Catalogne : vers l'épreuve de force avec Madrid

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Lundi, le parlement catalan devrait lancer le processus de déconnexion de l'Espagne.
Lundi, le parlement catalan devrait lancer le processus de "déconnexion" de l'Espagne. (Crédits : Reuters)
Le parlement catalan devrait lundi adopter une déclaration ouvrant le processus d'indépendance. Madrid réagira rapidement. Mais la clé de la crise réside aussi dans la capacité des sécessionnistes à s'unir.

La première session plénière du nouveau parlement catalan élu le 27 septembre prochain aura bien lieu lundi 9 novembre. Et l'on y discutera bien de la motion des deux partis indépendantistes prévoyant le lancement d'un « processus de déconnexion avec l'Espagne » et la désobéissance aux décisions des instances espagnoles. Le recours des partis unionistes catalans auprès du Tribunal constitutionnel espagnol (TC), qui visait à interdire le débat sur cette déclaration a été rejetée jeudi 5 novembre au soir.

Pas d'interdiction des débats

Le TC a jugé qu'il ne pouvait avoir recours à une interdiction préventive des débats. « Le parlement est le siège naturel du débat politique », ont indiqué les juges qui ont précisé que « l'éventuel résultat du débat parlementaire ne doit pas être une condition par anticipation à ce débat. » Bref, les députés régionaux catalans peuvent discuter de la motion indépendantiste. Ils peuvent même voter sur cette motion. Mais ceci n'exclut pas la capacité qu'aura ensuite le TC de juger cette motion illégale, ni celle de l'Etat espagnol ensuite de faire respecter la décision du TC. Or, de ce point de vue, l'illégalité de la motion ne fait aucun doute dans la mesure où elle s'oppose à l'article 2 de la Constitution espagnole qui proclame « l'unité indissoluble de la Nation espagnole, patrie commune et indivisible de tous les Espagnols. »

Une épreuve de force inévitable

Ce vendredi 6 novembre, sur la radio espagnole Cadena Ser, une des membres du TC, Encarnación Roca, a d'ailleurs clairement affirmé que si « le gouvernement catalan (en réalité, le parlement, NDLR) approuvait lundi la résolution, ce que nous ferons, en accord avec notre propre Constitution, sera de la suspendre parce que il ne nous restera pas d'autres solutions. » La messe semble donc dite, car, au même moment, les partis indépendantistes faisaient enregistrer leur motion auprès du bureau du parlement régional où ils disposent de la majorité absolue. Or, si l'exécutif catalan respecte la résolution du parlement et donc décide de désobéir au TC, le gouvernement espagnol n'aura pas d'autres recours que l'article 155 de la constitution qui permet d'avoir tous les moyens pour faire rentrer les pouvoirs régionaux dans le respect de la loi fondamentale. Ce vendredi, le gouvernement de Madrid a indiqué qu'il se réunira dès le vote de la déclaration catalane pour agir.

La faiblesse de Madrid

On se dirige donc logiquement vers une véritable épreuve de force entre Madrid et Barcelone. Dans ce cadre, l'Etat espagnol dispose d'une faiblesse fondamentale : celle de l'application concrète de l'article 155 en cas de désobéissance déterminée du gouvernement catalan. L'usage de la force est une option peu crédible, d'abord parce qu'elle alimenterait l'indépendantisme en mettant à jour la violence de l'Etat espagnol, ensuite parce que les moyens de coercition de l'Etat en Catalogne sont faibles. Il faudrait donc organiser une « conquête » de la région, ce qui n'est pas crédible. Le ministre de l'Intérieur espagnol José Fernández Díaz l'a d'ailleurs reconnu cette semaine en déclarant qu'il « n'enverra pas la garde civile défiler sur la Diagonal (la grande avenue barcelonaise, NDLR). »

Tout acte supplémentaire, comme la suspension des droits et libertés permise par l'article 55 de la constitution espagnole ou l'état d'exception permis par l'article 116, pour appliquer l'article 155 conduirait à la même impasse. Concrètement, l'article 155 pourrait donc n'avoir comme résultat que d'invalider juridiquement aux yeux de l'Espagne les lois catalanes. Cela n'irait pas sans problème pour la Catalogne, notamment dans ses relations internationales, mais cela reviendrait en réalité à réaliser de facto cette « déconnexion » voulue par les indépendantistes catalans. Bref, c'est un casse-tête pour Madrid, quoi qu'en disent les ministres espagnols qui, en cette période de campagne électorale, aiment à se poser en position de force face aux « rebelles » catalans.

La division des indépendantistes autour du « cas » Artur Mas

Mais, en réalité, la principale chance des unionistes résident dans les faiblesses des indépendantistes. Et la principale de leurs faiblesses, c'est leur désunion. Si les deux partis sécessionnistes, Junts Pel Sí (qui regroupe la gauche républicaine, le centre-droit du président catalan Artur Mas et les associations souverainistes) et la gauche radicale indépendantiste de la CUP, se sont mis d'accord sur la motion déjà citée et s'ils disposent de la majorité parlementaire, ils se déchirent encore sur la question centrale de l'élection du président de la Generalitat, le gouvernement régional.

Le refus de la CUP

Au centre de cette querelle, il y a la figure d'Artur Mas, le président sortant. Cet homme est à la tête de l'exécutif catalan depuis 2010. Pour la CUP, il est une figure détestée qui incarne l'application des mesures d'austérité qu'il a mises en place à partir de 2011. La CUP, qui a été un des grands vainqueurs des élections du 27 septembre, a fait campagne sur le refus de soutenir Artur Mas et avait précisément refusé d'entrer dans Junts Pel Sí entre autres pour ne pas s'allier avec ce dernier. Cette détermination est encore plus forte depuis qu'a éclatée voici quelques semaines, un nouveau scandale de corruption sur les marchés publics où serait impliqué le parti d'Artur Mas, la CDC. Pour la CUP, Artur Mas, dauphin désigné de Jordi Pujol, l'ancien président de la Generalitat qui avait mis en œuvre un système d'évasion fiscale vers Andorre, est l'incarnation du « vieux monde » dont précisément l'indépendance doit permettre de se débarrasser. Le parti de gauche radicale ne veut donc pas soutenir Artur Mas, même pour ouvrir un processus de sécession, car ce serait donner raison aux critiques unionistes qui estiment que l'indépendance est un moyen pour la « bande à Mas » d'éviter de répondre devant la justice espagnole. Mercredi 4 novembre, la CUP a annoncé officiellement qu'elle ne votera pas pour Artur Mas.

Artur Mas déterminé

Mais, en face, Artur Mas ne veut pas renoncer à la présidence de la Generalitat. Il est, il est vrai, l'artisan de l'élection du 27 septembre et de la conversion d'une grande partie des Catalans à l'indépendantisme. C'est lui qui a fait évoluer la CDC de l'autonomiste Jordi Pujol vers le sécessionnisme. C'est lui qui a œuvré pour le lancement d'élections « plébiscitaires » centrées sur l'indépendance et c'est lui qui est à l'origine de la coalition Junts Pel Sí. Parmi les engagements de cette liste, il y avait le maintien d'Artur Mas à la présidence. Ce dernier se juge d'autant plus légitime qu'il se présente désormais comme un martyr de l'indépendance depuis qu'un tribunal l'a inculpé pour l'organisation de la consultation du 9 novembre 2014 sur l'indépendance. Bref, pas un des deux camps ne veut céder. Et sans la CUP, Artur Mas n'a aucune chance d'être élu.

Deux mois pour trouver un accord, ou de nouvelles élections...

Or, sans accord, il est clair que la situation sera beaucoup plus difficile pour le gouvernement catalan, qui ne sera qu'un gouvernement intérimaire. Comment un tel gouvernement pourrait faire front efficacement à la réaction espagnole ? D'autant que l'article 67.3 du statut d'autonomie catalan prévoit qu'après deux mois à compter du premier vote d'investiture, le président de la Generalitat n'est pas élu, le parlement est dissout et de nouvelles élections doivent être organisées. Dans ce cas, il y a fort à parier que le camp indépendantiste paierait cher sa désunion auprès de la population...

Ceci donne il est vrai deux mois à la CUP et à Junts Pel Sí pour trouver un compromis. Ce ne sera pas aisé, car chacun campe sur ses positions, tout en assurant travailler à un accord. Dans la motion commune déposée vendredi, une annexe nouvelle à ce texte prévoit de nombreuses mesures sociales sur la sécurité de l'accès à l'énergie pour les plus pauvres, la scolarité ou encore l'assurance d'un système de santé de qualité. Ce sont autant de concessions faits par Junts Pel Sí à la CUP. Mais sera-ce suffisant ? Ce qui est certain, c'est qu'on voit mal Artur Mas s'effacer au profit d'un partenaire de consensus. Le déclic pourrait donc venir d'un événement extérieur et de la réaction de l'Etat espagnol.

Dialectique des événements

En cas d'application de l'article 155, la CUP pourrait, face à la menace, oublier ses exigences et faire front au moins temporairement en investissant Artur Mas. Mais, du coup, Madrid appliquera-t-il cet article au risque de souder des Indépendantistes divisés ? S'il y a des actes ouverts de désobéissance, l'article 155 sera incontournable légalement. Et même un gouvernement catalan intérimaire pourrait se considérer comme tenu par la déclaration votée par le parlement et demandant la désobéissance au TC. Dès lors, en appliquant cette désobéissance, Artur Mas pourrait s'attacher la CUP. De même, le résultat des élections espagnole du 20 décembre et la possible arrivée au pouvoir du parti des citoyens, Ciudadanos, farouchement unioniste, dans une coalition à Madrid pourrait ressouder le camp indépendantiste en Catalogne. Bref, la situation est donc très tactique. Elle va évoluer dans cette dialectique entre réponse de l'Espagne et jeu interne à l'indépendantisme catalan.

Absence de soutien international

Reste un autre élément : les indépendantistes, surtout ceux de Junst Pel Sí, espéraient beaucoup de la « communauté internationale » et de l'Europe pour soutenir leur cause face à l'Espagne. Cette solidarité internationale semble ne pas être en mesure de se dessiner pour l'instant. Contrairement à ce que l'on lit parfois en France, l'UE ne défend pas le régionalisme face aux Etats et la version officielle demeure qu'en cas d'indépendance, la Catalogne sortira de l'UE et, de facto, de la zone euro. Aucun pays européen n'a, pour le moment, fait mine de soutenir même la discussion. La crise catalane est vue comme un phénomène interne, ce qui incite naturellement Madrid à « régler » ce problème par les moyens légaux à sa disposition sans faire de concessions. Les indépendantistes ne pourront donc sans doute compter que sur leurs propres forces. Raison de plus, sans doute pour s'unir.

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Commentaires
a écrit le 09/11/2015 à 20:45 :
Vous dites que l'UE ne défend pas les régionalismes, peut être pas frontalement mais indirectement. Via les fonds structurels (FEDER, LEADER etc.) assortis de la promotion des identités des territoires avec le petit drapeau aux étoiles d'or. Surtout, par l'effet des traités, les états sont de plus en plus vidés de leur substances et apparaissent désuets pour certains. C'est une conséquence de l'intégration européenne même si le nationalisme catalan a une histoire ancienne et complexe. Le démantèlement des états-nations est un objectif recherché par certains européistes qui d'ailleurs ne s'en cachent pas. Créer des micro-nations pour qu'elles n'ai pas les moyens de s'opposer à cette politique largement anti-démocratique : imposer coûte que coûte le TAFTA, la "libéralisation" des services publics, démanteler des systèmes de protection sociale jugés trop couteux par certains. Si nous n'y prenons pas garde, la France ne sera pas épargnée par ce virus séparatiste. On ne refera pas le coup de Tchernobyl. Je pense que la Bretagne, région que je connais bien pourrait en prendre le chemin. Dommage pour eux, sous couvert de protéger leur culture, il seront dépouillés comme les autres. Réveillez-vous ! Pour plus d'info, consulter les conférences de l'upr sur les Eurorégions.
a écrit le 08/11/2015 à 21:23 :
Bonsoir Artur ST,

Je me permets de vous reproduire ici le commentaire que j'avais fait sur un précédent article, pour lequel j'aimerai bcp avoir votre avis.
"Merci pour vos longs commentaires qui apporte un éclairage intéressant à ces événements. Je comprends bien le souhait des indépendantistes, avec les objectifs que vous décrivez (progrès, démocratie, liberté, etc.). Seulement, je ne comprends cette indépendance qu'en tant qu'indépendance TOTALE, c'est à dire dans le cadre d'une Catalogne souveraine et maîtresse de sa monnaie. Or il semble que cette indépendance se fasse dans le cadre de l'UE et de l'euro ! Ce qui me semble totalement contradictoire.
Car vous n'êtes pas sans savoir que l'UE à la main sur tous les secteurs clés d'une nation, impose beaucoup de choses à ses membres via les traités (TUE et TFUE), et vous connaissez sans doute l'estime que porte ses dirigeants à la Démocratie. En gros, il me parait absurde de vouloir se détacher d'un tyran (l'Espagne) pour s'acoquiner avec un autre tyran, lui totalement étranger. C'est, je pense, ce qu'à voulu dire Darkcity, trop succinctement. Je serai curieux d'avoir votre avis sur ce point."
Vous pourrez sans doute m'aider à comprendre.
a écrit le 08/11/2015 à 13:05 :
Viva Franco ?
a écrit le 08/11/2015 à 11:10 :
Indépendance , souveraineté , histoire , traditions...
Et pourquoi pas non plus une Fracture , une Divergence Fondamentale , Existentielle à propos de la Paëlla... ?

On nous vante une Catalogne qui serait un petit dragon économique catalan...un exemple , un Modèle , une Fusée !!!
J'attends toujours les chiffres qui assuraient eux-mêmes être mirobolants...
Nous les allons voir...Mais , dans mon esprit , l'Apogée est déjà derrière.

En attendant , tirer la couverture à soi , ce n'est jamais fair-play , mais je ne sais pas si cette expression existe au pays des corridas adulées...
a écrit le 07/11/2015 à 19:12 :
Encore une excellente, impeccable analyse de la situation. Nulle part ailleurs j'ai recontré des analyses sur cette affaire aussi impartielles et détaillées, l'une après l'autre en plus. Ces analyses sont d'une précision scientifique. Je suis ravi que quelqu'un prouve comme personne d'autre que la subjectivité n'empêche pas la pénétration et la fidélité à l'histoire ou l'actualité, ou à n'importe quel autre sujet en sciences humaines ou sociales. Bravo! Chapeau, vraiment.

Je voudrais juste nuancer une chose, sur Artur Mas "martyr de l'indépendance". Il est vrai qu'à plusieurs reprises, surtout en campagne électorale, il ne s'est pas privé de se poser réthoriquement la question "qui est-ce qui fait face à l'Etat espagnol et essuie des procès criminels?", mais Mas n'est vraiment pas un type imbu de lui-même, et c'est un grand homme d'État, guidé par une authentique mentalité de service. Il n'a pas la moindre arrogance, alors qu'il fonctionne à un niveau plusieurs étages au dessus du comun des mortels en politique.
Réponse de le 07/11/2015 à 23:57 :
Même avis sur la qualité de l'analyse.
Réponse de le 08/11/2015 à 20:33 :
même avis sur la question.
une très bonne analyse.
il y a un resultat mince en faveur des independantistes, il y a un problème ave la figure du President Artur Mas, il y a une Europe qui est très pragmatique.

Mais il y a la détermination de presque 2 millions de catalans, voire le 50% des electeurs qui ont l'espor de se gouverner eux-mêmes avec des lois et et des resources plus justes.
a écrit le 07/11/2015 à 19:01 :
Manu, faut y aller, on a besoin de toi là-bas, alors qu'ici tu ne devrais plus tarder à servir de fusible au profit du jeune Macron...
a écrit le 07/11/2015 à 12:04 :
Faire l'Europe des régions !!! Déjà que nous avons des problémes avec des états constitués imaginons l Europe avec 500 régions, quel bordel sans compter que la principale revendication des catalans est basé sur l'inégalité de la distribution des aides envers les régions pauvres de l'Espagne à son détriment, n'est ce pas l'essence même de la politique et de existence du projet européen, la solidarité, dont la Catalogne à profité et profite encore des autres régions riches d'Europe.
Réponse de le 08/11/2015 à 8:42 :
La Catalogne est un contributeur net de l'UE et non pas un bénéficiaire.
a écrit le 07/11/2015 à 0:02 :
On sourit de lire Romaric Godin évoquer la faiblesse de Madrid.... alors que pendant 6 mois il n'a cessé d'affirmer sans rire que Syriza, Varoufakis et Tsipras étaient en position de force dans la négociation avec l'Eurogroupe. A vrai dire Madrid la joue fine :se limiter à souligner le caractère anticonstitutionnel de l'indépendance catalane, considérer comme nul et non avenu tout texte voté en la matière par l'assemblée catalane mais se garder de toute mesure répressive ou coercitive collective.
a écrit le 06/11/2015 à 23:50 :
Il y a affrontement de deux légitimités, celle de la constitution espagnole dont nul le met en doute le caractère démocratique qui ne permet pas la sécession catalane, et celle plus conjoncturelle de la majorité de l'assemblée catalane, certes indépendantiste mais constituée de deux partis inconciliables, et dont le total de voix n'a pas atteint les 50% ; un tel résultat ne légitime nullement le bouleversement profond que serait l'indépendance catalane. Le mieux serait que Madrid prenne l'initiative d'un référendum d'autodétermination de la Catalogne en prenant toutes garanties, notamment en demandant la présence massive d'observateurs de l'OSCE. En cas (probable) de non l'abcès serait définitivement crevé, et en cas de oui, Madrid conserverait l'initiative du processus de séparation et pourrait notamment imposer ses vues dans le partage du fardeau de l'imposante dette souveraine espagnole (qui pourrait être répartie au prorata des PIB de chaque entité et non de leurs populations). l'Espagne se trouverait ainsi allégée d'une bonne partie de sa dette, et la Catalogne, dont l'économie ne manquerait pas de souffrir de l'indépendance, pourrait bien mordre la poussière.
Réponse de le 07/11/2015 à 10:38 :
Vous dites "l'Espagne se trouverait ainsi allégée d'une bonne partie de sa dette, et la Catalogne, dont l'économie ne manquerait pas de souffrir de l'indépendance, pourrait bien mordre la poussière". Vous confondez désir et réalité. Ou bien vous ne connaissez la règle de trois. La balance fiscale Catalogne-Etat Espagnol est clairement en faveur de la première. Un Catalogne indépendante aurait plus de moyens de subvenir à sa dette que l'Espagne.
a écrit le 06/11/2015 à 23:19 :
De toutes façons le sécessionnisme catalan est de la même nature que celui de la Flandre ou de la Lombardie, une marque d'égoïsme de la région la plus riche qui refuse de payer pour les autres et qui imagine qu'en cas d'indépendance sa situation s'en trouvera améliorée (gageure car le reste de l'Espagne, partenaire économique naturel de la Catalogne, préfèrera par ressentiment commercer avec d'autres partenaires, à commencer par la France ou le Portugal. Beau jeu perdant-perdant en perspective). Et l'Europe elle-même n'a rien à gagner d'une balkanisation de ses membres : c'est déjà bien difficile à 28 (et encore la Serbie, le Montenegro, l'Albanie et la Macédoine n'ont pas encore adhéré... sans même parler de la Bosnie, du Kosovo, de la Georgie, de la Moldavie, de l'Ukraine ou même de la Turquie ou de la Russie. Quant à l'Islande elle a renoncé... pour le moment), ça le serait encore plus à 35.
Réponse de le 07/11/2015 à 10:42 :
Je vous corrige "marque d'égoïsme de la région la plus riche qui refuse de payer pour les autres". Dites plutôt: "qui est OBLIGÉE de payer pour les autres et méprisée pour sa langue et culture non espagnoles".
Réponse de le 07/11/2015 à 18:29 :
@georges : La langue catalane est tellement moquée qu'elle est langue officielle et que la présence de multiples langues régionales, basque, galicien, valencien ne pose pas de problèmes en Espagne qui a d'ailleurs ratifié la charte européenne des langues régionales (tout le monde peut-il en dire autant ?) . Question culture je doute qu'on se mode de la région de Dali, de Miro et de Gaudi (entre autres). Quant à l'identité catalane, tout le monde reconnaît qu'elle n'est pas castillane certes, mais elle est tout de même hispanique.
a écrit le 06/11/2015 à 21:51 :
Le succès de la sécession d'une région ne vaut pas encore reconnaissance internationale et entrée dans les alliances militaires ou économiques. Pour l'instant il ne s'agit que d'une affaire interne à l'Espagne. L'ingérence des états voisins serait-elle même légitime en cas de guerre civile? Les interventions étrangères se font en général sous mandat de l'ONU.
Réponse de le 06/11/2015 à 23:33 :
j'espère que nul ne souhaite une guerre civile en Espagne, elle a mis un demi-siècle à se remettre de la précédente.
a écrit le 06/11/2015 à 19:35 :
Vive la Catalogne libre et indépendante !
Réponse de le 06/11/2015 à 23:37 :
Vive l'Espagne unie, démocratique et décentralisée. Catalogne indépendante peut-être, libre on peut en douter quand on considère que la CUP est indispensable à une majorité indépendantiste à l'assemblée catalane.

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