Grèce : l'aide du FMI entachée de "faiblesses" (audit)

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La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, récuse tout manque d'indépendance du FMI
La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, récuse tout manque d'indépendance du FMI (Crédits : YORGOS KARAHALIS)
"Sans juger du mérite de la décision finale, des faiblesses dans le processus de prise de décision ont créé l'idée que le FMI traitait l'Europe différemment", assure le rapport de l'Office d'évaluation indépendant (IEO) du Fonds monétaire international.

La décision du FMI de venir en aide à la Grèce en 2010 était entachée de "faiblesses" qui ont alimenté les soupçons de partialité de l'institution au profit des Européens, selon un audit interne indépendant publié jeudi.

"Sans juger du mérite de la décision finale, des faiblesses dans le processus de prise de décision ont créé l'idée que le FMI traitait l'Europe différemment", assure le rapport de l'Office d'évaluation indépendant (IEO) du Fonds monétaire international.

Le Fonds s'était alors joint aux Européens pour consentir à la Grèce le prêt le plus important de son histoire (30 milliards d'euros) qui a été suivi par deux autres plans d'aide (2012 et 2015) sans jamais réussir à sortir le pays de la récession.

Une règle d'or modifiée

Au coeur de ce rapport figure la décision du FMI en 2010 de modifier une de ses règles d'or afin de renflouer la Grèce sans exiger une réduction préalable de la dette du pays et malgré des doutes sur sa "viabilité".

"Le processus de modification s'est éloigné du mode de consultation habituel au FMI où les décisions d'une telle importance font l'objet d'un examen minutieux", relève l'IEO, dont l'audit examine trois plans d'aide du FMI entre 2010 et 2011 (Grèce, Portugal, Irlande).

Qu'importe le "scepticisme généralisé"

En l'espèce, le conseil d'administration du Fonds, qui représente les Etats-membres, a été réduit à un rôle de "façade" et la direction du FMI, assurée alors par Dominique Strauss-Kahn, est passée outre le "scepticisme généralisé" de ses équipes, assure l'audit.

Des consultations plus ouvertes auraient permis de diminuer "toute perception que le FMI avait cédé, en coulisses, aux intérêts européens", relève l'IEO.

L'engagement aux côtés de la Grèce marquait pourtant un changement majeur pour le Fonds qui n'avait jamais renfloué un pays industrialisé, de surcroît intégré à une union monétaire comme la zone euro.

Un manque d'indépendance du FMI ?

Selon cet organisme, le renflouement de la Grèce sans réduction de sa dette a par ailleurs "amplifié" la cure d'austérité imposée au pays, "contribuant, au moins en partie, à une large contraction de la production et à une perte de soutien du public pour ce programme" d'aide.

Dans ses recommandations finales, l'IEO appelle notamment le FMI à changer ses procédures pour "minimiser la possibilité d'intervention politique".

En réponse, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, récuse tout manque d'indépendance du FMI et défend l'action passée de l'institution face à une crise en zone euro "sans précédent".

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 01/08/2016 à 9:24 :
IEO, Institut d'Études Occitanes ?

Cet institut de surveillance machin, un parmi des milliers, refuges d'emplois fictifs s'il en est, affirment être indépendants mais peuvent ils le prouver au moins ?
a écrit le 29/07/2016 à 11:51 :
Dominique Strauss-Kahn était attendu en Grèce, aprés une rencontre avec Angela Merkel quand il a été mis "hors circuit".
Il recherchait une solution cohérente pour la Grèce et "surprise" il fut remplacé par Christine Lagarde tellement plus pro-américaine...
C'est bien la dernière qui parlera donc de manque d'indépendance du FMI
a écrit le 28/07/2016 à 18:27 :
En synthèse, le FMI a mal fait son job mais ne veut pas le reconnaître. La troïka dont le fonds fait partie a le même discours nier l'évidence: les choix qu'ils ont pris depuis le début de la crise grecque ont été mauvais vu qu'ils n'ont fait qu'aggraver la crise et on créé plus de chômage et de pauvreté...

Un jour, ils finiront par payer ce qu'ils font subir aux peuples grecs.
Réponse de le 28/07/2016 à 19:24 :
@vassilis: il faudrait une enquête indépendante pour déterminer en détail le processus et identifier les bénéficiaires. Les coupables doivent être punis, ce qui n'exonère pas les Grecs de leurs responsabilités, car ce serait un peu facile. Thomas Jefferson ne disait-il pas qu'on a jamais que le gouvernement qu'on mérite :-)
Réponse de le 29/07/2016 à 12:38 :
@Patrickb Il est facile de s'informer comment a été créé la dette odieuse grecque.
Entre autre une commission parlementaire grecque a fait un excellent travail qui a été ignoré.
Les aides à la Grèce n'ont profité qu'aux banques.
J'en viens à nos pseudo-démocraties qui laissent croire aux peuples qu'ils choisissent ceux qui les gouvernent.
L'espoir du peuple grecque a abouti à un déni de démocratie, s'en suit un état de choc et plus d'ingérence de l'exterieur.

Votre :-) est une fierté pour votre citation, ou une jouissance de dénigrer le peuple grec ?

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