Le gouvernement s'est engagé à ne pas augmenter les impôts des classes moyennes pour réduire le déficit public de la France. Initialement prévu à 4,9% du PIB, ce dernier a atteint 5,5% en 2023, bien au-delà des 3% réglementaires. Aux yeux des économistes interrogés par La Tribune, miser uniquement sur une réduction des dépenses publiques pourrait tout de même faire porter les efforts sur ces classes moyennes. Explications.Les classes moyennes vont-elles devoir passer à la caisse ? Le gouvernement cherche des mesures d'économies après que l'Insee a annoncé un dérapage du déficit public français à 5,5% du PIB en 2023. Pour rappel, dix milliards d'euros d'économies avaient déjà été actés en début d'année pour 2024. En outre, 20 milliards de coupes ont été annoncées pour 2025. Le coup de rabot ne devrait pas s'arrêter là : des « économies supplémentaires » seront nécessaires dès 2024, a averti Bruno Le Maire.
L'exécutif a toutefois, d'ores et déjà, tracé une ligne rouge : pas de hausses d'impôts. La semaine dernière, le ministre de l'Economie s'est redit « opposé à toute augmentation d'impôt » en France.
«On peut parfaitement faire des économies sur la dépense publique sans aller piocher dans les poches des Français et je reste totalement opposé à toute augmentation d'impôts sur nos compatriotes», a martelé Bruno Le Maire au micro de RTL, le 26 mars dernier.
Une position confirmée dès le lendemain par le locataire de Matignon. Au micro de TF1, Gabriel Attal a affirmé avoir « deux lignes rouges » : « Ne pas augmenter les impôts des classes moyennes des Français qui travaillent ou des Français qui ont travaillé toute leur vie et qui gagnent toujours un peu trop pour avoir des aides, mais jamais assez pour pouvoir s'en sortir convenablement tout seuls », ni ceux « pour ce qui permet de financer le travail des Français ».
«Seule la classe moyenne va participer»
Est-ce à dire que les classes moyennes seront épargnées, y compris en cas de réduction des dépenses publiques ? « Faire porter l'effort sur la dépense publique, donc uniquement sur les ménages qui en bénéficient, ça ne peut pas fonctionner », estime l'économiste Éric Heyer, contacté par La Tribune.