Catalogne : Puigdemont promet l'indépendance avant de suspendre le processus

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Nous vivons un moment exceptionnel, aux dimensions historiques, a déclaré M. Puigdemont devant les parlementaires régionaux.
"Nous vivons un moment exceptionnel, aux dimensions historiques", a déclaré M. Puigdemont devant les parlementaires régionaux. (Crédits : Enrique Calvo)
Plus d'une semaine après le référendum qui s'est déroulé en Catalogne, le président séparatiste s'est exprimé sur l'issue du scrutin. Paradoxalement, Puigdemont a déclaré l'indépendance de l'Etat catalan avant de suspendre la mise en oeuvre du processus.

(Article publié le mardi 10 octobre et mis à jour dans la soirée)

Puigdemont fait marche arrière. C'est avec plus d'une heure de retard que le président séparatiste catalan s'est exprimé, ce mardi 10 octobre. Carles Puigdemont a commencé à s'exprimer devant le parlement catalan sur les "conséquences politiques" du référendum catalan, soulignant la nécessité impérieuse de "réduire les tensions" dans la région.

"Nous vivons un moment exceptionnel, aux dimensions historiques", a déclaré M. Puigdemont devant les parlementaires régionaux, alors que tout le monde attend de savoir s'il défendra une éventuelle déclaration d'indépendance.

Prudence, prudence

Carles Puigdemont s'est montré plus prudent que prévu. Il a demandé au parlement de suspendre l'application de la déclaration d'indépendance afin de pouvoir dialoguer avec Madrid.

"J'assume le mandat selon lequel la Catalogne doit devenir un Etat indépendant sous la forme d'une République", a-t-il dit devant le Parlement de Barcelone. "Je propose de suspendre la mise en oeuvre de cette déclaration d'indépendance pour entamer des discussions afin de parvenir à une solution négociée."

Carles Puigdemont n'a cependant pas demandé un vote explicite du Parlement en faveur de cette déclaration d'indépendance.

"La Catalogne a gagné le droit d'être un Etat indépendant", a estimé le président de la Generalitat, en s'appuyant sur le résultat du référendum du 1er octobre, marqué par une victoire écrasante des partisans du "oui" à l'indépendance (90%) pour un taux de participation de 43%.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 11/10/2017 à 9:14 :
Hollande est devenu le conseillé de Puigemont ?
a écrit le 11/10/2017 à 9:12 :
En représailles, Madrid va bombarder la Sagrada Familia...:)
a écrit le 11/10/2017 à 9:10 :
Il avance prudemment parce qu'il est réellement motivé par l'indépendance mais quand vous entendez les interviews des catalans, nos médias ont bien du mal à trouver des catalans anti-indépendantistes comme on a pu le lire ou l'entendre lors de la manifestation pour un dialogue.

D'une manifestation pro-dialogue nos médias de masse en ont fait une manifestation "anti-indépendantistes".

Avec une oligarchie subjective qui rejette toute idée de neutralité et d'indépendance de la pensée et donc de liberté tout simplement, il est difficile de s'y retrouver. Alors que de part leur mépris permanent pour l'objectivité ils ne font qu'inciter les peuples à vouloir leurs indépendances ils utilisent malgré tout leurs outils de production pour lutter contre la liberté.

Nos possédants sont remplis de peur, leur doctrine qui anéantie la planète les anéantie eux mêmes mais ils sont trop stupides pour le voir.

"Acquérir de la puissance cela se paie cher, la puissance abêtit." Nietzsche
a écrit le 11/10/2017 à 9:08 :
Tant d'années passées à construire un pays pour en arriver là (il existe bien d'autres cas similaires).
De nos jours où il est plus facile de quitter la partie plus pauvre pour rester chacun de son coté dans son petit coin.
A quoi va ressembler le futur dans nos société où le sentiment national s'est barré?
a écrit le 11/10/2017 à 8:36 :
Le déballonnage de Puigemont ne signifie pas charrette comme on le dit dans ma région. Je pense que la fragilisation, le fractionnement des Etats-Nations, les dissensions et les désordres qui leurs sont liés suffisent pour l' instant au bonheur de l'Union européenne.

Si cette action de déstabilisation devait aboutir à un processus de sécession ou d'indépendance -suivant le point de vie que l'on adopte-, une fois indépendante, la Catalogne, qu'elle rejoigne l'UE ou non, ne serait pas vraiment en position de force pour négocier de nouveaux traités avec l’Union cf l' article de Vincent Brousseau responsable des questions euro à l' UPR.
Par ailleurs, il faut observer que ce processus de désagrégation des Etats-Nations européens favorise l’avancée de pratiques « ethnicistes » et le recul de la politique républicaine.
https://www.upr.fr/actualite/catalogne-lue-leuro-se-passerait-cas-dindependance
a écrit le 11/10/2017 à 8:03 :
Il semblerait bien que le passé ait déjà écrit l'avenir, non pas dans des marcs de café mais dans de mémorables précédents et dans les actuels liens renforcés de l'Espagne et de l'Europe.
Souvenons nous des tentatives de sécession qui ont eu lieu, que ce soit au Royaume d'Espagne où dans d'autres Etats européens voire plus éloignés. De nombreux exemples existent dont l'épilogue n'a fait bouger ni les découpages ni les rattachements y compris en France.
Les seuls territoires qui aient réussi à redessiner leurs frontières et destins sont des agglomérations de terroirs redessinées par les accords de Yalta au lendemain de la seconde guerre mondiale ; accords lourdement influencés par l'URSS qui ne visaient pas une logique de territoires indissolublement liés par l'histoire mais la construction d'un empire communiste soumis aux ordres et formant tampon avec l'occident démocratique et libéral.

Très proche de nous, rien que pour l'Espagne, y compris par des actes de terrorisme et de guérilla, le Pays Basque espagnol a combattu pour une indépendance et n'a pas réussi à l'imposer ni à sa population ni aux Autorités centrales du royaume.
L'Irlande a connu presque la même histoire et la même fin. Tout aussi proche et sans violence, les Flandres ont envisagé la séparation avec la Wallonie au royaume de Belgique.

Aujourd'hui vient le tour de la communauté autonome de Catalogne, ce qui ne signifie pas la totalité des provinces qui la composent soit celles de Gerone, Lerida, Taragone entourant celle de Barcelone. Cette communauté autonome composée de quatre provinces a traversé un long moment d'histoire sous un régime de principauté indépendante des royaumes d'Espagne avant d'être intégrée à un royaume unifié.
Sa démarche d'aujourd'hui est suscitée par la nostalgie de son ancienne situation et sa richesse actuelle qu'elle doit en grande partie à sa plus proche et accessible proximité avec le reste de l'UE comparativement aux autres communautés plus éloignées telles que l'Andalousie ou l'Estramadure.

L'avènement de son indépendance fragmenterait tout d'abord la communauté autonome catalane elle même car la totalité de ses provinces n'y adhèreraient pas. Elle provoquerait ensuite une réaction en chaîne de provinces d'Europe qui recommenceraient à parler d'indépendance dans un grand nombre d'Etats. La Lombardie et les provinces liguées du nord en Italie, un émiettement total indescriptible de la Belgique, l'Irlande et l'Ecosse au Royaume Uni, la Corse en France, et pourquoi pas d'autres régions comme la Bretagne ou la Lorraine qui fut un duché indépendant jusqu'au XVII° siècle et Louis XIV ainsi que le duché Savoie arraché au royaume de Sardaigne au XVIII° siècle, ainsi de suite...

Avant même l'adhésion de l'Espagne à la CEE puis à l'UE, l'indépendance de la Catalogne n'aurait pas été possible car son amputation du royaume espagnol n'aurait pas été acceptée même en l'absence de réaction des Etats avoisinants comme ce fut le cas du Pays Basque.
Depuis cette adhésion et les libertés qu'elle a donné, cette indépendance serait aujourd'hui combattue par tous les Etats membres de l'UE qui rejetteraient toute tentative de rapprochement et toute liberté de circulation de biens et de personnes entraînant pour la Catalogne un enfermement mortifère de son économie.

Au final, la province isolée de Barcelone serait vraisemblablement condamnée à faire marche arrière en payant un lourd tribu.
a écrit le 11/10/2017 à 7:07 :
Le club des nantis veut faire bande à part. Ensuite par un effet de dominos ce sera le tour de la Corse, de la Bretagne, de la Haute Savoie, du pays basque, de la Belgique, etc....
a écrit le 11/10/2017 à 6:24 :
L'UE a fait reculer le morcellement espagnol en cours. Les délirants complotistes machiavéliques vont, bien sûr, dire le contraire. Pourtant, une raison de plus, pour les états, de s'appuyer sur l'Europe.
a écrit le 11/10/2017 à 5:21 :
Puigdemont. Est en train de devenir le guignol. De service avec ses valses hésitations !!!
a écrit le 11/10/2017 à 1:06 :
Si on regarde les autres référendum et aspiration à l’indépendance, que voie t'on?

Une Crimée quittant l'Ukraine, en crise, pour rejoindre la Russie qui n'attendait que ça.
Et les Kurdes, armée par les US pour combattre l'EI, qui se verraient bien indépendante maintenant l'EI délogé, pour service rendu.

Mais la Catalogne c'est quoi ?
- Pas d'état centrale en crise qui les persécutent (Franco est mort, sont autonome, parlent librement le Catalan, ont un parlement et organise l'éducation - la mort du récit national - c'est peut être là le soucis).
- Pas de force étrangère pour les soutenir ou les accueillir (de l'EU, ils veulent aller dans l'EU, tout un programme).
- Et dieu merci, pas de force combattante pour [op]tenir l’indépendance, ni de service rendu pour y prétendre (à contrario des Kurdes).

Bref, un truc de bobo quoi.
a écrit le 10/10/2017 à 23:34 :
Evidemment, la tentative d' affaiblissement des états-nations est patente dans l' euro-mondialisme téléguidé par Bruxelles.

Dans le cas Puigemont, le soutien larvé de l' Ue ne pouvant être ..officiel car prématuré signe la déconfiture du jour. Nous en reparlerons, ailleurs car l' idée d' éclatements des états-nations fait son chemin..
https://www.upr.fr/av/le-demantelement-des-etats

Pour l' heure, le déballonnage de Puigemont ne signifie pas charrette comme on le dit dans ma région. Je pense que la fragilisation, le fractionnement des Etats-Nations, les dissensions et les désordres qui leurs sont liés suffisent pour l' instant au bonheur de l'Union européenne.

Si cette action de déstabilisation devait aboutir à un processus de sécession ou d'indépendance -suivant le point de vie que l'on adopte-, une fois indépendante, la Catalogne, qu'elle rejoigne l'UE ou non, ne serait pas vraiment en position de force pour négocier de nouveaux traités avec l’Union cf l' article de Vincent Brousseau responsable des questions euro à l' UPR.
Par ailleurs, il faut observer que ce processus de désagrégation des Etats-Nations européens favorise l’avancée de pratiques « ethnicistes » et le recul de la politique républicaine.
https://www.upr.fr/actualite/catalogne-lue-leuro-se-passerait-cas-dindependance
Réponse de le 11/10/2017 à 1:17 :
Problème, ces nationalismes qui "affaiblissent l’État" existaient avant l'UE, n'auraient ils pas continué de nuire avec ou sans EU ???
a écrit le 10/10/2017 à 23:08 :
La Catalogne me semble avoir un parlement et une autonomie. Ce Puigdemon semble être un idéaliste frustré qui a du mal à tourner la page du franquisme et qui souffle sur les braises quitte à mettre un chaos irréversible. Devenir indépendant, la belle affaire.
Et on vit comment en autarcie? On multiplie les bordels de La Junquera et du Perthus?
a écrit le 10/10/2017 à 22:59 :
De la guerre civile ou une défaite en rase campagne, c'est vers la seconde qu'on se dirige.
Certes il existe un peuple Catalan, mais personne, pas un média, n'a put expliquer en quoi être Catalan dans l'EU serait l'exercice d'une quelconque souveraineté. Ainsi, cela a été vu comme un égoïsme, et pas un Européen n'a été enthousiaste devant ce Référendum. Les opinions publiques n'ont pas suivi (79% de Français pour que Madrid contraint la Catalogne avec l'article 155, tout de même !)

Difficile alors d'être jusqu’au-boutiste, ce n'est pas la bataille de Saïgon, la victoire n'est que symbolique, puisque leur but est d'être juste à coté du point de départ (La Catalogne dans l'EU, et bizarrement, pas un mot sur comment en arriver là ).

Bref, beaucoup de bruit pour juste négocier une meilleure fiscalité pour les Catalans.
Ne nous déranger plus avec ce Nationalisme d'opérette, car du coté des Balkans, grâce à vous, on se chauffe à nouveau et eux ne sont pas des comiques.

PS : "les analyses de l'UPR" pas si pertinents que ça, à ce jour.
a écrit le 10/10/2017 à 22:03 :
Un drôle de petit pervers : "la relation avec l'Espagne ne marche pas" : il ne précise pas qu'il fait tout pour que ça ne marche pas.
a écrit le 10/10/2017 à 21:21 :
Si vous analysez sa déclaration, Puigedemont, suspend "les effets de l'indépendance". C est a dire toutes les actions qui traduirait dans les faits la déclaration d' independance.
Mais la Puigdemont à bien officialisé l' indépendance.
Un peu jésuite et casuiste mais Puigdemont a fait implicitement la déclaration.
Cf la réponse de Rajoy. Seul quelques médias ont saisi la nuance dont Le Point.
a écrit le 10/10/2017 à 20:25 :
Temps de bruit pour riant les politiques catalans leS mètre en prison c est un coup d état Rajoy c est pas erdogan ? !!! Franco ils sortirez les potards viva franco una y grande 🇪🇸 espagna
Réponse de le 10/10/2017 à 20:40 :
Pas foutu d'écrire correctement que ce soit en français ou en espagnol.

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