Budget italien : la Commission européenne prendra une sanction, Moscovici calme le jeu

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Le commissaire européen Pierre Moscovici appelle à dialoguer avec le gouvernement italien.
Le commissaire européen Pierre Moscovici appelle à dialoguer avec le gouvernement italien. (Crédits : Vincent Kessler)
La Commission européenne prendra la semaine prochaine une première mesure disciplinaire contre l'Italie au sujet de son projet de budget de 2019, ont déclaré, ce vendredi, trois hauts fonctionnaires au fait du dossier, rapporte Reuters. Le commissaire européen Pierre Moscovici a, pour sa part, invité au dialogue avec Rome.

A force de jouer avec le feu, Rome se brûle. Mercredi prochain, l'exécutif européen prendra une première mesure entrant dans le cadre de cette procédure. Motif : l'absence de réduction de la dette italienne ont déclaré, ce vendredi, trois hauts fonctionnaires au fait du dossier. "La Commission présentera mercredi son rapport (....) en vue d'entamer la procédure", a  précisé l'un des hauts fonctionnaires.

Lire aussi : L'Union européenne exige que l'Italie revoie son projet de budget 2019

En effet, en refusant de retoquer son budget pour l'année prochaine, l'Italie s'est exposée à l'ouverture d'une "procédure pour déficit excessif" susceptible d'aboutir à des sanctions financières correspondant à 0,2% du PIB (soit quelque 3,4 milliards d'euros). De fait, l'Italie a soumis, ce mercredi, à la Commission européenne un nouveau projet de budget 2019 comportant les mêmes hypothèses de croissance et de déficit que le précédent, avec des projections seulement amendées pour la dette publique.

Moscovici joue l'apaisement

Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne, déclare à ce sujet, dans la presse italienne, que le gouvernement italien défie "ouvertement" les règles budgétaires acceptées par tous les pays de la zone euro. Pour apaiser les tensions, le commissaire européen Pierre Moscovici a prôné le dialogue, ce vendredi, avec le gouvernement italien assurant ne pas être "dans une logique de clash" avec Rome.

"Il y a une chose qui est très importante pour moi et pour l'Union européenne, c'est qu'il y a eu une réponse", a affirmé le commissaire sur le site en ligne Boursorama, dans sa première réaction à la décision italienne de ne pas modifier son budget malgré la pression de Bruxelles, qui communiquera officiellement sa position sur le budget le 21 novembre.

Eviter une crise ouverte avec l'Italie

"Le dialogue n'est pas rompu. Nous continuons à parler", a-t-il expliqué. "L'Italie continue de se situer dans un cadre qui est le cadre commun de la zone euro et à vouloir débattre dans le cadre de ses règles et dans le cadre de ses institutions", a-t-il ajouté.

"Pour moi, il y a une chose à exclure, c'est une crise avec l'Italie (...) qui est un pays central, essentiel à la zone euro. On va continuer avec l'esprit de dialogue", a affirmé M. Moscovici qui a admit "marcher sur des oeufs" dans ce dossier.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 21/11/2018 à 12:57 :
Tout cela ne débouchera - comme toujours - sur rien. Doute fortement que la commission ose mettre une amende 3,5 milliards d'euros à l'Italie. Tout ce brouhaha ne fait que renforcer Salvini qui risque de gagner les européennes. Nous autres italiens avons survécu aux brigades rouges, à la mafia, aux enlèvements à répétition, aux grèves du 1er janvier au 31 décembre compris, à Berlusconi, … nous survivrons aussi à la commission européenne…
a écrit le 20/11/2018 à 19:04 :
"A force de jouer avec le feu, Rome se brûle"....c'est une plaisanterie !!! L'Italie (3ème PIB de l'UE) n'est pas la Grèce, ni le R.U (l'Italie est dans la zone Euro)...ajoutons qu'elle est contributrice nette au budget européen. La dictature bruxelloise va devoir s'en accommoder !
a écrit le 17/11/2018 à 19:10 :
Comment s appelait déjà le ministre français qui ne respectait pas les regles européennes en matière de budget?
Le même qui trouve que "ça va mieux en Grèce"
La commission , l europe telle qu elle est , ont réussi à se faire haïr , le fruit anti démocratique est mûr il va tomber ...question de temps.Des commissaires qui "exigent" , des non élus qui ne rendent pas de compte pour finir....comme Barroso chez les banquiers qui ont ruiné la Grèce:voilà ce qui amènera les extremes au pouvoir
a écrit le 17/11/2018 à 13:19 :
En reponse à cette commission anti-européenne qui défie tout le temps les règles démocratiques, je propose de les sanctionner aux prochaîne élections européennes.
Personnellement la decision est prise depuis bien longtemps independemment de la cause italienne.
D'ailleurs, Junker a oeuvré dans son precedent job, à la defiscalisation massive des grandes entreprises europeenne dans le paradis fiscal européen qu'est le Luxembourg, enfonçant les finances publiques françaises, italiennes...
a écrit le 17/11/2018 à 13:16 :
En reponse à cette commission anti-européenne qui défie tout le temps les règles démocratiques, je propose de les sanctionner aux prochaîne élections européennes.
Personnellement la decision est prise depuis bien longtemps independemment de la cause italienne.
D'ailleurs, Junker a oeuvré dans son precedent job, à la defiscalisation massive des grandes entreprises europeenne dans le paradis fiscal européen qu'est le Luxembourg, enfonçant les finances publiques françaises, italiennes...
a écrit le 17/11/2018 à 12:40 :
Donner des leçons à un gouvernement élu démocratiquement.. c'est quoi cette dictature européenne avec à sa tête des incompétents notoires comme le petit pierre moscovite.
a écrit le 17/11/2018 à 8:20 :
"La Commission européenne prendra la semaine prochaine une première mesure disciplinaire .." c'est drôle, on se croirait dans l'URSS d'il y a un certain temps. L' Italie est donc en marche vers le "goulag". Vont être contents d'avoir adhéré à ce machin les italiens. Frexit.
a écrit le 16/11/2018 à 19:26 :
Moscovici est un spécialiste pour "calmer le jeu" car il a déjà fait lorsqu'il était ministre des finances en France. Il était parfaitement incapable de présenter un budget raisonnable. Aujourd'hui il veut donner des leçons aux autres.
Pourquoi l'italie est traîté différemment aujourd'hui que la France dans le temps de Moscovici?
Réponse de le 16/11/2018 à 19:54 :
parce que son endettement dépasse les 120% voire 130% du PIB... la moindre hausse des taux d'intérêt, et c'est la faillite... qui se répercute sur la valeur de l'Euro, donc de VOTRE argent ! voilà pourquoi !
Ceci dit, je ne suis effectivement pas sûr qu'il soit le mieux placé pour donner des leçons d'équilibre budgétaire...
Réponse de le 17/11/2018 à 0:29 :
Toto je suis de votre avis
pour Mouais :Dette publique 2018:
France 2218 milliards d' € ; de 2008 à 2017 le déficit publique était + de3%
Italie 2263
Allemagne 2093
UK 2031
Donc dettes publiques similaires avec pour l'Italie une dette détenue à 65 % par des italiens, une très forte épargne des ménages et un excédent commercial que nous n'avons pas...ne parlons pas de faillite l' Italie (comme la France) n'a jamais fait faillite alors que l'Allemagne l' a été 8 fois ....

Déficit publique de la France de 2008 à 2017
https://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2018/03/26/le-deficit-public-a-atteint-2-6-du-pib-en-2017-signant-le-retour-de-paris-dans-les-clous-europeens_5276342_1656968.html
a écrit le 16/11/2018 à 17:58 :
Mr Moscovici est mal place pour donner des lecons vu ses resultats comme ministre des finance en France on se demande comment il a pu avoir ce poste ,,,,????

AUTRE probleme LA FRANCE a propose un budget ou on impose aux grosses entreprises une provision sur 2019 en gros une magouille comptable et un deficit en hausse de plus de 80 milliards ,,,,??? pourquoi cette difference avec l'Italie?,
a écrit le 16/11/2018 à 17:46 :
La commission n'est pas position de force pour deux raisons, les élections de mai mais également la nomination de nouveaux commissaires en 2019. On voit si cela était encore un besoin que les 3 commissaires très menaçants n'ont pas compris la fragilité de l'adhesion à l'Europe. Aujourd'hui plus que jamais l'UE est en danger et celui qui va allumer une braise fera exploser la "chaudière" Europe.
a écrit le 16/11/2018 à 16:22 :
"Mais à un moment donné il faudra que la situation se dénoue."

Mais à un moment il faudra que les italiens obéissent au dogme néolibéral bruxellois.

"M. Moscovici qui a admit "marcher sur des oeufs"

Oui, c'est bien pour cela qu’anglais et italiens devraient trouver une méthodologie commune afin de faire plier l'UE, pour eux en tout cas et s'ils pouvaient enfin l'anéantir, pour nous ,ce serait encore mieux.

Nous sommes tous italiens et anglais en cette période de troubles majeurs. L'UE n'est qu'un consortium financier sans puissance politique car dénué de légitimité populaire il est de ce fait très facile de s'opposer à elle pour un pays avec des décideurs politiques non compromis.
Réponse de le 16/11/2018 à 23:32 :
contrairement à la dette française de 100% de son PIB, qui est placée majoritairement sur les marchés, l'italienne est principalement détenue par les italiens. C'est donc eux-mêmes qui peuvent couper les vivres à leur propre état...par exemple en ne souscrivant plus aux bons de trésor.
Réponse de le 17/11/2018 à 19:18 :
En effet, tout comme les japonais d'ailleurs, le fait que le peuple détienne la dette de son pays empêche la spéculation de s'acharner sur la politique de son pays.

Du coup le gouvernement italien a de nombreuses cartes en mains, on comprend d'autant plus l'inquiétude de moscovici, bonne nouvelle pour le peuple italien en tout cas et quelle leçon à retenir.

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