En Espagne, le gouvernement baisse les impôts de la moitié des contribuables

Pour alléger la facture des ménages espagnols soumis à une forte inflation, la ministre du Budget Maria Jesus Montero, a annoncé ce jeudi que l'impôt sur le revenu serait réduit pour tous ceux gagnant un salaire inférieur à 21.000 euros par an, soit un contribuable sur deux. À l'inverse, un « impôt de solidarité sur les grandes fortunes », temporaire et exceptionnel, sera créé ciblant les contribuables disposant d'un patrimoine net supérieur à 3 millions d'euros, soit 0,1% d'entre eux.
La ministre espagnole du Budget, Maria Jesus Montero, a annoncé une baisse des impôts pour un contribuable sur deux.
La ministre espagnole du Budget, Maria Jesus Montero, a annoncé une baisse des impôts pour un contribuable sur deux. (Crédits : Reuters)

Baisse d'impôt pour les uns, hausse pour les autres. Pour répondre à l'inflation qui, si elle a ralenti à 9% en septembre après avoir franchi la barre des 10% pendant trois mois, reste élevée, le gouvernement espagnol a annoncé deux mesures concernant l'impôt sur le revenu. Ce dernier sera baissé pour les personnes gagnant un salaire inférieur à 21.000 euros par an, soit un contribuable sur deux, comme l'a indiqué la ministre du Budget Maria Jesus Montero, ce jeudi. Un geste fiscal qui sera effectif à partir de l'année prochaine et dont le montant est évalué à 1,9 milliard d'euros sur deux ans.

L'exécutif doit donc trouver un moyen de financer ce coup de pouce aux classes moyennes. Pour cela, il a décidé de la création d'un « impôt de solidarité sur les grandes fortunes », temporaire et exceptionnel, à destination des contribuables les plus aisés, c'est-à-dire les personnes disposant d'un patrimoine net supérieur à 3 millions d'euros, soit 0,1% des contribuables, a souligné la ministre espagnole. Cette mesure, qui sera en vigueur en 2023 et 2024, devrait rapporter 1,5 milliard d'euros en deux ans.

Dans ses fiefs, la droite baisse l'impôt... sur la fortune

Si le gouvernement veut faire davantage participer les contribuables les plus fortunés, ce n'est pas le cas de toute la classe politique, notamment du Parti populaire (PP) de droite conservatrice. La principale formation d'opposition a, en effet, annoncé des baisses d'impôts dans plusieurs régions qu'ils gouvernent dont l'Andalousie. Mais dans ce dernier cas, il s'agit d'un allègement de l'impôt sur la fortune.

Cela s'explique par l'organisation même de l'Espagne, pays très décentralisé où les régions sont dotées de larges compétences, notamment en matière fiscale. Ces décisions ne sont pas au goût de la gauche qui a dénoncé une politique de « dumping fiscal » rompant l'équilibre entre les territoires, à un moment où l'Espagne fait face à de nombreuses dépenses.

30 milliards d'euros d'aides

D'autant que le pays se doit de trouver des sources de financement alors que les mesures de soutien au pouvoir d'achat des ménages se multiplient ces derniers mois.

Le gouvernement a notamment mis en place des subventions sur le carburant, la prise en charge d'une partie des abonnements de transport public, et une hausse des retraites. Début septembre, le président espagnol, Pedro Sanchez, a également annoncé une baisse de la TVA sur le gaz de 21% à 5% à partir d'octobre et jusqu'à la fin de l'année. Alors que les prix de l'énergie ne cessent de grimper, il s'est dit prêt à la « prolonger l'année prochaine, le temps que durera la situation si difficile que nous traversons ». Au total, les différents plans d'aide représentent un coût évalué à près de 30 milliards d'euros par le chef de l'État, soit l'équivalent de 2,3% du produit intérieur brut (PIB) du pays.

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Commentaire 1
à écrit le 29/09/2022 à 18:12
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Et si on était aussi intelligents que les espagnols ? .....on, peut réver non ?

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