Italie : la réforme du droit du travail de Renzi semble porter ses premiers fruits

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Les données diffusées par l'Inps affirment que nous sommes sur le bon chemin contre la précarité et le Jobs Acts est une occasion à ne pas rater, surtout pour notre génération, a affirmé le président du Conseil des ministres.
"Les données diffusées par l'Inps affirment que nous sommes sur le bon chemin contre la précarité et le Jobs Acts est une occasion à ne pas rater, surtout pour notre génération", a affirmé le président du Conseil des ministres. (Crédits : © Francois Lenoir / Reuters)
Pendant le premier semestre 2015, les souscriptions de nouveaux contrats à durée indéterminée ont augmenté de 36% par rapport à la même période de 2014, relève l'Institut national de la prévoyance sociale. "L'Italie repart", se réjouit Renzi.

Matteo Renzi aurait-il gagné l'un des paris les plus emblématiques de la ligne réformiste de son gouvernement? S'il est sans doute encore trop tôt pour formuler un bilan définitif de son Jobs Act, la réforme du droit du travail progressivement adoptée entre 2014 et 2015, le chef du gouvernement italien peut certainement se réjouir des chiffres rendus publics ce mardi 11 août.

Les conversions d'anciens contrats précaires en CDI croissent de 30,6%

Selon l'Observatoire de la précarité de l'Institut national de la prévoyance sociale (Inps) italien, le premier semestre 2015 a en effet vu les nouveaux contrats à durée indéterminée (CDI) augmenter de 36%, et les conversions d'anciens contrats précaires en CDI croître de 30,6%, par rapport à la même période de 2014.

Or, la nouveauté la plus importante et contestée de la réforme consistait justement dans l'introduction d'un nouveau type de contrat à durée indéterminée mais "à garanties croissantes", puisqu'il prévoit que le licenciement, facilité pendant 3 ans, devienne de plus en plus compliqué et coûteux ensuite. L'objectif était d'encourager les entreprises à abandonner la pratique -devenue un fléau social en Italie- de la souscription de contrats précaires. La mesure impliquait la suppression du fameux article 18 du statut des travailleurs qui, permettant une réintégration des salariés licenciés abusivement, était devenu le symbole aux yeux du patronat de la "rigidité" du marché du travail italien. Des incitations fiscales aux embauches en CDI ont par ailleurs été prévues.

Quatre recrutements sur dix en CDI

Dans son dernier rapport, l'Inps relève aussi que le nombre des contrats d'apprentissage a baissé de 9% et que celui des contrats à temps déterminé est resté stable (-0,5%). Plus significatif encore, pendant les premiers six mois de 2015, la variation nette entre la souscription de nouveaux contrats de travail et la rupture d'anciens a crû de 62,1% par rapport à la même période de l'année précédente.

Au total, en tenant compte des rapports de travail nouveaux comme transformés, le taux de recrutements en CDI (sur l'ensemble des embauches) est passé de 33,6% à 40,8% entre le premier semestre 2014 et la même période de 2015. De surcroît, 63,4% des recrutements s'est fait à temps plein, soit 1,1% de plus qu'entre janvier et juin 2014.

Renzi galvanisé

Renzi n'a évidemment pas manqué de se réjouir de ces chiffres.  "Les données diffusées par l'Inps affirment que nous sommes sur le bon chemin contre la précarité et le Jobs Acts est une occasion à ne pas rater, surtout pour notre génération", a affirmé le président du Conseil des ministres, cité par le quotidien Il Sole 24 Ore. Sur son compte Twitter, le chef du gouvernement s'est par ailleurs adressé sarcastiquement à ses détracteurs -en citant une célèbre chanson italienne (de Franco Califano) des années 70: "C'était quoi l'histoire du Jobs Act qui ferait croître la précarité? L'Italie repart, tout le reste n'est qu'ennui".

Jusqu'à présent, l'Institut national de statistique (Istat) de la péninsule avait toutefois appelé à la prudence sur le court terme, constatant que "aujourd'hui les effets du Jobs Act semblent surtout se manifester sur les stabilisations des contrats précaires", rappelle Il Sole 24 Ore. En juin, l'Italie enregistrait par ailleurs une augmentation de 0,3% par rapport à un an plus tôt du taux de chômage, qui s'établissait à 12,7%. Celui des jeunes atteignait même un record historique, de 44,2%.

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a écrit le 10/03/2016 à 16:09 :
Embaucher des fonctionnaires? Chiche ? Avec les 40 milliards d'€ donnés au patronat pour o création d'emplois ,on aurait pu ,sur la base du salaire moyen chargé dans la fonction publique ,soit 30k€/an = 600 ooo emplois pendant 2 ans ou 1200 ooo sur 1 an ou 300 ooo sur 4 ans,etc... Au pire sans travailler et compte tenu du fait qu'avec un petit salaire net ,en ayant payé les cotisations et charges, on dépense en nourriture , loyer,vêtements ,etc.. En gros on fait tourner l'économie ,Ca ne part pas dans les paradis fiscaux! Allez faites le calcul !
Elle est pas belle la vie ? ( NB : 40 milliards, c'est 4 + 10 zéros )
a écrit le 10/03/2016 à 15:51 :
Depuis, il a été reconnu que les chiffres avaient été bidonnés ! Et il faut rappeler que le gvt a largement subventionné les CDI créés, à hauteur de 4000€/ emploi en moyenne , sur l'année . Ce type de mystification ,repris sans le moindre recul par les medias est scandaleux. Sur l'année 2015 ( les chiffres n'ont pas été communiqués ) l'augmentation du nombre de CDI serait minime , autour de 2500 ) alors que le nombre de CDD courts a explosé.
NB : pour les emplois crees sur le 1er semestre 2015, le gvt avait annoncé 420325 emplois , et a reconnu en septembre qu'il n'y en avait eu que 115897 ,soit une erreur de 300 ooo emplois !
a écrit le 12/08/2015 à 15:24 :
Oui, quand la population italienne sera en déclin encore plus avancé qu'il n'est, le taux d'adhésion à des mécanisme de paupérisation du travail seront encore plus grands, et ainsi de suite. Mais l'on peut féliciter Renzi de détruire son pays comme on l'avait fait un temps pour Berlusconi ... tant qu'il est permis de penser que tout ceci va nous profiter. Prendre en charge les économies de tous les pays d'Europe est-il possible ?
a écrit le 12/08/2015 à 14:06 :
Pourquoi ne pas embaucher des fonctionnaires avec un bon salaire pour une relance par la consommation et travaillant 30 heures pour en embaucher plus par le partage du travail? Je suis socialiste.
Réponse de le 13/08/2015 à 0:44 :
Hahaha très bon. Excellent😁😁😁. Un peu d'humour et de légèreté sont bienvenus merci. Mais pourquoi 30h? Ça fait beaucoup 30h quand même. N'est ce pas un peu trop ambitieux?😀
a écrit le 12/08/2015 à 8:43 :
Malgré toutes ces bonnes nouvelles ,le pays s'enfonce,cherchez l'erreur!Comme d'habitude,PME surtaxées et travail peu rentable au dépend du reste des profiteurs(mafias,banques,politiques,grosses boites)
a écrit le 11/08/2015 à 20:11 :
Attendons de voir d'ici 2 ou 3 ans pour voir si d'ici là la plupart des salariés embauchés de cette manière n'auront pas été licenciés puis remplacé par des salariées avec le même type de CDI. Je pronostique cela et donc le problème sera que les CDI auront été précarisés. Magnifique contre-réforme qui permettra à terme d'enlever les CDI de toute leur substance, sauf pour les cadres dirigeants, bien sûr.
Réponse de le 11/08/2015 à 22:11 :
"Attendons de voir..." : vous êtes conseillé à l'Élysée, à Matignon ou au ministère du travail ?
Parce que le principe d'attendre sans rien faire à part regarder la courbe du chômage grimper, c'est leur spécialité, au gouvernement français !!
Réponse de le 12/08/2015 à 0:31 :
Ce risque existe, surtout si le licenciement devient si couteux et compliqué passé 3 ans. Néanmoins, si le salarié s'est révélé excellent et sain, l'entreprise n'aura pas intéret du tout à le licencier. Elle a intéret à garder son personnel formé, de qualité, expérimenté, bien intégré après 3 années satisfaisantes, y compris ouvrier et employé, et a intéret à une stabilité de son personnel, et à un bon climat.
Réponse de le 12/08/2015 à 8:53 :
Évidement si vous jugez la sécurité et les droits de ce contrat à l'aune du contrat de la fonction publique francaise (emploi a vie), je comprends que fassiez la moue. c'est beaucoup moins bien.
Réponse de le 12/08/2015 à 21:28 :
Fyi, en Italie les dirigieants et manager ont tres souvent un contrat spécifique "dirigenti" permettant a l'employeur de les licencier du jour au lendemain.
C'est la contrepartie de leur rémuneration.
a écrit le 11/08/2015 à 19:04 :
I me smble que La Tribune emploie des traducteurs no qualifies. Exemple: une politique semble porter ses fruits et non pas donner !!! Ok, c'est moins cher, mais essayer quand même de respecter la langue !!!
Réponse de le 12/08/2015 à 8:40 :
"Ok, c'est moins cher, mais essayer quand même de respecter la langue !!!"TOUT EST DIT!
a écrit le 11/08/2015 à 18:01 :
En espérant que cela inspire le futur remplaçant de M. Rebsamen (qui ne l'ai pas souvent inspiré) ou alors nous resterons le dernier pays non réformé, qui laisse se poursuivre l'exode des entrepreneurs.
Réponse de le 12/08/2015 à 0:40 :
Le successeur de Rebsamen expédiera les affaires courantes. Moi Président Je ( 17 fois ) Normal 1er est en Campagne. Il doit rougir son discours pour faire le plein des voix de gauche, et etre au second tour dans 19 mois. Il n'a mené aucune réforme : La France est le seul et unique pays socialement et économiquement développé à n'avoir mené aucune des réformes accomplies par tous les autres. Il confond volontairement le mot mesure et le mot réforme. Car Il est en campagne de ré-élection depuis Mai 2012. Donc surtout pas de réforme, meme au prix du déclin et déclassement de La France : ce n'est pas son souci.
Réponse de le 12/08/2015 à 10:32 :
Pierre

Ce pays et les médias nourrissent une détestation idéologique de ces reformes, taxées de dérive social-liberal. Voir la tonalité des articles du spécialiste de "La Tribune" (un certain Pilliu?) qui ne fait pas mystère de son dedain pour tout assouplissement du code du travail.

Pour la gauche francaise :
Le chômage, c'est la misère.
Le salariat, c'est l'exploitation.

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