De 2008 à 2024, l'Union européenne s'est renforcée de crises en crises
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« Les hommes n'acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise », jugeait dans ses Mémoires (éd. Pluriel) Jean Monnet, l'un des pères fondateurs de l'Union européenne. Et des changements, l'Union européenne en a conduit plusieurs depuis une quinzaine d'années où différentes crises se sont succédées et que n'avaient pas prévu les textes européens.
Ainsi, en 2008, avec la crise financière mondiale déclenchée par les subprimes aux Etats-Unis, qui s'est poursuivie par la crise de l'euro et celle de la dette, les pays membres de l'Union européennes ont constaté que le traité de Maastricht n'avait pas prévu de garanties ni de mécanismes pour faire jouer la solidarité financière entre eux face à une crise. Et la réponse imposée alors par les pays « frugaux » au pays de l'Europe du Sud, notamment la Grèce, a été celle d'un programme d'austérité en échange de renflouements dont l'application ont mené nombre d'entre eux à tomber en récession, transformant des populations plutôt europhiles à devenir très critiques à l'égard de Bruxelles.
Pourtant, malgré les divisions et les ressentiments, le risque d'un éclatement de l'euro a été jugé plus grave, et a permis la mise en place de nouveaux mécanismes: programmes de financement d'urgence, nouvelles règles budgétaires, union bancaire. La Banque centrale européenne (BCE) a également vu son rôle étendu, par exemple sous la forme de programmes d'achats d'obligations pour stabiliser le système bancaire européen, et en juillet 2012, face aux marchés financiers qui attaque l'euro, son président d'alors Mario Draghi, décide de faire « whatever it takes » pour sauver la monnaie unique qui est aujourd'hui dans le monde la deuxième monnaie de réserve après le dollar.
En 2015 et 2016, c'est une tout autre crise qui met l'Union à l'épreuve: l'afflux massif de plus d'un million d'immigrés fuyant les guerres en Syrie et en Afghanistan. Malgré des réponses nationales complètement divergentes qui divisent le Conseil européen, l'Union européenne repense et renforce le mécanisme de sécurisation de ses frontières extérieures, en élargissant les missions de l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex), pour renforcer la coordination des pays membres, en passant des accords avec certains pays extérieurs, comme la Turquie pour réduire le flux des migrants vers le Vieux Continent.