Budget italien : Juncker ne veut pas d'une nouvelle crise de la dette en zone euro

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En brandissant le spectre d'une nouvelle crise de la dette dans la zone euro, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a averti l'Italie contre sa trajectoire budgétaire.
En brandissant le spectre d'une nouvelle crise de la dette dans la zone euro, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a averti l'Italie contre sa trajectoire budgétaire. (Crédits : Reuters)
Réunis à Luxembourg, les ministres des Finances de la zone euro ont accentué lundi 1er octobre la pression sur l'Italie pour qu'elle respecte les règles budgétaires de l'Union européenne, tandis que Rome accusait Bruxelles de "terrorisme sur les marchés financiers". Le déficit italien devrait en effet atteindre 2,4% du PIB en 2019, ce qui ne permettra pas de remplir les objectifs de réduction de la dette publique.

Quatre jours après la décision de la coalition populiste au pouvoir en Italie de creuser son déficit public davantage que prévu, l'inquiétude grandissait à Bruxelles et sur les marchés. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et plusieurs autres dirigeants européens ont mis en garde l'Italie, le 1er octobre, contre son projet de budget pour 2019 que les instances de Bruxelles jugent incompatible avec les objectifs de réduction de la dette publique.

Bien que la coalition M5S/Ligue n'ai pas encore publié le document détaillant ses objectifs financiers et économiques pour la période 2018-2021, elle table sur un déficit de 2,4% du produit intérieur brut (PIB) pour les trois prochaines années.

Cette question du budget italien a été mise à l'agenda de la réunion des ministres des Finances de la zone euro à Luxembourg à la demande des grands argentiers français, Bruno Le Maire, et néerlandais, Wopke Hoekstra. Et une nouvelle réunion est programmée ce mardi autour du président du Conseil Giuseppe Conte, à 19h00.

La dette publique italienne représente 131% du PIB

En optant pour un déficit budgétaire de 2,4% du PIB sur les trois prochains exercices budgétaires, le nouveau gouvernement italien s'est forcément placé en porte à faux avec les engagements pris par le précédent gouvernement auprès de Bruxelles. En effet, le précédent gouvernement de centre gauche visait 0,8%, et le même chiffre en 2020 et 2021.

Pour Jean-Claude Juncker, il n'est pas question pour la zone euro de vivre une nouvelle crise de la dette, après celle provoquée par la Grèce, qui avait failli venir à bout de l'euro. Et pour cause : la dette publique italienne représente déjà 131% du PIB, soit le ratio le plus élevé en zone euro après la Grèce. Bruxelles demande donc à Rome de maintenir son déficit au plus bas et de réduire sa dette publique.

L'exécutif européen serait toujours en discussion avec le gouvernement italien qui doit présenter son projet de budget le 15 octobre prochain.

"L'Italie s'éloigne des objectifs budgétaires que nous avons approuvés en commun au niveau de l'UE (...) Nous devons être stricts et justes avec l'Italie pour éviter une nouvelle crise (...) Si l'Italie veut un traitement particulier supplémentaire, cela signifierait la fin de l'euro", a-t-il ajouté. Ce à quoi Giovanni Tria, le ministre des Finances italien, a rétorqué qu'il ne s'attendait pas à la fin de la monnaie unique, tout en rassurant ses homologues sur la réduction de la dette publique.

Rome accuse Bruxelles de "terrorisme sur les marchés financiers"

Pierre Moscovici, commissaire européen à l'économie, souhaite quand à lui maintenir le dialogue avec Rome tout en insistant sur le respect des règles budgétaires de l'Union. Le projet de budget italien ne les respecte "manifestement" pas, mais l'ampleur du décalage et "la façon de le combler" doivent être déterminés, a-t-il ajouté.

Dans le même temps, devant la presse à Rome, le vice-Premier ministre et chef du Mouvement 5 Etoiles (M5S, anti-système), Luigi Di Maio, s'est emporté contre Pierre Moscovici, l'accusant de "faire du terrorisme sur les marchés" financiers pour porter préjudice au gouvernement de Rome.

"Il y a des institutions européennes qui jouent à faire du terrorisme sur les marchés" financiers (...) Ce matin, de toute évidence, quelqu'un n'était pas content du fait que le spread n'avait pas grimpé. Un commissaire, M. Moscovici, s'est réveillé et a pensé à faire des déclarations contre l'Italie pour alimenter la tension sur les marchés."

Au lendemain de la présentation par le gouvernement populiste italien de son projet de budget le 28 septembre, le spread, soit l'écart entre le taux d'emprunt italien et celui allemand, a fortement grimpé, passant de 233 points le 26 septembre à 267 le 28, et dépassant les 280 points le 1er octobre, selon l'agence spécialisée RadioCor.

Et les propos dissonants de Claudio Borghi, spécialiste des questions économiques de la Ligue et président de la commission des Affaires budgétaires de la Chambre des députés, n'ont pas arrangé les choses ce mardi. En estimant que l'Italie réglerait la plupart de ses problèmes si elle avait justement sa propre monnaie nationale, il a fait monter les taux d'emprunts italiens à cinq à dix ans.

(avec AFP et Reuters)

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a écrit le 04/10/2018 à 11:52 :
"En estimant que l'Italie réglerait la plupart de ses problèmes si elle avait justement sa propre monnaie nationale, il a fait monter les taux d'emprunts italiens à cinq à dix ans"

Interdiction de sortir de l'orthodoxie néolibérale non mais c'est pas possible personne ne l'a encore compris ?!

SI on a imposé ce traite constitutionnel aux français c'est pas pour rien hein !

Vite un frexit.
a écrit le 03/10/2018 à 20:40 :
Sakvani a raison junker d arrêtés le litron junker picole👎
a écrit le 02/10/2018 à 21:08 :
Le gouvernement italien annonce un déficit prévisionnel de 2,4 % : c'est très mal . Pour la France, la prévision est 2,8 % (sans doute + après révision), mais Juncker ne voit pas de problème. Aux E.U. c'est 5 à 7 % par an et 275 % au Japon : no problem. Avec l'austérité imposée en Italie depuis 9 ans, taxes et impôts, les taux > à 3 %, la croissance flageole à 1,15 % , la récession est obligatoire. La question est : pourquoi Juncker se réveille tout d'un coup et fait les gros yeux au gouvernement Conte : Simple, montrer aux autres pays de l' UE avant les élections européennes, qu'un gouvernement "populiste" court à la faillite .
Réponse de le 03/10/2018 à 15:54 :
J'oubliais de rendre à César ce qui est à P.Béchade
https://www.businessbourse.com/2018/10/02/philippe-bechade-seance-du-mardi-02-octobre-2018-mamma-mia-finita-la-commedia/
a écrit le 02/10/2018 à 19:36 :
Si l'Italie quitte l'europe,finies les détaxes sur le chianti et les amaretti.Tenez bon monsieur Juncker!Nous sommes solidaires.
a écrit le 02/10/2018 à 19:23 :
C'est l avenir de l'Euro qui est jeu parce que l 'Italie n'a pas les moyens de baisser ses impôts sinon sa dette externe libéllée en partie en Yen japonais devient insoutenable alors que la France peut encore augmenter les impôts de ses citoyens.On voit d ailleurs que le Japon a plus confiance dans les capacités de remboursement de la France que dans celles de l'Italie voire de l Espagne puisqu il achete nos obligations malgrés nos deficits budgétaires :https://www.reuters.com/article/japan-bonds-capital-flow/update-1-japan-investors-extend-selling-of-german-bonds-buy-french-debt-in-july-idUSL3N1VW00Y
a écrit le 02/10/2018 à 17:52 :
Bah vous avez ruiné les États en vendant les bijoux de famille aux capitaux, quelles conséquences cela entraine-t-il à votre avis ? la faillite des États...
a écrit le 02/10/2018 à 17:14 :
Alors, où allons nous maintenant ? La Bible dit : « Et [le roi du Nord = la Russie depuis la seconde moitié du XIXe siècle. (Daniel 11:27)] retournera dans son pays avec de grandes richesses [1945], et son coeur sera contre la sainte alliance [l'hostilité envers les chrétiens], et il agira [cela signifie l'activité dans l'arène internationale], et retournera dans son pays [1991-1993. La désintégration de l'Union soviétique et du Pacte de Varsovie. Les troupes russes retournent à leur terre]. Au temps fixé retournera » (Daniel 11:28, 29a). Le retour de la Russie dans ce contexte signifie la crise qui éclipsera la Grande Dépression des années 30; la désintégration, non seulement de l'Eurozone, mais aussi de l'Union européenne et l'OTAN. Puis de nombreux pays de l'ancien bloc de l'Est sera de retour à la sphère d'influence russe. Ce sera le dernier signe avant la guerre nucléaire mondiale. (Daniel 11:29b, 30a; Matthieu 24:7; Révélation 6:4)
a écrit le 02/10/2018 à 14:41 :
l'italie devrait payer ses fonctionnaires, ses assistes, et son revenu pour tous dans une monnaie parralele, comme le petro au venezuela!
ca ne couterait rien a personne, pas comme quand ils souhaitent que la bce achete leur dette gratuitement pour que chaque europeen puisse participer a la fete........
oui, c'est sur, une monnaie genre ' italo', ca serait bien pour payer, mais comme personne n'en veut, ils devraient l'echanger sur des plateformes genre bitcoin en euros sonnant et trebuchants, ce qui leur ferait une bonne inflation bien saine, bien a gauche, qui permet de faire de la depense publique payee par personne
a écrit le 02/10/2018 à 12:38 :
Pourquoi l'Italie serait davantage sanctionnée que la France qui a un déficit bien plus important et a mis des années à être dans les clous de 3 % ?
Nous sommes certes plus puissant et riche que notre voisin mais la réponse doit être la même pour tous.
Et recevoir des leçons de Moscovici ... Ce type est une honte.
Réponse de le 02/10/2018 à 13:14 :
Il y a une raison simple à ça: France dette à 99% du PIB et volonté affichée de contenir ou améliorer ce ratio, Italie 131% du PIB et volonté affichée de le dégrader. Il n'y a pas de différence de traitement, juste des situations différentes.
Réponse de le 02/10/2018 à 16:19 :
je suis d'accord avec vous d'autant plus que la dette française est de 2300 milliards d'€ contre celle italienne qui est de 2323,3 milliards d'€ à 70% détenue par des italiens; de plus l'Italie a un excédent commerciale positif que nous français n'avons pas. Et n'oublions pas que le ministre des finances Mr Pierre Moscovici all' époque a atteint des sommets -5%-4,1%-3,9% et que le gouvernement français a été pendant 10 années jusqu'en 2017 bien au dessus des 3%......
a écrit le 02/10/2018 à 11:44 :
Malgré les achats de titres Italiens par la BCE (l'Italie bénéficie environ 12% du total des achats), le taux du 10 ans Italien est 3.4% alors qu'il était à 1.6% il y a six mois.
Cordialement
Réponse de le 02/10/2018 à 14:43 :
la bce va arreter d'acheter les titres sinon ils vont avoir la cour constitutionnelle de Karlsruhe qui va faire savoir pourquoi c'est illegal, vu les discours des extremeistes italiens
et effectivement c'est passe de 1.2 a 3.4 depuis janvier 2017, ca peut monter encore bcp plus vite........
a écrit le 02/10/2018 à 10:56 :
L' UE baisse culotte devant le refus des nations de planifier davantage de plans d' austérité en provenance de Bruxelles, vivement que l' engeance UE/US se délite pour le plus grand bienfait de ses composants nationales. A force d' oublier les peuples au profit du 1 %, ils se barrent, vive la grande Angleterre....
a écrit le 02/10/2018 à 10:20 :
Visiblement (et contrairement a la propagande), les crises financières non pas été régler par la construction européenne et l'euro et ne sont qu'un carcan aux souplesses nationales que l'on critiquait tant!
a écrit le 02/10/2018 à 10:11 :
la FRANCE ne baissera quasiment pas son déficit en 2018, et l'augmentera en 2019. Mais ce n'est pas bien grave, car on a des génies qui parlent latin aux commandes, et qui se gargarisent du mot réforme.
Réponse de le 02/10/2018 à 10:58 :
Réformes ou GOPE de Bruxelles ?
https://www.upr.fr/actualite/france/la-feuille-de-route-economique-et-sociale-d-emmanuel-macron-est-mise-a-jour-les-grandes-orientations-des-politiques-economiques-gope-2018-2019/
Réponse de le 02/10/2018 à 17:57 :
On s'en fout ,on a des taux négatifs:on s'enrichit avec la dette ,alors autant l'augmenter!

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