Budget italien : Bruxelles ouvre la voie à des sanctions contre l'Italie

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(Crédits : Alessandro Bianchi)
La Commission européenne a justifié mercredi 21 novembre l'ouverture d'une procédure de sanction visant Rome par le non-respect des critères européens en matière de réduction de la dette publique. Mais le vice-président du Conseil italien Matteo Salvini a assuré que l'Italie ne reculera par sur le budget, qui prévoit (toujours) sur un déficit de 2,4% en 2019.

La Commission européenne a franchi le premier pas vers une procédure de sanction à l'encontre de l'Italie mercredi 21 novembre, jugeant que le projet de budget 2019 élaboré par Rome ne respectait pas les règles en vigueur dans l'Union. Mais le gouvernement italien a réaffirmé n'avoir aucune intention de modifier le texte, au risque de prolonger la confrontation avec Bruxelles et de se voir infliger des amendes.

En théorie, l'Italie pourrait se voir infliger une amende représentant 0,2% de son PIB (soit 3,4 milliards d'euros en prenant les chiffres de 2017) si la procédure est menée jusqu'à son terme.

Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs ! Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, se dit persuadé qu'un accord finirait pas être trouvé entre la Commission européenne et Rome - le dialogue est aujourd'hui "plus nécessaire que jamais".

"Il est hors de question de prendre de mesures sans échanger, sans tenter jusqu'au bout de corriger les choses, sans tenter de rapprocher les points de vue."

L'objectif d'un déficit de 2,4% n'est "pas négociable"

Pour la Commission, le budget de relance du cabinet de Giuseppe Conte, qui prévoit de creuser le déficit l'an prochain à 2,4% du produit intérieur brut (PIB) contre 1,8% prévu cette année, constitue un "manquement particulièrement grave" aux recommandations de l'UE. Elle estime donc justifiée une procédure pour déficit excessif, en arguant du fait que la dette publique de l'Italie, qui représente déjà plus de 130% de son PIB, ne baissera pas l'an prochain, contrairement à ce qu'imposent les règles communautaires.

"Le critère de la dette (...) doit être considéré comme non-respecté et (...) une procédure de déficit excessif fondée sur la dette est donc justifiée", a déclaré le vice-président de l'exécutif communautaire Valdis Dombrovskis lors d'une conférence de presse. "Les pays de la zone euro sont tous dans la même équipe et doivent jouer selon les mêmes règles."

De son côté, le vice-président du Conseil italien Matteo Salvini a indiqué que toute sanction européenne visant Rome serait une marque "d'irrespect" à l'égard des Italiens. "Nous sommes convaincus par les chiffres de notre budget. Nous en parlerons dans un an", a-t-il dit à des journalistes après l'annonce de la décision de Bruxelles.

Lire aussi : Budget italien : Rome refuse de céder face à ses partenaires européens

Pour la Ligue, le spread italien baisserait si la BCE prolongeait le "quantitative easing"

Le président du Conseil, Giuseppe Conte, s'est quant à lui dit particulièrement préoccupé par l'évolution de l'écart de rendement ("spread") entre les emprunts d'Etat italiens et allemands, ajoutant que le gouvernement y répondrait par des réformes. Après ses propos, il a nettement reculé, revenant sous 311 points de base contre près de 320 points un peu plus tôt.

Pour le porte-parole de la Ligue Claudio Borghi, les rendements obligataires italiens ne sont pas liés au budget et baisseraient d'un coup si le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi annonçait une prolongation du programme d'achats d'actifs mené depuis trois ans.

La BCE a, en effet, prévu d'arrêter fin décembre ses achats d'obligations dans le cadre du programme d'assouplissement quantitatif ("quantitative easing", QE), auquel elle aura consacré plus de 2.600 milliards d'euros depuis 2015 pour stimuler l'activité et l'inflation dans la zone euro.

(avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 22/11/2018 à 21:10 :
Les gouvernements ne dure jamais longtemps en Italie !
a écrit le 22/11/2018 à 19:22 :
Et la France? Pas de procédure pour incapacité à maitriser son bugdet? Ah oui, j'oubliais: donner 4 milliards de suppression d'impots sur les grandes fortunes, faire des cadeaux aux entreprises pour 4 milliards, ne pas taxer les GAFA (cinema de Bruno Lemaire qui parle mais ne fait rien, les italiens ont pris 500 millions à Google)... taxer les vieux et les pauvres avec des arguments pseudo ecolo etc... c'est nettement mieux que, faire un revenu minimum pour les plus pauvres, réduire l'age de la retraite de 67 ans à 65 ans en moyenne, aider les entreprises, taxer les délocalisations... etc... Bruxelles est en colère, les pauvres ne vont plus payer pour les riches en Italie. En France, pas de souci, les ultra riches sont bien protégés et Juncker, Moscovici adorent cela.
Réponse de le 23/11/2018 à 9:17 :
"réduire l'age de la retraite de 67 ans à 65 ans en moyenne".


Loi travail et retraite à 67 ans pour les salariés italiens ,avec le parti democrate ( PD) d'ou la déconfiture ensuite aux elections.A noter ,que pour la retraite les italiens sont revenus recemment à 62 ans. Et ce n'est pas parce que le précedent gouvernement a fait une promesse à la Commission européenne qu'automatiquement le suivant doit la suivre, sinon, on peut supprimer tout de suite les élections.
Réponse de le 23/11/2018 à 9:56 :
oui 62 ans mais la perte de retraite est très forte. la règle 100 age plus année de cotisation pour la prise de la retraite entraîne aussi une perte de niveau de retraite. il revienne plus ou moins au niveau francais
a écrit le 22/11/2018 à 18:56 :
l'UE a tellement la trouille de se prendre une volée dans la face aux élections qu'ils vont probablement rien faire. Cette année.
a écrit le 22/11/2018 à 14:21 :
Il est temps que la BCE retrouve l´esprit de Maastricht et cesse son financement indirect aux états empreints d´un cathlicisme dépensier qui vivent au-dessus de leurs moyens! Couper dans les dépenses surtout celles de fonctionnement affectées aux faux bourdons et autres fonctionnaires des catégories A et hors cadres!
a écrit le 22/11/2018 à 13:30 :
Taxo-Man est protégé par Angela.
a écrit le 22/11/2018 à 11:39 :
Nous sommes tous italiens, il est temps d'arrêter le fléau néolibéral bruxellois.

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