La bataille des élections européennes entre dans la dernière ligne droite. À cinq jours d'un scrutin crucial, les principales forces politiques jettent leurs dernières forces dans une campagne très disputée. Grand favori des sondages, la tête de liste du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella a fait plusieurs propositions économiques et sociales dans un programme d'une dizaine de pages. À plusieurs reprises, le jeune leader du RN a tenté de mener une opération séduction auprès du patronat français. «Sans les entreprises, la France ne serait rien », a-t-il déclaré devant un parterre de dirigeants en avril dernier au siège du Medef.
Après le fiasco de la campagne présidentielle de 2017, le parti d'extrême droite cherche à conquérir une crédibilité économique et budgétaire dans les milieux patronaux. Le Rassemblement national de Marine Le Pen ne défend plus une sortie de l'Union européenne et la fin de l'euro. Mais les mesures économiques et budgétaires présentées par le parti nationaliste peinent à convaincre. « Le programme du RN n'est pas de nature à constituer un projet complet », juge Thierry Pech, directeur général de Terra Nova contacté par La Tribune. « Il prétend courir après un programme de souveraineté recouvrée. Or, il s'en éloigne sur le plan énergétique notamment. Il prévoit de mettre fin à certaines énergies renouvelables. Mais, comme les nouveaux EPR ne seront pas prêts avant 2035 au plus tôt, le risque est que tout l'ajustement se fasse sur le gaz, nous mettant du même coup dans les mains des pays exportateurs comme l'Arabie Saoudite ou le Qatar. Loin de nous rapprocher de la souveraineté, le programme du RN nous précipite dans une dépendance accrue », explique Thierry Pech.