L'Allemagne fait volte-face et conserve deux centrales nucléaires en veille jusqu'à mi-avril 2023

Alors que l'atome devait tirer sa révérence en fin d'année outre-Rhin, après l'engagement en 2011 de l'ancienne chancelière Angela Merkel d'en sortir, le ministre de l'Economie et du Climat, Robert Habeck, a finalement annoncé que deux centrales nucléaires allaient être laissées en veille jusqu'à mi-avril 2023.
Le ministre de l'Economie et du Climat, Robert Habeck a annoncé ce lundi revenir sur l'engagement d'une fermeture des centrales nucléaires à la fin de l'année.
Le ministre de l'Economie et du Climat, Robert Habeck a annoncé ce lundi revenir sur l'engagement d'une fermeture des centrales nucléaires à la fin de l'année. (Crédits : Reuters)

Les engagements écologiques forts pris par l'Allemagne sont de plus en plus loin. Ce lundi, le ministre de l'Economie et du Climat, Robert Habeck, a annoncé que le pays va finalement laisser deux centrales nucléaires en veille jusqu'à mi-avril 2023 pour faire face à d'éventuelles pénuries d'électricité. À la suite d'un nouveau test de résistance du réseau, deux des trois centrales restantes « resteront disponibles jusqu'à la mi-avril 2023 en cas de besoin », a-t-il déclaré à Berlin.

Cette éventualité était connue. Fin juillet, le gouvernement allemand avait, en effet, indiqué qu'il réfléchissait à une prolongation des dernières centrales nucléaires, censées s'arrêter en fin d'année. Quelques jours plus tard, le chancelier Olaf Scholz, avait estimé que cela « peut faire sens » de prolonger la durée d'exploitation des trois dernières centrales nucléaires en activité en Allemagne même si elles « ne sont pertinentes que pour la production d'électricité et seulement pour une petite partie de celle-ci ». Il avait, en outre, justifié les réflexions en cours par le fait que le développement des énergies renouvelables, censées remplacer l'énergie nucléaire et le charbon, est plus lent que prévu. Et cette progression est « très différente d'une région à l'autre en Allemagne », avait-il pointé.

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Pour autant, l'idée a fait son chemin depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine qui a mis en lumière la dépendance énergétique du pays au gaz russe. Même les Verts, membres de la coalition au pouvoir, ont revu leur copie et se montrent moins catégoriques sur cette question. Le ministre de l'Economie et de la protection du climat, issu des rangs écologiques, avait admis en juin dernier, que le gouvernement s'apprêtait à faire des « choix de société très difficiles ». « Nous sommes déjà dans une situation dans laquelle l'Allemagne ne s'est jamais trouvée. Et si les livraisons de gaz russe restent aussi faibles qu'actuellement, nous allons tout droit vers la pénurie de gaz », avait-il expliqué.

Une stratégie basée sur la sortie du nucléaire

Mais cette stratégie tranche avec la ligne tenue par le pays qui comptait définitivement fermer en fin d'année ses trois dernières centrales nucléaires suite à la décision prise fin 2011 par l'ancienne chancelière, Angela Merkel. Après la catastrophe nucléaire de Fukushima, elle avait décidé de sortir son pays de cette source d'énergie très peu carbonée. Depuis dix ans, le pays a, ainsi, bâti sa stratégie sur une sortie du nucléaire. D'autant que le pays s'est fixé des objectifs climatiques ambitieux. Il entend réduire de 65% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport à 1990, et devenir neutre en carbone en 2045 - cinq ans avant l'échéance fixée par la Commission européenne pour tout le continent.

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Commentaires 3
à écrit le 06/09/2022 à 12:10
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En Allemagne comme ailleurs les décisions prises par les dirigeants se traduisent parfois par de bons résultats, voire excellents, les exemples foisonnent. Mais comme partout le résultat inverse peut aussi se produire. La perfection n’existe pas en p...

à écrit le 06/09/2022 à 8:08
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Donc les Allemands ont une stratégie sur moins d'un an en ce qui concerne la production électrique ! Ca ressemble au Macronisme ! Qui réduit le nucléaire en 2017 et fait semblant de le relancer en 2022 (mais rien n'est fait !).

à écrit le 05/09/2022 à 19:33
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Bonjour, Personnellement, je trouve moins polluants de brûler de l'atome que du charbon... Certe cela n'est que mon avis... Dans pour les cas , ils sembleraient que la coalition au pouvoir en Allemagne sois capable d'accepter des compromis du fait...

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