Dette : la Grèce finit de rembourser le FMI (avec deux ans d'avance)

La Grèce remboursera d'ici fin mars les dernières tranches des prêts accordés par le Fonds monétaire international (FMI), soit avec deux ans d'avance sur le calendrier prévu, a déclaré lundi son ministre des Finances, Christos Staikouras, à Reuters. Vendredi, l'agence de notation Fitch a relevé la perspective de la Grèce, de stable à positive, signalant ainsi qu'elle pourrait rehausser sa note, maintenue à BB.
(Crédits : REUTERS/Alkis Konstantinidis/File Photo)

Plus de 260 milliards d'euros ! C'est la somme qu'avait reçue la Grèce de la part de l'Union européenne et du FMI pour éviter la faillite depuis 2010 (le pays avait perdu plus d'un quart de son PIB). Et les dernières tranches des prêts accordés par le Fonds monétaire international seront remboursées d'ici à fin mars, a déclaré lundi son ministre des Finances, Christos Staikouras, à l'agence Reuters. Soit avec deux ans d'avance sur le calendrier initialement prévu. Pour rappel, e pays était sorti en 2018 du troisième plan de réformes associé au versement de ces fonds et est parvenu depuis cette date à couvrir entièrement ses besoins de financement via les marchés obligataires. Athènes a aussi effectué plusieurs remboursements anticipés au FMI depuis cette date et ne doit plus désormais que 1,9 milliard d'euros à l'échéance de 2024, la dernière partie d'un total de 28 milliards obtenus entre 2010 et 2014.

"La Grèce a officiellement présenté une demande de remboursement intégral du solde de ses emprunts auprès du FMI. La procédure appropriée a été lancée et devrait être achevée à la fin mars", a dit Christos Staikouras dans une interview à Reuters.

Le pays le plus endetté de la zone euro

La Grèce reste le pays le plus endetté de la zone euro par rapport à son produit intérieur brut et sa dette publique devrait représenter 189,6% de son PIB cette année. Le remboursement au FMI devrait réduire ce ratio d'environ un point de pourcentage et permettre au pays d'économiser environ 50 millions d'euros de paiements d'intérêts. Malgré la hausse des dépenses due à la lutte contre les conséquences de la pandémie de COVID-19, Christos Staikouras a déclaré que la Grèce dégagerait un excédent budgétaire à partir de 2023, comme promis à ses créanciers, en raison d'une croissance économique plus forte et de rentrées fiscales plus élevées. Cela constituerait une étape importante pour obtenir à nouveau le classement de sa dette souveraine dans la catégorie investissement.

En 2021, la croissance du pays avait été revue à la hausse de 5,9% à 6,1% par la commission européenne. Cette bonne performance est notamment le résultat d'une saison touristique réussie cet été. La Grèce table sur une croissance de 4,5% de son Produit intérieur brut (PIB) en 2022.

Hausse des taux de la BCE?

L'évolution récente du discours de la BCE face à l'inflation, qui renforce le scénario d'une accélération du durcissement de la politique monétaire en zone euro, a contribué à faire grimper les rendements des emprunts d'Etat grecs à leurs plus hauts niveaux depuis avril 2020, le 10 ans évoluant aux alentours de 2,5% contre 0,9% en septembre 2021.

"La Grèce met en oeuvre une politique budgétaire prudente et responsable et une stratégie d'émission de dette avisée, afin de limiter les conséquences du fait que, malgré des relèvements successifs de la note de crédit au cours des deux dernières années, le pays n'a toujours pas atteint le statut d'investissement", a dit le ministre des Finances.

"En ce qui concerne 2023 et après, nous allons nous orienter vers la réalisation d'excédents primaires réalistes", a-t-il ajouté sans plus de précisions.

Fitch relève sa note

Vendredi, l'agence de notation Fitch a relevé la perspective de la Grèce, de stable à positive, signalant ainsi qu'elle pourrait rehausser sa note, maintenue à BB.

"La combinaison d'une croissance économique plus forte que prévue et d'une réduction du déficit public entraînée par une diminution substantielle du soutien lié à la pandémie permettra une baisse de la dette publique en pourcentage du PIB", a commenté l'agence de notation dans un communiqué.

Et si la Grèce affiche toujours l'un des taux les plus élevés de dette publique par rapport au PIB, celui-ci devrait également reculer. Fitch prévoit qu'il reculera à 190,3% cette année, puis à 185,3% d'ici fin 2023. Ce taux était de 206,3% en 2020. Fitch a également salué des prévisions positives de croissance du Produit intérieur brut (PIB) qui devrait être en 2021, selon l'agence, bien plus forte que prévu, à 8,3%, contre 4,3% anticipés en juillet dernier.

"Nous prévoyons que la reprise de l'activité économique se poursuivra en 2022", souligne par ailleurs Fitch.

"Les banques grecques ont fait des progrès substantiels dans l'amélioration de la qualité des actifs, réduisant fortement le niveau des prêts non performants dans le secteur bancaire et renforçant leur capacité à fournir des crédits à l'économie réelle", relève-t-elle également. En avril, une autre agence de notation, S&P, avait relevé d'un cran la note de la Grèce, à "BB", saluant l'amélioration de la gouvernance et des mesures qui permettront de faire reculer la dette, et l'avait assortie d'une perspective positive.

 (Avec Reuters et AFP)

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Commentaires 5
à écrit le 02/05/2022 à 19:40
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Au début des prêts du FMI, assortis de contraintes diverses, beaucoup ont crié à l'abus de pouvoir du FMI, critiquant sa politique de rigueur dont les plus fragiles allaient pâtir. Au-delà des bonnes nouvelles rapportées dans cet article, il serait i...

à écrit le 23/02/2022 à 15:17
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La Grèce finit toujours par rouler sa dette et ses créanciers par la même occasion... Sinon l'église orthodoxe, les armateurs et les propriétaires (non étrangers) de fonciers contribuent à quelle hauteur du budget du pays et de l'UERSS? Pour...

à écrit le 15/02/2022 à 16:59
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Il faut être honnête, ils font un bon travail. Le taux d'endettement se réduit porté par une transformation (brutale) mais efficace de l'État. On est loin de ce résultat, mais on développe rapidement les causes d'un tel séisme à force de faire l'autr...

à écrit le 15/02/2022 à 15:38
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reconnaissons qu'ils ont fait de gros efforts; par contre ils remboursent tous les debiteurs, sauf les partenaires europeens qui ont eu le haircut; 40 milliards pour la france........donc on verra ce que donne la rigueur de gestion... a l'avenir

à écrit le 15/02/2022 à 9:04
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Maintenant que les milliardaires ont acheté les 3/4 du pays. Il n'y aura jamais de réformes économiques saines et intelligentes en néolibéralisme.

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