse de le 13/10/2016 à 18:19 :
Le Pays Basque " Euskal Herria" côté espagnol ne tient pas à l'indépendance, le PNV le répète pourtant assez souvent, mais pour une autonomie renforcée, en opposition au discours Catalan qui s'inscrit lui dans une démarche d'indépendance. Pas la même finalité.
Réponse de le 13/10/2016 à 20:23 :
Tout a fait d'accord , néanmoins 20 % de basques indépendantistes siègent a l'assemblée de la la région basque en Espagne ( les 20 % sont a relativiser , je ne connais pas le pourcentage exacte )...

L'histoire du pays basque du sud n'est pas connu de nos amis français , mais il faut savoir que sous le règne de Franco beaucoup d'espagnols venant d'autres régions d'Espagne sont venu habiter la région pour limiter leurs idées d'indépendance ...Néanmoins si les 7 provinces doivent se réunifier pour demander leur indépendance elles le feront ...La Bretagne l'a revendiquée et la Corse est prête aussi.

Il y a des régions françaises ou la culture locale est plus forte que la culture nationale ...

Réponse de le 14/10/2016 à 0:56 :
Je partage en gros votre analyse, mais il vaut mieux parler de construire l'Europe autrement que de démanteler les états-membres. À mon avis l'avenir du continent passe par une réforme démocratique en profondeur, qui permette à la souveraineté du peuple de s'exprimer dans la même mesure aux différents échelons: local, régional, national et européen.

Forcément, cette souveraineté régionale doit pouvoir permettre à certains peuples qui le voudraient, de récupérer ou atteindre la dimension nationale. C'est le cas de la Catalogne et de l'Écosse, qui pourraient devenir des catalyseurs de la nouvelle Europe au lieu de se cogner à une mentalité peureuse, rétrograde, qui actuellement les perçoit (en France par exemple) comme une menace et les transforme en problème et facteur de crise de l'UE.

Le retour d'une Écosse et/ou d'une Catalogne indépendantes n'ont aucune raison de ahurir ou effrayer personne. C'est là un reflexe réactionnaire, d'un conservatisme né d'une certaine ignorance de l'histoire de l'Europe, qui reste encore souvent beaucoup trop proche des vieilles histoires des Rois et Papes, ou des manuels scolaires au service de l'esprit d'état-nation (de faire en sorte que la nation soit moulée sur l'état et developpe un patriotisme homogène au dépens des identités "régionales"). Mais l'Europe, la vraie, celle qui vit dans la culture et l'évolution des sentiments collectifs, et dans les faits historiques au delà des résumés étatocentriques, c'est autre chose.

Si nous voulons dépasser nos vieux nationalismes, le chemin ne peut pas être de les réaviver pour écraser les espoirs d'une poignée de nations sans état.

Forcément, un degré de souveraineté à l'échelle de l'UE (souhaitable démocratiquement ainsi que pour permettre la naissance d'une identité européenne authentique, qui nous tienne tous au coeur, et donc politiquement durable) implique une cession de souveraineté des états, jamais irréversible car tout peuple restera toujours libre de quitter l'UE s'il le désirait. Mais cette cession de souveraineté n'exige absolument pas le démantellement d'aucun état-membre.

La France, l'Espagne, etc., n'ont aucune raison de disparaître. Mais elles doivent accepter que de nouveaux acteurs les rejoignent. Elles doivent chasser leurs craintes existentielles, nées de leurs vieux nationalismes impérialistes respectifs, imbués de grandeur découpable aux frontières (souvent conquises par la violence).

Cette résistance des vieux nationalismes impériaux, suprémacistes, imprègne beaucoup trop certains états. C'est un héritage que l'on peut très bien décrire comme prémoderne, pour autant que l'on soit capables d'envisager une modernité européenne à venir plutôt qu'une "modernité" du siècle des guerres de religion (XVIIe), avec Richelieu et le Comte-Duc d'Olivares jouant aux échecs sur la peau de l'Europe.

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