Grèce : S&P pourrait relever la note de la dette
latribune.fr

L'agence de notation S&P a signalé vendredi qu'elle pourrait relever encore la note du pays dans les deux prochaines années.
Reuters
latribune.fr

L'agence de notation S&P a signalé vendredi qu'elle pourrait relever encore la note du pays dans les deux prochaines années.
Reuters
Bonne nouvelle pour la Grèce. L'agence de notation S&P a signalé vendredi qu'elle pourrait relever encore la note du pays dans les deux prochaines années. La perspective de la note de la dette grecque est ainsi relevée, à positif. La note elle-même est maintenue à BBB-/A-3, dans la catégorie des « investissements adéquats », dans laquelle elle se trouve depuis six mois.
Le ministre grec de l'Economie, Kostis Hatzidakis, a aussitôt réagi, voyant dans l'annonce de l'agence de notation « une preuve supplémentaire que les efforts de la Grèce portent leurs fruits ».
D'autant que S&P a averti que la perspective pourrait revenir au niveau stable, signalant alors qu'aucun changement de la note n'est envisagé, « si la performance budgétaire de la Grèce et les déséquilibres extérieurs, dus notamment au déficit élevé du compte courant, se détérioraient sensiblement au-delà de nos attentes ».
S&P avait été en octobre la première des trois grandes agences mondiales de notation à relever l'appréciation de la note grecque, la sortant de la catégorie spéculative pour la première fois depuis 2010 et la crise de la dette. Elle avait été suivie par Fitch en décembre. Cette dernière avait relevé la note de de BB+ à BBB-, avec une perspective « stable », plaçant le pays en catégorie dite « d'investissement ».
Le chemin de la Grèce a été long après avoir subi huit années d'austérité dans le cadre de trois plans de sauvetage internationaux successifs, d'une valeur totale de 289 milliards d'euros (306 milliards de dollars), mis en place en 2010, 2012 et 2015 pour éviter que le pays ne s'effondre sous le poids d'une dette de quelque 300 milliards d'euros. Pendant la crise économique, la Grèce avait alors subi une série de dégradation de sa note par les agences de notation, ce qui l'avait privée d'un accès aux marchés obligataires internationaux.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Les réformes économiques exigées par les créanciers de la Grèce, l'UE et le FMI, ont eu un impact majeur, réduisant le produit intérieur brut (PIB) d'un quart en huit ans et faisant grimper le taux de chômage à plus de 27%. Le troisième plan de sauvetage a pris fin en août 2018.
Selon les données officielles, l'économie grecque a connu une croissance de 5,6% en 2022, soutenue principalement par le plan européen de relance après la pandémie de Covid-19 et par une excellente saison touristique.
L'estimation de Fitch est, elle, de 2,4% pour la croissance du PIB en 2023 et les deux années à venir. Fitch a également mis en avant « la baisse record de la dette publique de 65 points de pourcentage du PIB, passant de 205 % pendant la pandémie à 160,8 % cette année (en 2023, NDLR) et à 141,2 % d'ici à 2027 ».
À lire également
En France, le couperet des agences de notation tombe bientôt : Fitch et Moody's le 26 avril, et surtout S&P le 31 mai. Une dégradation de la note de la France pourrait entraîner une hausse des taux d'intérêt auxquels le gouvernement se refinance sur les marchés et rendre plus difficile la gestion de la dette.
Et les chiffres du déficit ne sont pas bons. Le déficit public pour 2023 atteint à 154,0 milliards d'euros, soit 5,5 % du produit intérieur brut (PIB), d'après les chiffres de l'INSEE. Ce n'est cependant pas la première fois qu'il excède les 5% : le déficit avait en effet grimpé à 6,4% en 1993, 7,2% en 2009 et même 9% en 2020. La dette publique française atteint, elle, 110,6% du PIB fin 2023, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques. C'est moins qu'en 2022, où elle s'affichait à 111,9%, mais presque un point de pourcentage au-dessus de la prévision du gouvernement (109,7%).
Alors qu'a débuté la campagne pour les élections européennes du 9 juin, les oppositions dénoncent ce dérapage des finances publiques qui, selon elles, ne saurait être imputé qu'à la seule détérioration de la conjoncture économique. Le patron des Républicains Eric Ciotti a dénoncé fin mars la « situation dramatique » des finances publiques françaises et prévient que le pays « emprunte le même chemin que la Grèce », dans une interview au journal Les Echos mise en ligne mardi soir. Il s'attend ainsi à ce que les agences de notation dégradent « vraisemblablement » dans les prochaines semaines la note du pays.
Néanmoins, Fitch, qui avait abaissé de AA à AA- la note souveraine de la France en avril 2023 a estimé début avril que « toute autre action de notation négative dépendrait d'une nouvelle aggravation importante de l'endettement public, ce que nous considérons comme improbable ».
(Avec AFP)
latribune.fr