Énergie : l'Allemagne "pourra faire face à cet hiver", assure le chancelier
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Alors que le géant russe Gazprom a annoncé vendredi que le gazoduc Nord Stream, qui devait reprendre du service samedi après une interruption de trois jours pour maintenance, serait finalement "complètement" arrêté jusqu'à la réparation d'une turbine, Berlin se montre rassurant. Malgré la forte dépendance de l'Allemagne à son voisin de l'est en matière énergétique, le pays "pourra faire face" à un arrêt prolongé du gazoduc, a en effet affirmé dimanche le chancelier fédéral, Olaf Scholz.
Pour l'heure, les échanges ne sont toutefois pas totalement interrompus : Gazprom a indiqué qu'il allait toujours livrer 42,7 millions de mètres cubes de gaz à l'Europe via l'Ukraine, même si ces volumes ne compenseront pas ceux qui étaient attendus via Nord Stream.
Hier, le commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, avait lui aussi affirmé que l'Union européenne était "bien préparée" en cas d'arrêt total des échanges.
Et ce, grâce au stockage et aux mesures d'économie d'énergie, a-t-il précisé. De fait, les Vingt-Sept se préparent au pire depuis plusieurs mois, et ont ainsi précipité le remplissage de leurs réserves de gaz. En France, ces infrastructures souterraines sont déjà approvisionnées à 94% de leurs capacités, soit plus que l'objectif initialement fixé à ce moment de l'année. Même l'Allemagne se montre optimiste, avec 85% de remplissage, un niveau encore inespéré il y a quelques semaines.
Par ailleurs, les Vingt-Sept se sont accordés fin juillet sur un plan de réduction coordonnée de leur consommation de gaz afin de passer l'hiver. Malgré les réticences de certains Etats membres, chaque pays devra faire « tout son possible » pour réduire, entre août 2022 et mars 2023, son utilisation de gaz d'au moins 15% par rapport à la moyenne des cinq dernières années sur la même période.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

La situation reste néanmoins très tendue, et d'autres mesures sont dans les tuyaux afin d'éviter un scénario noir. L'objectif est de "poursuivre la stratégie d'une Europe unie qui travaille contre l'invasion de l'Ukraine en utilisant l'arme économique", a expliqué Paolo Gentiloni.
Vendredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait notamment estimé qu'"il serait temps" de mettre en place un plafonnement du prix du gaz importé par gazoduc depuis la Russie, appuyant ainsi une mesure prônée par le Premier ministre italien, Mario Draghi.
"Nous sommes favorables au principe d'un plafonnement du prix du gaz", a répondu auprès de l'AFP le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire, saluant la déclaration d'Ursula von der Leyen sur cette option.
Evoqués au printemps par Bruxelles et la présidence française de l'UE, ces projets d'achat de gaz en commun sont pour l'instant restés lettre morte. Pire : certains pays membres semblent même se livrer une bataille pour l'approvisionnement de la précieuse molécule, dont l'accès s'avère pour le moins stratégique. En témoigne le cas algérien : dès le mois d'avril, Mario Draghi a traversé la Méditerranée avec le patron du groupe ENI, pour signer un contrat d'achat de gaz supplémentaire dès cette année avec l'opérateur public algérien Sonatrach. De quoi laisser des miettes au président français Emmanuel Macron, en déplacement à Alger la semaine dernière.
En plus de cette question pour le moins épineuse, Bruno Le Maire a une nouvelle fois insisté sur un projet cher à la France : le "découplage entre le prix du gaz, énergie fossile, et le prix de l'électricité, énergie décarbonée", ne devrait "pas attendre la réforme du marché de l'énergie, car elle prendra des mois", a-t-il affirmé.
Reste que découpler les prix du gaz et de l'électricité à l'échelle européenne ne sera pas si simple, voire sera même impossible sans réforme profonde du marché européen de l'électricité. Et pour cause, l'Hexagone fait largement appel aux centrales à gaz pour produire ses électrons, y compris via ses importations, du fait d'une disponibilité historiquement faible de son parc nucléaire.
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Selon une première fuite, la Commission européenne envisagerait plutôt de plafonner les prix de certains producteurs d'électricité renouvelable et nucléaire, en prélevant une partie de leurs rentes, issues de la hausse des cours du gaz. Un tel mécanisme n'aboutirait pas en tant que tel à un découplage, mais permettrait de redistribuer des profits exceptionnels, pour limiter les effets de la crise.
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