Face à la récession, les syndicats italiens se mobilisent

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(Crédits : TONY GENTILE)
Des centaines de milliers de personnes manifestaient samedi à Rome à l'appel des principaux syndicats italiens, qui demandent une vraie politique de croissance et du respect de la part du gouvernement populiste.

Des centaines de milliers de personnes manifestaient samedi à Rome à l'appel des principaux syndicats italiens, qui demandent une vraie politique de croissance et du respect de la part du gouvernement populiste. Les syndicats avaient fait les choses en grand: 12 trains spéciaux, 1.300 bus, des ferries et des vols low-cost ont permis aux manifestants de converger vers la capitale, sous un frais soleil et dans une ambiance bon enfant.

Un plan d'investissements massif

Derrière la banderole "Un avenir au travail", les manifestants réclamaient un plan massif d'investissements publics et privés et des réformes plus ambitieuses que celles avancées par le gouvernement d'union de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème). Pour les syndicats, le plan d'investissements annoncé par le gouvernement est trop timide, sa réforme des retraites trop limitée et son "revenu de citoyenneté" une mesure hybride qui risque de nuire tant à la lutte contre la pauvreté qu'à celle pour l'emploi.

Maurizio Landini, nouveau secrétaire général de la CGIL, qui revendique 5,5 millions d'adhérents, a ainsi rappelé que les investissements avaient baissé de 30% en 10 ans, pour un total de 100 milliards d'euros.

"Le gouvernement doit changer de route, nous avons un pied dans la récession", a renchéri Annamaria Furlan, à la tête de la CISL, la deuxième confédération syndicale italienne. "Qu'il sorte de la réalité virtuelle et qu'il se cale sur notre réalité du travail".

"Snobés par le gouvernement"

D'une manière générale, les syndicats s'estiment snobés par le gouvernement populiste. "Il est pour le moins singulier qu'un vice-Premier ministre ait le temps de rencontrer les opposants au gouvernement d'un pays voisin alors qu'il n'a pas le temps de rencontrer les opposants dans son pays, c'est-à-dire les syndicats", avait ironisé vendredi M. Landini après la polémique sur la visite de Luigi Di Maio, chef de file du M5S, à des "gilets jaunes" en France.

Plusieurs délégations d'entrepreneurs, ainsi que les principaux responsables du Parti démocrate (PD, centre-gauche) et des délégations d'autres partis de gauche ont également pris part au défilé. Cette mobilisation syndicale est la plus forte enregistrée depuis les manifestations de fin 2014/début 2015 contre la réforme du travail orchestrée par le gouvernement de Matteo Renzi (centre-gauche).

En revanche, un rassemblement de "gilets jaunes" italiens annoncé samedi à Rome a été annulé sur ordre de la préfecture qui craignait des débordements, selon les organisateurs. Dans le sillage du mouvement de protestation sociale français, plusieurs sites internet et pages Facebook de "gilets jaunes" se sont créés ces derniers mois en Italie, souvent très différents les uns des autres et jusqu'à présent sans aucune réelle manifestation sur le terrain.

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Commentaires
a écrit le 10/02/2019 à 14:01 :
On comprend mieux pourquoi les populistes italiens cherchent à faire diversion en allant discuter avec les gilets jaunes. Peut-être qu'ils ont plus de difficultés à parler avec les syndicats italiens...
Réponse de le 10/02/2019 à 23:52 :
Je poserai les questions suivantes aux syndicats de nos voisins :
où étaient ces syndicats pendant que des gouvernements Monti et autres de gauche Letta / Renzi / Gentiloni prônaient des solutions économiques restrictives, des politiques d'austérités ? qu'ont ils fait, quelles actions ???? aucunes
Ils s'activent aujourd'hui pour ne pas perdre des adhérents et surtout leurs privilèges que la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles vont éliminer !
Réponse de le 11/02/2019 à 9:52 :
@raca

2014:
La péninsule italienne sera en grande partie paralysée, ce vendredi, par la grève générale contre le Jobs Act( loi travail ici), la réforme du marché du travail défendue par Matteo Renzi. Définitivement votée par le Parlement le 3 décembre, y compris par l'aile gauche du Parti démocrate ( en gros l'aile droite du PS qui est aujourd'hui chez Macron), cette réforme, qui facilitera les licenciements, est toujours contestée par les syndicats, qui risquent de perdre dans cette affaire une grande partie de leur pouvoir dans l'entreprise.
Cinquante-quatre manifestations sont prévues dans le pays. Les services publics et les transports devraient être largement affectés, même si les cheminots ont été réquisitionnés par le ministre de l'Intérieur pour faire rouler les trains. Le trafic aérien sera perturbé. Le personnel navigant d'Alitalia ne devrait pas se joindre au mouvement, mais les contrôleurs aériens devraient participer à la grève.La bataille de la réforme du marché du travail étant perdue d'avance par les syndicats, les mots d'ordre de la grève générale ont été élargis, pour stigmatiser la politique «d'austérité» du gouvernement, à travers le projet de loi de finances 2015, qui réduit le volet dépenses de plusieurs milliards d'euros, sous la pression de Bruxelles et de Berlin.Dans son bras de fer avec les confédérations ouvrières, Matteo Renzi n'aura rien cédé. Il a eu le mois dernier des mots cinglants pour «ces syndicats qui passent leur temps à organiser des grèves, ce qu'ils savent très bien faire. Dans son optique, c'est au Parlement, et à lui seul, que revient le mérite de juger les actes du gouvernement. L'époque où les grèves générales faisaient tomber des gouvernements en Italie est révolue. En 2013 déjà, la réforme des retraites de Mario Monti avait été adoptée ( passage à 67 ans), malgré une grève générale.
a écrit le 10/02/2019 à 8:00 :
Nos médias qui ont les yeux de Chimene pour le barde Nicolle n'ont pas vu les centaines de milliers de personnes qui manifestaient à Rome contre le gouvernement préféré des gilets jaunes. Ah populismes quand tu nous tient!
Réponse de le 10/02/2019 à 13:50 :
"les centaines de milliers de personnes qui manifestaient à Rome"

Ah oui quand ça ? Je sens bien par conte que l' austérité des politiques européennes vous emballe .
Réponse de le 10/02/2019 à 22:44 :
La presse française et les bêtement libéraux (ceux qui sont libéraux à conditions que cela s'applique aux autres) en sont réduits à dire du bien des syndicats. On aura tout vu.
a écrit le 10/02/2019 à 2:23 :
Salvini ou "l'arroseur arrosé". Il a l'air malin désormais, il a fait du Marine le Pen on voit le résultat négatif.
a écrit le 09/02/2019 à 18:35 :
"sa réforme des retraites trop limitée "

Ah bon !

L'Italie revient à la retraite à 62 ans. En 2011, en pleine crise ( sous Matteo Renzi du parti démocrate qui a mis aussi le Job Acts en gros la loi travail ici), l'âge de départ à la retraite avait été poussé à 67 ans, mais le gouvernement a décidé de revenir à 62 ans. "C'était de mon devoir de supprimer cette injustice, et en plus cela permettra de libérer des centaines de milliers d'emplois", a expliqué le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini. Une mesure qui coûterait 100 milliards d'euros, selon le directeur de la sécurité sociale italienne.
a écrit le 09/02/2019 à 16:48 :
Bah les populistes ont accédé au pouvoir en critiquant tout ce qui bouge.
Maintenant on les regarde, ils sont au pouvoir, on attend le miracle économique avec impatience.

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