Grèce : pourquoi Syriza risque la défaite

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Alexis Tsipras a-t-il surestimé sa popularité ?
Alexis Tsipras a-t-il surestimé sa popularité ? (Crédits : Reuters)
Un sondage a donné pour la première fois les Conservateurs de Nouvelle Démocratie devant Syriza. Le parti d'Alexis Tsipras voit sa popularité se réduire rapidement. C'est le fruit de plusieurs erreurs de l'ancien premier ministre.

Les élections grecques du 20 septembre pourraient déboucher sur une surprise de taille. Chacun croyait acquise une victoire du parti d'Alexis Tsipras, Syriza. Voici trois semaines, une majorité absolue semblait possible. Mais voici que, mercredi 2 septembre, un sondage réalisé par GPO donne le parti conservateur grec Nouvelle Démocratie (ND) en tête devant Syriza, avec 29 % des intentions de vote contre 28,7 %. L'avance est certes courte et les sondages helléniques n'ont jamais brillé par leur exactitude ni leur indépendance. Un sondage Alco du même jour donne Syriza légèrement en tête (29,2 % contre 28,7 % à ND). Il faut donc se montrer prudent. Mais enfin, cette enquête vient confirmer une tendance marquée dans la plupart des sondages depuis deux semaines : la cote de Syriza se réduit rapidement, celle de ND remontant plus progressivement.

Un gouvernement sous surveillance de la troïka

Ce mouvement, en réalité, ne saurait constituer une surprise. Car quel est l'enjeu de ces élections ? Le gouvernement d'Alexis Tsipras a signé le 11 août dernier un troisième protocole d'accord avec ses créanciers. Ce nouveau « mémorandum » place la démocratie grecque sous étroite surveillance. « Le gouvernement s'engage à consulter la Commission européenne, la BCE et le FMI, et à se mettre d'accord avec eux, en ce qui concerne toutes les actions liées à la réalisation des objectifs de ce protocole avant qu'elles soient finalisées et légalement adoptées », indique le texte. Compte tenu de l'importance des sujets concernés par ce mémorandum, ceci conduit à faire du gouvernement grec, quel qu'il soit, un fondé de pouvoir de la troïka.

La faiblesse du vote anti-mémorandum

Dans ce contexte, le choix des électeurs grecs est de deux ordres. Le premier consiste à utiliser l'élection du 20 septembre comme un nouveau « référendum » sur ce mémorandum. En votant pour les partis qui le rejettent, autrement dit pour le parti communiste (KKE), les néo-nazis d'Aube Dorée (XA) ou le parti issu des dissidents de Syriza, Unité Populaire (LE), on vote pour le rejet de ce texte. Ce choix n'est pas marginal, mais il est largement minoritaire. Selon GPO, ces trois partis totalisent 16,4 % des intentions de votes, selon Alco, 19,8 %. Ceci est assez compréhensible. Après six mois de discussions avec les créanciers, le gouvernement Tsipras n'est pas parvenu à tenir son pari d'en finir avec l'austérité dans la zone euro. L'économie grecque a été mise à rude épreuve à partir de fin juin lorsqu'a été établi le contrôle des capitaux. Le pays est épuisé et tente de retrouver une certaine normalité. Même si ce mémorandum va entretenir la récession, il est logique que les Grecs ne soient guère tentés par un nouveau bras de fer. Le moment historique est passé et beaucoup seront sans doute tentés par l'abstention ou le vote blanc plus que par le vote protestataire.

Du reste, en signant le troisième mémorandum, Alexis Tsipras a désarmé le vote anti-austéritaire qui avait été majoritaire trois fois depuis 2012. Les deux partis de sa coalition gouvernementale, Syriza et les Grecs Indépendants (ANEL), sont passés dans le camp d'en face. Dès lors, pour la première fois depuis 2012, les créanciers sont sereins avant les élections du 20 septembre, ils savent que le mémorandum sera, pour la première fois majoritaire. Aussi n'ont-ils pas, cette fois, à donner de consignes de vote. La démocratie grecque a été « neutralisée. »

Le manque de crédibilité du positionnement de Syriza

Pas totalement, il est vrai. Il reste aux Grecs la possibilité de choisir celui qui appliquera « le mieux » ce mémorandum. De ce point de vue, les électeurs helléniques n'ont que l'embarras du choix. Tous les partis de Syriza à ND, en passant par les Socialistes du Pasok et les centristes de To Potami, veulent l'appliquer au mieux, même si le discours peut être infléchi par des promesses électorales bien peu crédibles. Mais la situation de Syriza est particulièrement délicate. Alexis Tsipras doit maintenir un discours de façade contre l'austérité tout en défendant une politique d'austérité qu'il a accepté. Ce discours est logiquement fort peu audible et de moins en moins crédible. En face, Nouvelle Démocratie peut rappeler le fait qu'entre août 2014 et janvier 2015, l'ancien Premier Ministre Antonis Samaras avait refusé les conditions des créanciers. Mieux même, le nouveau leader du parti, Evangelos Meimarakis, prétend vouloir « renégocier » certains aspects du mémorandum. ND est donc en capacité de renverser les rôles par rapport à janvier dernier et de faire de Syriza le parti de l'austérité.

En réalité, ces promesses de ND sont peu crédibles. Mais elles n'ont que peu d'importance. L'essentiel est que, puisqu'il n'est plus question de défier les créanciers et que le mémorandum limite la capacité de résistance du gouvernement grec, le discours d'Alexis Tsipras selon lequel il est mieux pour le pays qu'un gouvernement « de gauche » gère le mémorandum ne peut guère convaincre. D'autant que le refus de s'associer avec les partis du centre et de la droite, affiché par Alexis Tsipras est peu crédible. ANEL pourrait ne pas passer les 3 % nécessaires à son entrée au parlement et, au sein du camp pro-mémorandum, il n'y a guère d'autres alliés possibles. Bref, Syriza semble vouloir payer le peuple grec de mots. Et ce peuple s'est trop longtemps payé de mots. Il est impossible de savoir si le nombre d'électeurs (et non la proportion) en faveur de Nouvelle Démocratie croîtra par rapport à janvier 2015, mais il est certain que la mobilisation ne pourra être que meilleure en faveur de ND qu'en faveur de Syriza.

La question migratoire instrumentalisée par Nouvelle Démocratie

D'autant qu'un autre enjeu est au centre de l'élection, celui de la crise des migrants, dans laquelle la Grèce est en première ligne. Or, l'UE n'a guère aidé le pays dans ce domaine, alors même que le budget grec n'est pas capable de faire face à un tel défi. Si l'on doit prendre conscience de l'absurdité de la situation, on remarquera simplement qu'en juillet et août, alors que des milliers de migrants arrivaient par la mer sur les îles grecques, la Grèce a utilisé 6,7 milliards d'euros versés par l'UE pour rembourser sa propre banque centrale. Cette somme a été utilisée pour réduire le bilan d'une BCE qui a pour ambition affichée de l'augmenter... Et parallèlement, Bruxelles a débloqué 474 millions d'euros sur six ans pour la Grèce afin de la soutenir dans l'accueil des migrants. La Grèce est donc non seulement laissée à elle-même, mais les créanciers n'ont jamais pris en compte cet élément dans les négociations.

Nouvelle Démocratie, fidèle à son positionnement traditionnellement xénophobe et hostile à l'immigration, joue évidemment sur le phénomène. Nikitas Kaklamanis, député ND et ancien ministre de la santé de 2004 à 2006, a ainsi publié un tweet qui affirme : «  ce qui se passe dans nos îles n'est pas un phénomène migratoire, c'est une invasion islamiste qui sert Alexis Tsipras. »

 Très clairement, ND joue donc sur le terrain d'Aube Dorée pour tenter de canaliser en sa faveur le mécontentement. Et là aussi, Alexis Tsipras est désarmé puisque l'Europe n'a guère montré de sollicitude envers le pays durant son mandat sur ce sujet.

Le désarroi des électeurs grecs

Ce que trahissent ces enquêtes d'opinion, c'est, en réalité, le grand désarroi des Grecs soumis à un mémorandum dont ils avaient rejeté l'essentiel lors du référendum du 5 juillet et à des phénomènes migratoires qui les dépassent. Le nombre d'abstentionnistes risque donc d'être très élevé et celui des indécis demeure important, entre 12,5 % et 15 %, selon les sondages cités. Citons deux preuves de ce désarroi. D'abord, l'absence de poussée du parti To Potami (« La Rivière »), donné en dessous même de son niveau de janvier dernier (6 %). Or, ce parti est clairement celui des institutions européennes. Son président, l'ancien journaliste Stavros Theodorakis, a été reçu en grande pompe à Bruxelles. Logiquement, pour s'attirer les bonnes grâces des institutions, les Grecs auraient dû se tourner vers ce parti. Ce n'est pas le cas, et ceci traduit une défiance profonde envers une Europe qui reste un choix pour les Grecs, mais un choix bien peu enthousiaste désormais.

Autre preuve de ce désarroi : la poussé de l'Union des centristes (EK), qui devrait entrer pour la première fois au parlement et qui est donnée entre 3,5 % et 5 % des intentions de votes. Ce parti est celui d'un homme, Vassilis Leventis, ancien du Pasok et de ND, qui a fondé le parti en 1992 sur une ligne très anti-establishment. En janvier, son parti, qui n'avait obtenu jusqu'ici au mieux que 0,6 % des voix a gagné 1,7 % des suffrages. Il semble apparaître pour beaucoup comme une alternative au jeu politique et il devrait donc entrer cette fois à la Vouli, compliquant encore le jeu politique post-électoral.

Alexis Tsipras a surestimé sa propre popularité

Au final, Alexis Tsipras semble avoir commis plusieurs erreurs qui lui coûteront peut-être sa place à Maximou, le Matignon grec. D'abord, il a pensé que sa popularité était un socle sur lequel il pouvait compter après sa capitulation. Or, cette popularité n'a été forte que lorsqu'il a mené la résistance aux créanciers. Une fois cette résistance abandonnée, cette popularité n'avait aucune raison de persister. Son calcul qui a été de convoquer des élections rapides pour profiter du « soulagement » de l'opinion après la fin des négociations et ne pas être pénalisé par la hausse rétroactive des cotisations santé des retraités le 1er octobre a été une autre erreur. Les électeurs ne sont pas tombés dans le piège, sachant bien ce qui les attend.

Par ailleurs, Alexis Tsipras a souhaité se « débarrasser » de sa gauche pour avoir les mains libres. Son calcul était que sa gauche disparaîtrait si elle faisait sécession et serait écartée si elle restait au sein de Syriza. Là encore, l'erreur est patente : si Unité Populaire réalise un score modeste (entre 4,5 % et 5 % des intentions de vote), c'est suffisant pour peser sur l'élection et sur le score de Syriza. Si on additionne les intentions de vote de Syriza et Unité Populaire, on obtient 34 % environ, soit un niveau assez proche des 36 % de janvier. La scission de la gauche de Syriza est donc un désastre pour ce parti. Alexis Tsipras a, là encore, surestimé sa position personnelle, pensant qu'il rallierait sur son simple nom et sur son caractère affirmé de « gauche », l'essentiel des électeurs de Syriza.

Enfin, dernière erreur, l'ancien premier ministre grec a sous-estimé la déception de l'opinion, notamment après le référendum du 5 juillet. Beaucoup de Grecs refuseront de participer au vote, estimant non sans raisons que ce rituel démocratique est devenu caduc en Grèce. Et ce sera autant de voix qui manquera à Syriza.

Nouvelle crise politique

Au final, le parti d'Alexis Tsipras devrait payer un lourd tribut à ces erreurs tactiques. La première place signifie le gain de 50 des 300 députés de la Vouli. C'est un bonus qui permet souvent, sinon d'être majoritaire, du moins d'être en position de force pour négocier une coalition. En réalité, si la situation n'évolue pas, la Grèce risque de se retrouver sans réelle majorité, comme en mai 2012.

Ni Syriza, ni l'alliance ND-Pasok-Potami ne pourront alors se retrouver capables de former une coalition. Alexis Tsipras devra alors choisir entre une « grande coalition » qui finira de détruire son dernier argument, celui d'un « gouvernement de gauche » ou de nouvelles élections, les cinquièmes en trois ans et demi. Et il est peu probable qu'alors, Syriza n'en sorte victorieuse.

En voulant appliquer tranquillement « son » mémorandum, Alexis Tsipras a sans doute signé outre l'affaiblissement de son parti, l'ouverture d'une nouvelle crise politique en Grèce. Quant aux créanciers, ils seront payés de la monnaie de leur pièce : en voulant ignorer le résultat des élections de janvier, ils ont semé les graines d'un désaveu du politique dans un pays qui n'en a guère besoin.

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Commentaires
a écrit le 05/09/2015 à 11:59 :
J'oubliais ... les affreux "créanciers" ... c'est nous !

A savoir les contribuables des autres pays européens ... ce qui inclut notre camarade Godin.

Oups ... j'aurais pas du dire cela du coup il va se défouler sur les affreux allemands ..
a écrit le 05/09/2015 à 8:50 :
"Quant aux créanciers, ils seront payés de la monnaie de leur pièce " : il peut pas s'en empêcher Romaric.

Un brin d'optimisme que diable !

Attendons la "rentrée" du FMI dans ce dossier en octobre, Lagarde a déjà annoncé la couleur : la dette grecque n'est pas tenable. Elle ne veut plus remettre de sous au pot si les états européens ne renoncent pas à une partie de leurs créances car elle aussi a des comptes à rendre aux pays du monde qui ont cotisé au FMI. Pas folle la guêpe !

Pour le moment Merkel et Hollande (qui ont eux aussi compris ne les sous-estimons pas) veulent chacun maintenir cette illusion pendant 3 ans supplémentaires pour des raisons électoralistes. De ces cerveaux fertiles est donc né le concept du "prêt sans intérêts".

Je suis pas sûr que le FMI veuille en jouer. Lagarde voit bien que ce nouveau gadget politique ne tiendra pas à moyen terme et surtout ... elle aussi veut se faire réélire. Sa gestion du dossier grec et son origine européenne pourraient bien être le grain de sable qui l'en empêcheraient.

Qu'est ce qu'il disait déjà Churchill ?
La démocratie est le pire des systèmes à l'exception de tous les autres.
a écrit le 04/09/2015 à 9:28 :
J'aurai plutôt titré > "pourquoi Syriza risque la victoire"
a écrit le 03/09/2015 à 19:25 :
On verra les résultats finaux mais je suis assez surpris des faibles scores des partis euroseptiques/anti UE. Autour de 15% cumulés visiblement.
Comme si la Grèce en plein désarroi economique, face à une défi migratoire insensé et qui a payé d'une guerre civile et d'une dictature son attachement au bloc occidental pendant la guerre froide nous rappelait à quel point l'UE a de la valeur.
Réponse de le 03/09/2015 à 20:17 :
Les eurosceptiques grecs ont du mal car le champ médiatique est barré à dessein par un environnement strictement europeïste qui ne cesse d'agiter des peurs -chez eux comme ici- et d'interdire l'idée même de débats..!! Ce que l' UPR qualifie de dogme européïste sinon de quoi s'agit-il..?
Réponse de le 04/09/2015 à 15:48 :
Votre commentaire est tres pertinant. Je pense aussi que ces niveaux vont croître quand la campagne battra son plein. On estime a environ 35%-40% le nombre de grecs souhaitant sortir de la zone euro.
a écrit le 03/09/2015 à 18:54 :
Defaite de Tzypras? Eh bien finalement une bonne nouvelle, il y a un peu d'espoir
a écrit le 03/09/2015 à 18:38 :
Attention, comme c'est l'Europe a la manoeuvre il a du soucis a se faire Tsipras avec ce que ces malheureux grecs vont prendre dans la"gueule" c'est etre inconscient de penser etre élu......
a écrit le 03/09/2015 à 17:23 :
@ jb sur mon post de 13:42
Varoufakis est bien loin de quitter la politique. Il ne sera pas candidat à l'élection législative certes, mais ne peut-on faire de la politique qu'en terme de poste ou d'élection ? Il est au contraire très actif et milite pour la création d'un réseau pan-européen qui aura pour objectif la restauration de la démocratie au sein de la CE.
a écrit le 03/09/2015 à 16:37 :
M Godin donne toujours une autre dimension que celle europeïste figée qui se lit quasi tous les jours dans quasi tous les journaux .. Un ..désordre apprécié dans cette mornitude journalistique..
a écrit le 03/09/2015 à 16:24 :
mais bon dieu de bon dieu pourquoi la Grèce voulait veut absolument de rester dans la zone euro? Le fromage est trop gras? Dégage
Réponse de le 04/09/2015 à 0:01 :
Parce que la Grèce a compris que c'est l'€ ou le tiers-monde.
a écrit le 03/09/2015 à 15:28 :
Je remercie M.Godin pour cet article comme d'habitude de qualité.
Mais je ne suis pas d'accord pour opposer aujourd'hui les "xénophobes" et ce qu'il faudrait appeler les "xénophiles", partisans idéologiques et inconditionnels de l'immigration. Cette logique conduit à un affrontement.
Je pense qu'aucun peuple ne peut être d'accord avec la proposition d'un monde sans identité, sans couleurs, et livré à la seule loi du marché économique.
Il est urgent d'admettre que cette proposition ne répond ni aux besoins ni aux aspirations supérieures des peuples.
Le parti de la nouvelle démocratie (comme en France l'UMP) cherche à récupérer le mécontentement populaire pour empêcher que ce mécontentement aille à Aube Dorée.
C'est encore reculer pour mieux sauter.
Le désarroi du peuple grec et la baisse de popularité de Syriza n'est qu'un début avant une révolte généralisée de la jeunesse et du peuple.
La seule solution est d'arrêter maintenant ce processus et d'organiser un référendum dans chaque nation avant une refondation totale de la construction européenne.
Ou bien ce seront les nationalismes qui reprendront le pouvoir et, si l'UE actuelle voulait se maintenir malgré tout, ce serait au prix d'une terrible dictature.
Réponse de le 03/09/2015 à 16:15 :
@Herakles: "aspirations supérieures des peuples", faut arrêter le manuel mon gars :-) Chacun défend ses propres intérêts et la loi du plus fort est toujours la meilleure. Le peuple grec n'est pas plus en désarroi que le peuple français. Quand on a tous bac +2 sans savoir ni lire, ni écrire correctement, c'est la démagogie qui l'emporte sur ce tas d'idiots...diplômés, excusez du peu mesdames et messieurs :-)
Réponse de le 03/09/2015 à 18:14 :
@Réponse de Patrickb
Votre arrogance n'a de limite que votre sotte suffisance!
Vous vous prenez pour un aigle, mais vous n'êtes qu'un dindon...
a écrit le 03/09/2015 à 14:15 :
L'article est très bien, mais traiter un parti de "xénophobe" sous prétexte qu'il refuse que des centaines de milliers de migrants franchissent, au mépris des lois, ses frontières - élément de souveraineté s'il en est - peut sembler quelque peu, sinon excessif, du moins très partisan et spécieux. A ce compte-là, il y a beaucoup de xénophobes.

J'apprécie énormément mes voisins, mais s'ils s'installaient chez moi, je les mettrais à la porte : M. Godin me traiterait-il alors de misanthrope ? On n'est pas plus misanthrope d'expulser des voisins qui s'installent chez soi sans avoir demandé la permission qu'on est xénophobe de ne pas vouloir que des migrants s'installent chez soi sans avoir demandé la permission à personne.

En l'occurrence, c'est aux Grecs de choisir leur politique, pas à des gens qu'ils n'ont jamais élus, tels les fonctionnaires de Bruxelles : M. Godin nous le rappelle sans cesse. Cela vaut aussi pour les questions migratoires. C'est aux Grecs qu'il revient de décider qui s'installe en Grèce, pas à des gens qu'ils n'ont jamais élus, tels certains journalistes parisiens.

La Grèce est le pays des Grecs : ils y sont chez eux, ils doivent y être souverains. S'ils ne veulent pas accueillir de migrants, c'est peut-être une erreur, mais c'est leur droit le plus strict, et il serait bon de le respecter. Les Etats européens ne sont pas des ONG.
Réponse de le 03/09/2015 à 14:50 :
Très bien, mais alors 0 € d'aide européenne pour la Grèce et obligation de visa pour tous qui veulent venir de ce pays dans l'UE.
Réponse de le 03/09/2015 à 23:50 :
@jb : tout comme il y a obligation de visa pour tous ceux qui veulent par exemple aller de France aux États-Unis, et plus généralement de France dans la majorité des pays du monde. Où est le problème ?
a écrit le 03/09/2015 à 13:42 :
Nous n'avons donc pas fini d'entendre parler de Schaüble et de Varoufakis. Jamais la dette ne sera remboursée. La sortie de la Grèce de l'euro-zone reste d'une brulante actualité et j'ose espérer que Varoufakis se prépare activement à mettre en œuvre son plan B car celui-ci de toute évidence semble inéluctable. Le reste n'est que politicaille de bas étage.
Réponse de le 03/09/2015 à 15:05 :
Varoufakis se prépare activement à la fin de sa carrière politique. Il n'est plus candidat aux élections.
Réponse de le 04/09/2015 à 0:04 :
Au vu de la mouise noire dans laquelle il a replongé la Grèce, je doute même qu'il retrouve un poste de professeur dans une université quelconque. De toutes façons la place de Varoufakis est devant un tribunal pour haute trahison et sabotage économique.
Réponse de le 05/09/2015 à 11:41 :
Ah le fameux plan B !

Curieux, j'ai bien écouté Varoufakis et Godin, je n'ai toujours pas compris ce que c'était. Je n'ai même pas compris s'il incluait ou non une sortie de l'euro. Montebourd malgré sa récente formation à l'INSEAD et Mélanchon ne savent pas non plus.

Chimère quand tu nous tiens ...
a écrit le 03/09/2015 à 13:35 :
Tsipras a joué un jeu personnel très dangereux pour son pays. A une activité en voie de réforme lente il a laissé croire à une réforme globale sous sa conduite. En interne il a préparé un plan B d'épreuve de force pour donner le change révolutionnaire mais auquel il ne croyait pas du tout. Devant la résistance sa posture fût alors de tenter de passer pour une victime, comme l'ensemble des grecs, et ainsi de se fondre avec le pays mais à sa tête pour longtemps. Son plan d'orgueil n'a pas marché : les européïstes en ont profité pour sortir la trique pour ne plus négocier faussement mais réformer radicalement en imposant une tutelle serrée. Reste à définir le niveau de complaisance correspondant à la montée de Tsipras allié des nationalistes d'Aube Dorée sans que cela pose le moindre problème à quiconque. Est-il simplement l'idiot utile ou un complice plus engagé des européïstes ? Après avoir présenté ses excuses façon Hollande, la similitude est frappante, comme preuve de sa sincérité, il brigue bien rapidement un renouvellement comme l'homme qui veillera au grain. Las, les dégâts financiers de cette fumisterie ont été considérables dans la population tandis que le pays restera humilié par sa faute à tout jamais et que le train de réformes s'applique sans délai. Les grecs ont pu penser un moment que leur ancienne direction les trompait, ils s'aperçoivent que non. Il est souhaitable et probable qu'ils décident de tourner définitivement la page pour tenter d'oublier le cauchemar mais aussi de re-lisser les mesures en vue, à l'ancienne en votant utile. S'il avait un peu d'honneur Tsipras ne forcerait pas ses concitoyens à, en quelque sorte, se dédire aussi ouvertement en si peu de temps, autre affront qui leur est infligé, il partirait. Mais comme disait un humoriste pour la honte, l'honneur, il s'arrange avec.
a écrit le 03/09/2015 à 13:21 :
La nomination de M. Tsipras à la tête du gouvernement d’Athènes avait de quoi faire pleurer de rire les organisateurs de cette manipulation, qui sont encore parvenus, par le matraquage médiatique, à faire prendre aux électeurs grecs des vessies pour des lanternes.

L’UPR rappelle en effet que le dirigeant de Syriza ne propose absolument pas aux Grecs, ni de sortir de l’UE ni de sortir de l’euro, et ne propose donc aucune issue crédible à la mise en coupe réglée de la Grèce qui découle des contraintes des traités européens et des exigences de la BCE.


Lorsque les flonflons du cirque médiatique se seront éteints, ils se rendront compte que l’élection de M. Tsipras :

ne modifie pas le moindre article des traités TUE et TFUE,
n’infléchit pas la moindre décision de la Commission européenne et de la BCE,
ne change pas d’un iota la politique économique et monétaire voulue par les gouvernements de l’Allemagne, de la Finlande, des Pays-Bas et du Luxembourg,
ne remédie en rien à la totale inadéquation de l’économie, du tissu industriel, et du corps social grecs à l’euro,
n’arrête en rien la diplomatie guerrière que Washington impose à l’UE vis-à-vis de la Russie et du reste du monde.

Voilà, c'est fait et comme nous le disions petits, Tsipras s' est fait "poté" les doigts dans le pot de confiture, Syriza est un parti leurre, ça se voit et ça se ..sait !..
Réponse de le 03/09/2015 à 19:55 :
Quand on pense que le FN portait SYRIZA aux cieux..!
Réponse de le 06/09/2015 à 9:07 :
Eh oui, chez les révolutionnaires pas de demi-mesure : on passe du statut d'idole au statut de pestiféré en une nuit. Il ne peut y avoir qu'une vérité.

On a vu cela sous Robespierre, Staline, Mao ...

C'est assez grégaire.
a écrit le 03/09/2015 à 13:17 :
Il a trahi ceux qui avaient cru en lui.. Il a même travaillé avec les financiers.. quelle habile manœuvre de la part de ceux qui tirent les ficelles du monde! Les grands marionnettistes de la finance.. toujours gagnants
Réponse de le 03/09/2015 à 15:11 :
Comment fait-on pour ne pas travailler avec les financiers ? Retour au troc ?
a écrit le 03/09/2015 à 13:08 :
Le premier théologien de la Vérité Révélée, à savoir Nantes44, vient de frapper !
Godin se base sur les faits lui, pas sur des fantasmes... A part ça, si ce sont les mêmes sondeurs qui avaient prévus la victoire écrasante du oui lors du référendum...
Réponse de le 03/09/2015 à 19:34 :
Désolé Monsieur Picnicdouille, M. Godin se base sur quelques faits qu'il déforme allègrement pour servir son propos.

Un exemple parmi tant d'autres tirés de ce seul texte, il additionne les intention de votes (qu'il qualifie de votes, avec mépris pour la démocratie) des trois principaux partis anti austérité et en déduis que moins de 20 % des grecs sont contre le nouveau mémorandum. Il laisse ainsi malhonnêtement le lecteur en déduire que 80 % des grecs sont pour. Il passe de côté le fait que 61 % s'y sont déjà opposés et que dans les 39 % qui ont consenti à s'y soumettre, une grande partie l'ont fait la peur au ventre, parce qu'on leur a dit que c'était voter pour ou contre l'euro, ou pour ou contre l'Europe... Bien sûr, une fois le résultat tombé, et en cas de victoire du oui, on aurait tôt fait d'oublier ceci...
Bref, sur ces 80 % ce cher Godin oublie de dire que certains sont indécis, d'autres voteront Tsipras en se disant qu'il vaut mieux qu'il soit appliqué par l'extrème gauche (qu'on soit d'accord ou non avec ce point de vue, il est clair que certains le voient ainsi), d'autres n'iront pas voter, d'autres voteront pour l'austérité en pensant que c'est un moindre mal...
Pourquoi n'additionne-t-il pas les intentions de vote de ND, du Pasok et de Potami pour un contre point ??? Et même là, pensez-vous réellement que tous approuvent à fond les mémorandums ???
Il se contredit lui même un peu plus loin en expliquant que la plupart des anti-austérité iront à la plage le 20 septembre plutôt que de voter. Tiens . Ils ne votent plus pour la troika UP, PCG, AD ???

Voilà, il y a bien quelques analyses correctes dans ce texte, mais elles sont bien rares et le reste est un tas de sottises présentées avec des arguments bien déformés...
a écrit le 03/09/2015 à 13:04 :
On parle peu du pkk dans les médias... pourtant une alternative populaire et non xénophobe au mémorandum
a écrit le 03/09/2015 à 12:47 :
Sir Godin est de retour, comme toujours la vérité déformée.
"L'économie grecque a été mise à rude épreuve à partir de fin juin lorsqu'a été établi le contrôle des capitaux. Le pays est épuisé et tente de retrouver une certaine normalité. "
Pour rétablir la vérité comme toujours partielle chez Mr Godin, la mise en déconfiture économique de la Grèce remonte à avant juin. Elle est consécutive du blocage des négociations avec les créanciers suite à l'attitude ubuesque des autorités Grecques. Cette situation a entrainé la fuite des capitaux provoquant elle même la crise post juin avec le rejet du plan suite au référendum provoqué par ce même pouvoir. Quand on joue avec le feu on s'y brule un peu les ailes. D'un redressement annoncé de la croissance pour 2015 on tombe à une récession. Bravo Mr Tsipras pour votre action politique qui restera dans l'histoire.
Réponse de le 03/09/2015 à 13:07 :
La récession en Grèce a re-commencé fin 2014, donc pas à l'arrivée de Syriza.

Oui, vous avez raison, l'attitude "ubuesque" des autorités grecques qui ont eu (Ô scandale !) la désinvolture de vouloir appliquer ce qu'ils ont proposé dans leur programme !!! Programme pour lequel ils ont été élus !
Il faudrait revoir votre définition d'ubuesque, Ubu étant un despote votre adjectif est on ne peut plus mal placé.

Vous avez raison, il aurait dû faire comme Hollande : promettre une négociation européenne et se coucher une fois au pouvoir...
Réponse de le 03/09/2015 à 18:22 :
@nantes44
"vérité déformée" il n'y a de vérité dans aucun domaine et encore moins en politique, il n'est question ici que d'opinions, comme vous avez la votre, Godin a la sienne..
alors un peu de modestie quand vous parlez de "rétablir la vérité".. Vous ne voyez pas que vous êtes ridicule?
on peut comprendre que vous ayez besoin de vous défouler... mais votre "vérité s'arrête là.
.
Réponse de le 03/09/2015 à 19:19 :
@Alou : programme financé par l'argent des autres. Promettre que les autres pays européens dont certains plus pauvres que la Grece vont payer pour augmenter les salaires et retraites, celà relève du grand délire ou du foutage de gueule pur et simple.
Réponse de le 03/09/2015 à 21:33 :
Cher @Alou et @Oreste06, je lis les articles de Mr Godin depuis bien longtemps et analyse parfaitement ses propos. La version que je donne est fondée. Quant au déclin de la Grèce cela remonte effectivement à fin 2014 avec les incertitudes politiques mais cela a empiré au premier semestre 2015 (si j'avais été Grec je pense que j'aurai aussi vidé mon compte en Banque dans cette période devant cette situation ubuesque):
Ubuesque : Définition : Totalement absurde.... comme par exemple le débiteur qui impose ses conditions aux créanciers ... ou le spécialiste de la théorie des jeux qui joue joue et se fait traiter de gamin ou encore le pouvoir qui fait un référendum pour faire pression sur les créanciers. Si vous ne comprenez pas mes propos ne les commentaient pas et gardez vos vérités moi je garde les miennes.
Réponse de le 09/09/2015 à 17:04 :
@nantes44 : je sais très bien ce que signifie ubuesque, pour le coup le sens figuré était totalement en décalage avec le sens propre, ce qui donnait un côté "ubuesque" à votre propos...

@emmsimon : Ca n'a pas l'air de vous chagriner quand les actionnaires demandent des baisses de salaires ou des suppressions d'emploi pour garder leurs dividendes (Sanofi et consorts...). C'est pourtant pour le coup un véritable transfert des plus pauvres vers les plus riches !

Sinon la Grèce était en excédent primaire, ce n'était donc pas "l'argent des autres". Enfin, tout ceci est économiquement ridicule, ça ne marchera pas, on va en reparler d'ici un an voire moins, et on va encore risquer l'explosion de l'euro à cause d'un problème tout à fait périphérique ! Un peu de realpolitik ça ne ferait pas de mal !

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