La Première ministre Giorgia Meloni présente un gouvernement compatible avec Bruxelles
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Giorgi Meloni, nommée cheffe du gouvernement par le président de la République italienne ce samedi.
GUGLIELMO MANGIAPANE
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Giorgi Meloni, nommée cheffe du gouvernement par le président de la République italienne ce samedi.
GUGLIELMO MANGIAPANE
L'intronisation de Giorgi Meloni, nouvelle Première ministre de l'Italie, a eu lieu ce samedi sous les ors du palais du Quirinal, à Rome, devant le président de la République Sergio Mattarella. Après sa victoire historique aux législatives du 25 septembre, la leader du parti post-fasciste Fratelli d'Italia, elle est la première femme à occuper ce poste. Aussi, la composition de son gouvernement renseigne sur la couleur que ce parti classé à l'extrême droite va donner à sa politique nationale et, surtout, européenne.
Romaine, mère et fièrement italienne, cette ancienne admiratrice du dictateur fasciste Benito Mussolini a en effet maintes fois ouvertement critiqué l'Europe mais aussi la France d'Emmanuel Macron.
Mais au vue de son équipe gouvernementale, force est de constater que la dirigeante conservatrice a mis de l'eau dans son vin. Et de mettre en retrait de la scène politique ses anciennes alliances et partenaires de coalition (dont le chef déclinant de Forza Italia Silvio Berlusconi), et le dirigeant populiste de la Ligue antimigrants Matteo Salvini. L'ancien ministre de l'intérieur est nommé vice-Premier ministre, mais il doit se contenter du portefeuille des Infrastructures et Transports alors qu'il convoitait son ancien portefeuille, qui échoit à un technocrate.
De fait, la liste des ministres - 24 au total, dont six femmes - reflète son désir de rassurer les partenaires de Rome, inquiets face à l'arrivée au pouvoir en Italie, pays fondateur de l'Europe, du chef de gouvernement le plus à droite et le plus eurosceptique depuis 1946.
La nomination aux Affaires étrangères, avec le titre de vice-Premier ministre, de l'ex-président du Parlement européen Antonio Tajani, membre de Forza Italia, a ainsi été aussitôt saluée sur Twitter par le président du Parti populaire européen, l'Allemand Manfred Weber, comme « une garantie d'une Italie pro-européenne et atlantiste ».
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Elle-même atlantiste et favorable au soutien à l'Ukraine face à la Russie, Mme Meloni a dû affronter cette semaine les propos polémiques de M. Berlusconi, qui a affirmé avoir « renoué » avec Vladimir Poutine et imputé à Kiev la responsabilité de la guerre.
Des déclarations du plus mauvais effet qui ont obligé Mme Meloni à rectifier le tir mercredi en affirmant que l'Italie fait « pleinement partie et la tête haute » de l'Europe et de l'Otan.
Autre gage à Bruxelles, c'est Giancarlo Giorgetti, un représentant de l'aile modérée de la Ligue, déjà ministre dans le gouvernement sortant de Mario Draghi, qui hérite du portefeuille crucial de l'Economie.
Autant d'appels du pied qui ont même fait réagir le pouvoir à Bruxelles dans la foulée de la cérémonie en Italie.
Même son de cloche de la part du président du Conseil européen Charles Michel et de la présidente du Parlement européen Roberta Metsola.
Ces réactions en choeur des trois principales institutions européennes contrastaient cependant avec le silence assourdissant des grandes capitales européennes Berlin, Paris et Madrid.
Le très conservateur Premier ministre hongrois Viktor Orban, bête noire de Bruxelles, a été l'un des seuls dirigeants européens à féliciter Mme Meloni, saluant « un grand jour pour la droite européenne ».
Au moment où la troisième économie de la zone euro affronte, comme ses voisins, une situation économique difficile due à la crise énergétique et à l'inflation, la tâche de Mme Meloni s'annonce ardue, d'autant qu'elle devra veiller à l'unité de sa coalition qui montre déjà des fissures.
L'inflation dans la péninsule a augmenté en septembre de 8,9% sur un an et l'Italie risque d'entrer en récession technique l'an prochain, au côté de l'Allemagne.
Les marges de manœuvre de Rome sont en outre limitées par une dette colossale représentant 150% du produit intérieur brut (PIB), le ratio le plus élevé de la zone euro après la Grèce.
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Eurosceptique notoire, Mme Meloni a renoncé à militer pour une sortie de l'euro, mais elle a promis de défendre davantage les intérêts de son pays à Bruxelles. Et ce alors que la croissance dépend de près de 200 milliards d'euros de subventions et de prêts accordés par l'Union européenne dans le cadre de son fonds de relance post-pandémie.
(Avec AFP)
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