Bruno Le Maire rêve d'une UE qui contre-attaque face à Pékin et Washington

Le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, plaide pour la création d'un "empire européen" face à la Chine et aux Etats-Unis, qui prenne davantage en compte les pays de l'Est comme la Pologne, dans un livre à paraître mercredi.
(Crédits : Gonzalo Fuentes)

"Nous sommes dans un moment très particulier de l'histoire européenne", a expliqué le ministre lors de la présentation mardi à la presse du "Nouvel empire", un ouvrage d'une centaine de pages publié aux éditions Gallimard, qu'il explique avoir rédigé pendant les vacances de Noël.

"C'est la première fois depuis 1957 que l'UE peut soit disparaître, soit se réduire à rien sur la scène internationale", a-t-il prévenu, marquant ainsi son entrée dans la campagne des élections européennes du 26 mai, où il s'engage aux côtés de Nathalie Loiseau, la tête de liste LREM.

Affirmer la "souveraineté européenne"

Dans son ouvrage, le ministre reprend des thèmes qui lui sont chers, comme le besoin d'affirmer la "souveraineté européenne" face à la Chine et ses "nouvelles routes de la soie" et les États-Unis de "l'America First" professés par Donald Trump.

"Nous sommes face à un choix simple: soit une unité plus forte, soit la féodalisation", a-t-il assuré. "Face au risque de féodalisation, je propose ce que j'appelle le nouvel empire", un terme qu'il dit employer à dessein "pour réveiller les esprits (...) sur ce que peut être une puissance européenne".

"Un empire avec des règles, qui respecte l'Etat de droit, avec des frontières, avec une culture, avec des nations qui ont chacune leur identité, leur culture, leur mémoire qui doit être respectée", a affirmé le ministre, niant avoir lui-même des ambitions à Bruxelles après les élections.

Dans son livre, M. Le Maire dresse un état des lieux peut complaisant d'une UE secouée par trois crises: celle provoquée par le rejet du traité constitutionnel par la France et les Pays-Bas en 2005, celle économique de 2008 et, enfin, celle migratoire de 2015.

Il constate d'ailleurs que Paris et Berlin ne peuvent plus prendre seuls les décisions :

"Le couple franco-allemand est nécessaire, mais il n'est plus suffisant. Il faut que nous apprenions à convaincre différemment", a-t-il assuré.

"Il est nécessaire désormais de faire le choix des pays de l'Est, de nous tourner avec plus d'attention en particulier vers la Pologne qui devient de plus en plus un des États-clés de la construction européenne", a souligné le ministre.

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