Catalogne : Madrid veut des élections en janvier

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La perspective d'une sécession a fait fuir des centaines de sociétés, à commencer par les deux grandes banques catalanes.
La perspective d'une sécession a fait fuir des centaines de sociétés, à commencer par les deux grandes banques catalanes. (Crédits : JUAN MEDINA)
Mariano Rajoy, président du gouvernement, doit réunir samedi un conseil des ministres extraordinaire pour entamer le processus de suspension de l'autonomie, alors que le président de l'exécutif catalan, Carles Puigdemont, refuse de clarifier la situation après les résultats du référendum.

Le gouvernement espagnol s'est entendu avec le Parti socialiste (PSOE) pour convoquer en janvier des élections en Catalogne, en vertu de l'article 155 de la Constitution qui lui permet de suspendre l'autonomie de la région, a annoncé vendredi la socialiste Carmen Salvo dans un entretien accordé à la télévision.

Mariano Rajoy, président du gouvernement, doit réunir samedi un conseil des ministres extraordinaire pour entamer le processus de suspension de l'autonomie.

Le Sénat pourrait par ailleurs se prononcer en fin de semaine prochaine sur cette mesure inédite, a annoncé une porte-parole de la chambre haute. Une commission spéciale, qui doit être formée pour en débattre, se réunira probablement lundi, puis Carles Puigdemont, président de l'exécutif catalan, sera autorisé à faire valoir ses arguments et le Sénat, où les conservateurs du Parti populaire sont majoritaires, pourrait se prononcer vendredi sur la suspension de l'autonomie lors d'une séance plénière, a-t-elle précisé.

Protestations en Catalogne

Pour protester contre le gouvernement espagnol et les banques qui ont déplacé leur siège social hors de la région, deux associations indépendantistes, l'Assemblée nationale catalane (ANC) et Omnium Cultural, ont invité les militants sur les réseaux sociaux à plusieurs "actions directes pacifiques" pour montrer leur mécontentement envers le gouvernement de Mariano Rajoy, notamment en retirant de l'argent, "de préférence entre 8h et 9h" dans les cinq banques principales.

"C'est une manière de protester. Nous ne voulons aucun mal à l'économie espagnole ou catalane", annonce Roser Cobos, une avocate de 42 ans qui vient de retirer au guichet 1.714 euros, en référence à la date de la prise de Barcelone par les troupes du roi Felipe V.

Ce roi réduisit ensuite les droits des régions qui avaient pris parti contre lui dans la guerre de succession. Les indépendantistes en ont fait la date de la perte de leur autonomie.

Joaquim Curbet, un éditeur de 58 ans a retiré au guichet 155 euros, qu'il brandit fièrement, "une somme symbolique (référence à l'article 155 de la Constitution, ndlr), pour protester et mettre la pression au gouvernement espagnol". Le gouvernement a mis en route l'article 155 de la Constitution qui lui permet d'assumer les compétences d'une région autonome.

La perspective d'une sécession a fait fuir des centaines de sociétés, à commencer par les deux grandes banques catalanes, CaixaBank, la troisième banque espagnole, et Banco de Sabadell, qui ont déplacé leur siège social hors de la région qui compte pour 19% du PIB national.

Graphique Statista Catalogne entreprises

[Crédits : Statista.]

Bruxelles n'interviendra pas

Si la situation en Espagne autour de la Catalogne est source d'inquiétude, l'Union européenne n'a nullement l'intention d'intervenir, sous forme de médiation par exemple, a déclaré jeudi le président du Conseil éuropéen, Donald Tusk. Il s'exprimait à Bruxelles avant la tenue d'un Conseil européen lors duquel, a-t-il dit, la situation enCatalogne ne devrait pas dominer les débats "car ce n'est pas à l'agenda". L'UE, a-t-il ajouté devant la presse, ne peut pas résoudre cette crise.

"Les pays membres sont clairs là-dessus, il n'existe aucun espace pour la moindre médiation".

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 21/10/2017 à 18:02 :
Pas mal Rajoy: "je ne veux rien discuter avec la Catalogne,et comme je suis contre leurs idées,le simple c'est de prendre le contrôle de leur parlement".

Ce grand démocrate a oublié que ce parlement a été élu .

Pourquoi l'Espagne ne fait pas comme le Canada ( Québec) et le Royaume Uni ( Écosse) à savoir organiser un référendum ?

Parcequ'elle sait qu'elle allait le perdre.
a écrit le 21/10/2017 à 14:54 :
Il semblerai honnête de demander de nouvelle élection sans tarder, car actuellement le pouvoir regionale est entre les mains des indépendantistes qui semble minoritaire....
Donc lors de la prochaine élection nous pourrons effectivement voir le poids des indépendantistes.....
Car il faut bien comprendre que toute session est un bon dans l'inconnu, départ hors de l'union européenne, départs de la zone euros, mise en plaçe d'infrastructures d'état ( police,justice, armée) , un sacré bon dans l'inconnu....
a écrit le 21/10/2017 à 7:50 :
En l'Espagne et l'Europe du XXIème, remonter au XVIème pour justifier une demande d'indépendance me parait allucinant et du même niveau que de blâmer l' Angleterre pour la calcination organiseée de notre chere Jeanne.
a écrit le 20/10/2017 à 13:53 :
Donc à Madrid, les méchants issue du Franquisme vous demande d'organiser des élections en Janvier pour qu'on puisse voir un peu plus clair...

Il va valoir revoir votre communication les gars, la victimisation n'a pas convaincu, jusqu'au Parlement Européen qui se range derrière Madrid (pour rester dans l'EU, c'est mal parti).

Faire n'importe quoi pour espérer avoir des images chocs d'une répression aveugle; c'était votre seule carte pour faire basculer l'opinion en Europe ?
Réponse de le 20/10/2017 à 14:15 :
Gaston !! Franco est mort la Falange est morte ? L Espagne c est une seule pas de nationalité en espagne
Réponse de le 20/10/2017 à 20:55 :
L'indépendance est possible , il suffit de la vouloir comme un droit souverain .

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