Catalogne : trois nouveaux groupes transfèrent leur siège à Madrid

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L'Espagne et la Catalogne sont plongées dans leur plus grave crise politique depuis le retour de la démocratie en 1977, ce qui effraie les milieux économiques.
L'Espagne et la Catalogne sont plongées dans leur plus grave crise politique depuis le retour de la démocratie en 1977, ce qui effraie les milieux économiques. (Crédits : REUTERS/Eric Gaillard)
Avec ces départs, il ne reste plus en Catalogne qu'un groupe coté à l'Ibex 35, l'indice des valeurs-vedettes de la Bourse de Madrid, contre sept en début de semaine dernière.

Trois grands groupes cotés à l'indice Ibex 35 de la Bourse de Madrid, Abertis, Cellnex et Colonial, ont annoncé lundi le transfert de leur siège social hors de Catalogne, à Madrid, en pleine crise politique dans la région.

Le gestionnaire d'autoroutes Abertis, propriétaire notamment des autoroutes françaises Sanef, a été le premier à annoncer sa décision dans un communiqué, suivi par Cellnex Telecom, dont il est l'actionnaire de référence, et par le groupe immobilier Colonial. Visé par une OPA amicale de l'italien Atlantia autorisée dans la journée par l'autorité boursière espagnole, Abertis a évoqué dans un communiqué "l'insécurité juridique générée par la situation politique actuelle en Catalogne".

Les titres en hausse à la Bourse de Madrid

Cellnex, opérateur d'infrastructure de communications, évoque de son côté "le contexte d'incertitude à court et moyen terme" que fait peser la crise politique en Catalogne. Les séparatistes au pouvoir pourraient y déclarer l'indépendance après un référendum d'autodétermination organisé malgré l'opposition catégorique de Madrid.

| Lire aussi : Seat va-t-il, à son tour, quitter la Catalogne ?

Avec ce départ, il ne reste plus en Catalogne qu'un groupe coté à l'Ibex 35, l'indice des valeurs-vedettes de la Bourse de Madrid, contre sept en début de semaine dernière : le fabricant de dérivés sanguins Grifols, basé à Barcelone. A la clôture de la Bourse de Madrid, le titre d'Abertis gagnait 0,49% à 17,35 euros, Cellnex 1,11% à 19,15 euros et Colonial 2,61% à 7,95 euros. Grifols était lui dans le rouge, perdant 0,96% à 24,20 euros.

Fuite des banques

L'Espagne et la Catalogne sont plongées dans leur plus grave crise politique depuis le retour de la démocratie en 1977, ce qui effraie les milieux économiques. Le président de la principale organisation patronale espagnole, la CEOE, Juan Rosell, déclarait dimanche que les entreprises étaient "terriblement inquiètes" de la situation en Catalogne.

En fin de semaine dernière, les deux grandes banques catalanes, CaixaBank et Banco de Sabadell, ainsi que le groupe gazier Gas Natural, ont transféré leur siège social, une opération essentiellement juridique visant à minimiser les conséquences d'une éventuelle déclaration d'indépendance. Les banques redoutent notamment de perdre l'accès au financement de la Banque centrale européenne et la protection des normes européennes.

(Avec AFP)

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a écrit le 16/10/2017 à 21:38 :
Les Catalans pourraient bien, s'ils parviennent à devenir indépendant sans avoir reçu l'aide de l'UE, le lui faire payer cher. La solution serait de devenir membre de l'Association Européenne de Libre Echange qui constitue avec l'UE l'Espace Economique Européen. Aucun intérêt pour un pays qui en serait contributeur net à devenir membre de l'UE.
Réponse de le 17/10/2017 à 22:00 :
L'AELE (Islande, Liechtenstein, Suisse, Norvège) est un "gigantesque" marché de 13 millions d'habitants. Qui paie son accès au marché unique de l'UE de contributions au budget de celle-ci qui sont loin d'être anecdotiques. Par exemple la Norvège paie à l'UE une cotisation ramenée à sa population quasiment au même niveau que la cotisation britannique au budget de l'UE...
a écrit le 14/10/2017 à 9:40 :
bizarre
rajoy a dit qu il n y aurait pas d independance!!!!
pourqu oi partir? Pression Politique?pour faire peur aux catalans!!!!!
a écrit le 11/10/2017 à 19:35 :
Les glaces ont sonné franco est mort ? Viva 🇪🇸
a écrit le 11/10/2017 à 12:30 :
Les banderas castillanes vont passer l'Ebre pour envahir la Catalogne. Doña Angela va envoyer la Legion Condor pour bombarder Barcelone et détruire la Sagrada Familia comme à Guernica. Carles Puigdemont sera fusillé le 15 octobre, comme Lluis companys il y a exactement 77 ans. Les Italiens vont envoyer une nouvelle division Ariete en ...chemises noires. Et les réfugiés Catalans seront refoulés à la frontière Françaises, comme non-Europèens et non migrants-Africains !
a écrit le 11/10/2017 à 12:21 :
Sabadell étant une ville de Catalogne, cette banque devra changer de nom !
a écrit le 10/10/2017 à 11:28 :
L'Europe est favorable au fédéralisme,l'éventuelle déclaration d'indépendance de la Catalogne ne s'inscrit il pas dans cet objectif Européen....
a écrit le 10/10/2017 à 11:07 :
Vu comment les entreprises Britanniques avaient préparé le Brexit, les compagnies Espagnoles, elles, anticipent le risque et prennent les devants.
a écrit le 10/10/2017 à 11:06 :
Il semblerait bien que le passé ait déjà écrit l'avenir, non pas dans des marcs de café mais dans de mémorables précédents et dans les actuels liens renforcés de l'Espagne et de l'Europe.
Souvenons nous des tentatives de sécession qui ont eu lieu, que ce soit au Royaume d'Espagne où dans d'autres Etats européens voire plus éloignés. De nombreux exemples existent dont l'épilogue n'a fait bouger ni les découpages ni les rattachements y compris en France.
Les seuls territoires qui aient réussi à redessiner leurs frontières et destins sont des agglomérations de terroirs redessinées par les accords de Yalta au lendemain de la seconde guerre mondiale ; accords lourdement influencés par l'URSS qui ne visaient pas une logique de territoires indissolublement liés par l'histoire mais la construction d'un empire communiste soumis aux ordres et formant tampon avec l'occident démocratique et libéral.

Très proche de nous, rien que pour l'Espagne, y compris par des actes de terrorisme et de guérilla, le Pays Basque espagnol a combattu pour une indépendance et n'a pas réussi à l'imposer ni à sa population ni aux Autorités centrales du royaume.
L'Irlande a connu presque la même histoire et la même fin. Tout aussi proche et sans violence, les Flandres ont envisagé la séparation avec la Wallonie au royaume de Belgique.

Aujourd'hui vient le tour de la communauté autonome de Catalogne, ce qui ne signifie pas la totalité des provinces qui la composent soit celles de Gerone, Lerida, Taragone entourant celle de Barcelone. Cette communauté autonome composée de quatre provinces a traversé un long moment d'histoire sous un régime de principauté indépendante des royaumes d'Espagne avant d'être intégrée à un royaume unifié.
Sa démarche d'aujourd'hui est suscitée par la nostalgie de son ancienne situation et sa richesse actuelle qu'elle doit en grande partie à sa plus proche et accessible proximité avec le reste de l'UE comparativement aux autres communautés plus éloignées telles que l'Andalousie ou l'Estramadure.

L'avènement de son indépendance fragmenterait tout d'abord la communauté autonome catalane elle même car la totalité de ses provinces n'y adhèreraient pas. Elle provoquerait ensuite une réaction en chaîne de provinces d'Europe qui recommenceraient à parler d'indépendance dans un grand nombre d'Etats. La Lombardie et les provinces liguées du nord en Italie, un émiettement total indescriptible de la Belgique, l'Irlande et l'Ecosse au Royaume Uni, la Corse en France, et pourquoi pas d'autres régions comme la Bretagne ou la Lorraine qui fut un duché indépendant jusqu'au XVII° siècle et Louis XIV ainsi que le duché Savoie arraché au royaume de Sardaigne au XVIII° siècle, ainsi de suite...

Avant même l'adhésion de l'Espagne à la CEE puis à l'UE, l'indépendance de la Catalogne n'aurait pas été possible car son amputation du royaume espagnol n'aurait pas été acceptée même en l'absence de réaction des Etats avoisinants comme ce fut le cas du Pays Basque.
Depuis cette adhésion et les libertés qu'elle a donné, cette indépendance serait aujourd'hui combattue par tous les Etats membres de l'UE qui rejetteraient toute tentative de rapprochement et toute liberté de circulation de biens et de personnes entraînant pour la Catalogne un enfermement mortifère de son économie.

Au final, la province isolée de Barcelone serait vraisemblablement condamnée à faire marche arrière en payant un lourd tribu.
a écrit le 10/10/2017 à 9:37 :
Cela veut donc dire que nous nous dirigeons bel et bien vers une indépendance de la catalogne, en générale ces multinationales sont bien renseignées sur les évènements de ce genre mettant en perspective la situation en Angleterre dans laquelle la finance reste espérant toujours certainement une non sortie du RU.

Mais pas de bol leur campagne médiatique anti May ne porte pas ses fruits... Ce n'est que partie remise.

"Les Britanniques veulent que May reste jusqu'au Brexit, selon un sondage" http://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN1CF0DM/les-britanniques-veulent-que-may-reste-jusqu-au-brexit-selon-un-sondage.html

Ha ces peuples qui n'écoutent pas les injonctions néolibérales qu'est-ce qu'ils sont rétrogrades, on a bien raison de ne pas les écouter tiens !
Réponse de le 10/10/2017 à 12:37 :
Vous avez raison, on ne déménage pas en une semaine 6 des 7 groupes coté à l'Ibex 35 "au cas où".
En avant pour un grand n'importe quoi !

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