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Angela Merkel reconnaît que la Grèce a payé un lourd tribut pendant la crise de la dette

latribune.fr

Publié le 29 octobre 2021 à 16:54 - Mis à jour le 01 novembre 2021 à 13:47

Angela merkel au royaume-uni le 2 juillet

Angela Merkel en déplacement au Royaume-Uni, le 2 juillet dernier.

POOL

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Lors d'une visite à Athènes, qui sera d'ailleurs sa dernière visite officielle, Angela Merkel a reconnu que la Grèce avait payé un lourd tribut pendant la crise de la dette, qui avait débuté il y a onze ans. De son côté, le Premier ministre grec actuel Kyriakos Mitsotakis a tenu à rassurer la chancelière allemande sur les engagements de la Grèce en matière budgétaire, affirmant que la Grèce « n'est plus une source de crises et de déficits ».

Onze ans après le début de la crise de la dette grecque, Angela Merkel s'est rendue ce vendredi à Athènes où elle a achevé sa dernière visite officielle, tirant ainsi sa révérence au terme de seize années à la Chancellerie allemande. Le social-démocrate Olaf Scholz lui succèdera bientôt, à la tête d'une coalition entre les sociaux-démocrates du SPD, les Verts et les libéraux du FDP, qui vise une entrée en fonction début décembre.

Lors de son déplacement dans la capitale grecque, la chancelière allemande, classée par le tabloïd allemand Bild en septembre dernier comme « l'une des femmes les plus détestées de Grèce », a reconnu que les Grecs avaient payé un lourd tribut pendant la crise de la dette, entamée en 2010.

Des propos qui interviennent alors que la fermeté d'Angela Merkel envers la Grèce, lui avait valu le surnom de « dame de fer » de l'Europe. Concrètement, la chancelière allemande et son ministre des Finances de l'époque Wolfgang Schäuble avaient demandé des efforts considérables à la Grèce, dont ils avaient exigé une politique d'austérité (avec des coupes budgétaires et des hausses d'impôts) pour réduire les déficits publics du pays, en échange de trois plans de sauvetage internationaux de plus de 300 milliards d'euros.

Trois plans de sauvetage internationaux

Pour rappel, la Grèce avait sollicité l'aide internationale le 23 avril 2010, alors que son premier ministre nouvellement élu Georges Papandréou venait de découvrir que le vrai déficit grec (12,7% du PIB) était deux fois supérieur à celui annoncé par le gouvernement précédent (6% du PIB). La dette publique grecque était alors équivalente à 115% du PIB.

Un premier plan d'aide avait alors été scellé, octroyant à la Grèce 110 milliards d'euros sous la forme d'un emprunt sur trois ans (80 milliards contractés auprès de l'UE - dont 22,4 milliards prêtés par l'Allemagne - et 30 milliards auprès du FMI).

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Fin 2011, le premier plan de sauvetage n'ayant pas suffi à résorber le déficit, un second plan d'aide avait été conclu, accordant un nouveau prêt supplémentaire de 130 milliards d'euros à la Grèce et l'effacement d'une partie de la dette de la Grèce envers les créanciers privés (107 milliards sur 206 milliards d'euros), ainsi qu'une recapitalisation des banques grecques.

Malgré ces deux restructurations de la dette privée, qui avaient contribué à réduire le déficit public de la Grèce, les restrictions budgétaires imposées à la Grèce avaient contribué à un effondrement du PIB, et le taux d'endettement du pays n'avait donc pas été réduit. La politique d'austérité s'était également traduite par une diminution des retraites et une révision à la baisse du salaire minimum à quelque 500 euros, ainsi qu'une réduction des moyens et des effectifs consacrés aux services publics, notamment les hôpitaux.

Changement de posture

En 2010, lors de son discours aux Allemands, Angela Merkel avait affirmé que l'aide à la Grèce ne coûterait rien aux contribuables allemands. À l'occasion d'une réunion électorale en mars 2010 en Rhénanie du Nord, elle avait même proclamé : « pas un euro pour les Grecs ! ». Et lorsque, pour « sauver l'euro » en mai, elle avait dû faire passer la pilule d'un prêt à Athènes, elle avait affirmé que ce prêt serait remboursé. Puis que les garanties du FESF (Le Fonds européen de stabilité financière qui a prêté à la Grèce à partir de 2011) ne seraient pas exercées.

Lire aussi 7 mnGrèce : pourquoi Angela Merkel refuse de parler de la dette grecque

Ce vendredi 29 octobre, lors de son déplacement à Athènes, Angela Merkel a tenu un discours plus compréhensif à l'égard de la Grèce, affirmant qu'elle avait « conscience des contraintes et des défis auxquels les Grecs avaient été confrontés » pendant la cure d'austérité destinée à consolider la stabilité de l'euro, et a ajouté que l'austérité budgétaire imposée à la Grèce avait été « le moment le plus difficile de son mandat ».

« Je pense que nous avons tous été très choqués par la fragilité de l'euro face à la spéculation extérieure », a également admis la chancelière allemande au sortir d'une rencontre avec le Premier ministre conservateur grec actuel Kyriakos Mitsotakis.

« Un pays différent »

Et si la chancelière sortante a déclaré que selon elle, la relation gréco-allemande avait « toujours eu une bonne base » malgré les « moments difficiles » - comme lorsqu'Alexis Tsipras, élu premier ministre grec en janvier 2015, l'avait appelée à « rentrer chez elle » -, elle a pour autant campé sur une de ses positions passées, affirmant que le manque de réformes engagées par la Grèce avait été la principale cause de la crise. Angela Merkel a ainsi fait valoir que l'ajustement aurait été moins brutal si la Grèce et un certain nombre d'autres États de l'Union européenne avaient entrepris des réformes clés en période de prospérité.

De son côté, l'actuel Premier ministre grec a tenu à rassurer la responsable allemande sur la position de la Grèce, affirmant: « La Grèce est un pays différent de celui que vous avez connu lors de la précédente décennie. Ce n'est plus une source de crises et de déficits ». Il a même ajouté: « Angela Merkel était la voix de la raison et de la stabilité à Berlin et à Bruxelles. Parfois injuste, mais décisive aux moments cruciaux », faisant ainsi implicitement référence à certaines situations comme en 2015, lorsqu'elle a refusé la sortie de la Grèce de l'Union européenne, alors que les Grecs avaient pourtant voté « non » par référendum à l'ultimatum posé par les créanciers, se disant prêts à opérer un Grexit pour ne pas avoir à subir de nouvelles mesures d'austérité.

Lire aussi 6 mnGrèce : le "non" grec place Angela Merkel au pied du mur

À lire également

  • Grèce: Wolfgang Schäuble met la pression sur Merkel et Tsipras
  • À Berlin, Merkel et Tsipras se disent prêts à coopérer
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  • Wolfgang Schäuble explique pourquoi la dette grecque ne peut pas être effacée

Enfin, si l'historique de la crise grecque a été mentionné lors de sa visite, celle-ci devrait être consacrée à des dossiers davantage géopolitiques que financiers, avec des discussions prévues sur la crise énergétique européenne, la question migratoire, la situation en Libye ou encore les relations avec la Turquie, selon une source gouvernementale grecque citée par l'Agence France-Presse.

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