Europe de l'ESS, devoir de vigilance et reporting extra-financier des entreprises : les batailles d'Olivia Grégoire
Propos recueillis par Ingrid Labuzan et Philippe Mabille
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... en les enjeux déterminants pour l'avenir du « capitalisme citoyen », titre de son dernier livre. Le tout à l'heure où l'affaire Orpea rebat les cartes pour le contrôle réel des engagements RSE/ESG.
Dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne, vous avez réuni hier, à Paris, les ministres européens de l'économie sociale. Assiste-t-on aux premiers pas d'une Europe sociale et solidaire ?
Olivia Grégoire : Il existe déjà une Europe de l'économie sociale, mais c'est une Europe qui s'ignore. Le secteur compte en effet près de 3 millions d'entreprises en Europe, qui font travailler 14 millions de personnes. L'ESS pèse jusqu'à 10 % du PIB de certains Etats membres, comme la France, l'Espagne ou l'Italie. Toutefois, peu d'Etats ont un cadre juridique aussi clairement défini à ce sujet que la France, qui a consacré une loi au secteur en 2014. Il est donc temps d'avoir une vision commune et, surtout, de faciliter la croissance de toutes ces structures, les créations d'emplois, et la cohésion sociale à une échelle européenne.
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Cette rencontre a-t-elle débouché sur des actes concrets ?
Cette réunion informelle des ministres de l'économie sociale et solidaire est la première en 10 ans, donc un signal politique fort. Les 23 délégations qui ont répondu à l'invitation ont travaillé sur la mise en œuvre du plan d'action dédié à l'économie sociale présenté en décembre dernier par la Commission européenne.
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Notre objectif est de développer un langage commun, ce qui facilitera les activités des entreprises du secteur dans toute l'Union. Il existe en Europe 2,8 millions d'entités juridiques différentes dans l'ESS. En France, certaines entreprises peuvent par exemple bénéficier de l'agrément ESUS (entreprise solidaire d'utilité sociale). Cette spécificité n'est pas reconnue à l'échelle de l'Union et cela pénalise ces sociétés lorsqu'elles veulent se lancer à l'international. Nous aimerions lever ce frein à leur croissance, en bâtissant à terme un mécanisme une convention de reconnaissance mutuelle entre les pays européens.
Propos recueillis par Ingrid Labuzan et Philippe Mabille
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