"Effet Boris" ? L'emploi britannique continue de défier la morosité

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(Crédits : Reuters)
Sur lors des trois mois achevés en novembre, le pays a créé 208.000 emplois de plus que le trimestre précédent, beaucoup plus que prévu par les économistes. Côté salaires, idem, ils ont beaucoup plus progressé que l'inflation. Et alors que la croissance britannique est en berne, le taux d'emploi a atteint un nouveau record historique à 76,3%. Un vrai paradoxe.

Le marché de l'emploi est resté solide au Royaume-Uni à l'approche du Brexit, avec un taux de chômage inchangé à 3,8% à fin novembre associé à une nette hausse des salaires, selon des chiffres officiels publiés mardi.

Le Bureau national des statistiques (ONS) note que lors des trois mois achevés en novembre, le pays a créé 208.000 emplois par rapport au trimestre précédent, soit bien plus qu'attendu par les économistes.

Le taux d'emploi a, lui, atteint un nouveau record historique à 76,3%.

"La performance du marché de l'emploi britannique est robuste", relève l'ONS.

Ces statistiques ont une nouvelle fois défié un contexte économique morose avec un sérieux coup de frein de la croissance, marquée par une contraction de 0,3% du produit intérieur brut pour le seul mois novembre en raison notamment des incertitudes du Brexit.

Pour expliquer ce paradoxe, certains économistes ont estimé que, face au flou entourant la sortie de l'UE, de nombreuses entreprises avaient préféré embaucher plutôt qu'investir calculant que, le cas échéant, il serait plus facile à terme de licencier.

Recours important aux contrats "zéro heure"

Le marché de l'emploi britannique s'appuie aussi sur un recours important aux contrats précaires comme les "zéro heure" qui ne garantissent aucun minimum horaire.

Outre les chiffres du chômage, l'ONS a publié des données sur les salaires qui ont progressé sur un an de 3,2% au cours de la période de trois mois achevée fin novembre, soit bien plus que l'inflation qui est tombée à 1,3% en fin d'année.

Cela permet au pouvoir d'achat des Britanniques de se renforcer, au vu de la hausse de 1,6% des salaires réels sur un an.

Ces chiffres pourraient par ailleurs compliquer la décision de la Banque d'Angleterre (BoE), qui envisage de baisser ses taux, possiblement lors de sa réunion de la semaine prochaine, afin de soutenir une économie trop faible à son goût.

Le 24 janvier, les indices PMI confirmeront-ils un "effet Boris" ?

Thomas Pugh, économiste chez Capital Economics, estime que "l'élément crucial" pour la BoE sera la publication des indices PMI préliminaires le 24 janvier, "qui confirmeront ou non un 'effet Boris' pour l'économie".

La large victoire du parti conservateur du Premier ministre Boris Johnson lors des élections de décembre a dissipé une bonne partie du brouillard autour du Brexit à court terme, avec une sortie de l'UE actée fin janvier.

L'économie britannique pourrait par conséquent profiter dans un premier temps d'une dissipation des incertitudes de nature à rassurer les milieux d'affaires, couplée à des promesses de hausses des dépenses publiques.

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a écrit le 21/01/2020 à 21:05 :
La tribune, je me répète peut être! Mais il n'y a pas d'autre effet... que l'effet confiance et nouveau départ, tout ce qui manque de notre coté de la Manche!
a écrit le 21/01/2020 à 19:32 :
Petits boulots ou pas petits boulots?
a écrit le 21/01/2020 à 19:24 :
C'est très bien...encore faudrait il préciser les types d'emplois, à quel niveau de salaire, quel contrat...
Réponse de le 22/01/2020 à 20:59 :
Tout est préférable au chômage.
a écrit le 21/01/2020 à 15:38 :
A force de faire des prévisions qui se révèlent fausses, de donner des explications à posteriori qui relèvent de l'amateurisme contrit, nos experts économiques vont réussir à démontrer qu'ils ne maîtrisent pas la situation économique et qu'ils font leurs prévisions dans le seul but de confirmer leurs à priori politico-économiques.
a écrit le 21/01/2020 à 15:27 :
Il n'y a pas d'autre effet que l'effet confiance et nouveau départ, tout ce qui manque de notre coté de la Manche!
a écrit le 21/01/2020 à 14:53 :
en même temps si l'emploi résiste et augmente en dépit de la contraction du PIB ça veut dire que la productivité diminue....
a écrit le 21/01/2020 à 13:41 :
"Le marché de l'emploi britannique s'appuie aussi sur un recours important aux contrats précaires comme les "zéro heure" qui ne garantissent aucun minimum horaire".

Ah bon et cela n'existait pas avant le Brexit ?
a écrit le 21/01/2020 à 13:03 :
Si les anglais démontrent que sortir de l'UE est favorable pour l'économie, d'autres pays membres de l'union vont être tentés de quitter ce mastodonte technocratique en panne d'idées et de croissance.
Réponse de le 21/01/2020 à 13:25 :
Pour le moment, les Anglais ont démontré qu'à l'intérieur de l'UE ils avaient 3,8% de chômage et une croissance chroniquement supérieure à la moyenne européenne. Preuve que la "mastodonte" ne les entravait pas plus que ça, logique, il était édifié à leur avantage !
Et comme ils vont garder des fondamentaux très libéraux, il y a de grandes chances qu'une fois la sortie actée et les accords commerciaux signés...ben il en sera de même !
Réponse de le 21/01/2020 à 14:51 :
@Claivoyant : très juste, il n'est pas impossible que modulo une nouvelle augmentation de libéralisation, de réduction de la pression fiscale et de flexibilité, le RU arrive à surmonter en partie les handicaps nés du brexit.
a écrit le 21/01/2020 à 13:00 :
Le cas britannique est complexe du fait de Thatcher et Blair bons soldats néolibéraux de la cupidité de la finance qui ont tour à tour anéantie l'économie de ce pays, de ce fait on part de très très bas, un peu comme en Grèce que nos obscurantistes néolibéraux aiment décrire comme modèle de leur purge néolibérale imposée alors qu'ayant tout perdu ils ne peuvent en effet que remonter mais on est loin d'atteindre leur prospérité d'avant Schauble.
Réponse de le 21/01/2020 à 15:04 :
Si l'état grec ne s'était pas viandé financièrement en masquant l'ampleur de ses déficits et de sa dette, il n'y aurait pas eu de raisons de lui appliquer l'amère potion Schaüble (qui bon an mal an a quand même permis de sortir le pays de l'ornière). Quant à une prospérité liée aux déficits et à l'endettement, il est évident qu'elle est factice et non durable. Ce n'est pas Schaüble mais les exécutifs lâches et démagos qui se sont succédés en Grèce de 1980 à 2015 (l'année où Tsipras s'est enfin rendu compte que le pays ne s'en sortirait pas par un jeu de bonneteau et a enfin pris les mesures nécessaires) qu'il faut blâmer (en plus de ceux qui au coeur de l'UE ne se sont pas assez donnés la peine de vérifier les stats grecques.... et probablement d'autres).
Réponse de le 21/01/2020 à 17:32 :
@ moulin a vent

Comme d'habitude tu ou les la moitié des éléments à savoir que les dirigeants de l'époque et l'union européenne on fait appelle à GS pour trafiquer les comptes afin de la faire rentrer dans l UE. Donc le peuple grecque a bel été purgé alors qu'il na rien demandé. A se demander même si tout ceci n'était pas planifié.
Réponse de le 21/01/2020 à 20:51 :
Mettre sur le même plan les économies britannique et grecque, il fallait y penser. Chapeau !
Réponse de le 22/01/2020 à 9:09 :
@ moulin à vent:

Ben écoute merci de dire comme moi que cette UE est complètement pourrie tout en faisant croire l'inverse.

Mais te je te le redis tu génères de la pollution pour rien là hein...

Et si je peux pas et-c... de grâce virez moi tout ça !
Réponse de le 22/01/2020 à 9:21 :
si je peux pas répondre à mon boulet vous virez mon commentaire de base, c'est la dernière fois que je le demande.

Et ça c'est pas une réponse.

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