La Roumanie se voit "adopter l'euro dans cinq ans"

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Un enfant regarde à travers un drapeau européen lors d'une manifestation organisée à Bucarest, en Roumanie, pour célébrer le 60e anniversaire du traité de Rome.
Un enfant regarde à travers un drapeau européen lors d'une manifestation organisée à Bucarest, en Roumanie, pour célébrer le 60e anniversaire du traité de Rome. (Crédits : Photos/Octav Ganea/via REUTERS)
Dans une interview, le ministre des Affaires étrangères roumain a expliqué que le pays "respecte déjà tous les critères formels" pour adopter la monnaie européenne. Mais la Roumanie, pays parmi les moins favorisés de l'Union européenne, souhaite d'abord "tenir compte de l'effet négatif que cela aurait pour les revenus des plus pauvres".

Quinze ans après avoir adhéré à l'Union européenne, la Roumanie se verrait bien rejoindre la zone euro. Le pays, qui affiche l'une des plus fortes croissances de l'UE pourrait "adopter [la monnaie européenne] dans cinq ans, en 2022", quand auront augmenté les revenus de la frange la plus pauvre de sa population, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Teodor Melescanu dans une interview accordée lundi au journal polonais Rzeczpospolita.

"On respecte déjà tous les critères formels, on serait en mesure de rejoindre l'union monétaire demain si on voulait. Mais nous voulons tenir compte de l'effet négatif que cela aurait pour les revenus des plus pauvres, des retraités", explique-t-il dans l'entretien

La Lituanie est le dernier pays en date à avoir rejoint la zone euro, faisant passer en 2015 le nombre de membres à 19. Pour adhérer à la zone euro, il est nécessaire de remplir plusieurs critères économiques, dits "de convergence", notamment un taux d'inflation "ne dépassant pas de plus de 1,5 % celui des trois États membres présentant les meilleurs résultats", un déficit public inférieur à 3% du PIB et une dette publique inférieure à 60% du PIB.

Un pays parmi les plus pauvres de l'UE

La Roumanie, qui compte 21,4 millions d'habitants, devrait afficher cette année une croissance de 5,5 ou 5,6%, selon Teodor Melescanu. Mais le pays est aussi l'un des plus pauvres de l'Union européenne : en 2015, plus d'un tiers de la population (37,4%) se trouvait en risque de pauvreté ou d'exclusion sociale, selon Eurostat. Un chiffre toutefois en nette diminution par rapport à 2007, année de son adhésion à l'UE, où il s'établissait à 47%. En 2016, un habitant sur dix vivait sous le seuil de pauvreté dans ce pays qui en compte 20 millions.

Désireux de poursuivre cet effort, le gouvernement a lancé début 2016 un vaste plan de lutte contre la pauvreté doté de un milliard d'euros, dont une majorité pourrait provenir de fonds européens. D'ici à 2020, 580.000 personnes devraient ainsi sortir de la pauvreté. La grosse partie des investissements devrait être dédiées à la santé et à l'éducation, deux domaines dans lesquels le pays penche profondément.

"La pauvreté en Roumanie semble d'avantage fondé sur des retards structurels, notamment dans le domaine de l'éducation et de la santé, plutôt que des mauvaises performances économiques. Cette analyse semblerait corroborée par l'évolution du PIB/habitant sur 2007/2015, qui est en forte progression en Roumanie (+9 points à 28% de la moyenne UE en 2015), supérieur à la convergence des pays de la zone", notait en novembre 2016 une étude du service économique de l'ambassade de France à Bucarest. Et de souligner "des taux d'investissement assez faibles dans ces domaines, et cela sur le long terme" avec un investissement public par habitant (5 à 24 ans) de 0,89% du PIB pour l'enseignement (en 2013) et 0,30% pour la santé (en 2014). À titre de comparaison, ces taux étaient pour la France en 2013 respectivement de 5,493% (5,305 pour la moyenne UE) et 9,025% (7,819 pour l'UE)

(avec Reuters)

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a écrit le 28/08/2017 à 15:06 :
C'est surtout qu'ils veulent le plus longtemps possible les avantages sans les inconvénients ! Une Europe qui n'a pas de règles communes est vouée à l'échec. Il faut aligner les règles sociales et fiscales rapidement :-)
Réponse de le 10/11/2017 à 6:02 :
Comment cela? Mon pays voudrait bien recevoir autant d'aides que la France, comme par exemple la PAC... Savez-vous, mon cher, que bon nombre de vos compatriotes se sont exilés dans mon beau pays pour acheter à vil prix des terres, des vignobles réputés, des entreprises qu'ils ont transformées? "Les avantages sans les inconvénients..."Pffff... Dans chaque village roumain, tout le long des rues, vous trouverez des drapeaux européens, sur les calvaires, même, sur les monuments aux morts, partout, vous dis-je... Nous sommes beaucoup plus européens que vous, Monsieur, et le montrons! Quand il y aura des contraintes, nous ne resterons pas à râler bêtement comme beaucoup ici...
a écrit le 28/08/2017 à 12:07 :
Quand on réalise qu'en passant à l'EUro, tout a augmenté fortement, et que le prix des voitures a été multiplié par 18 par rapport au franc, sans parler des prix des logements, l'on ne peut que dire à la Roumanie de se méfier !§!
Réponse de le 28/08/2017 à 13:14 :
18 ?? Dans les années 90 une voiture bas de gamme coutait 50-60 kF maintenant c'est 9-12 k€ (et avec des équipements qui n’existaient pas à l'époque) soit presque pareil (en fait moins, si on tient compte de l’inflation). Je ne vois pas d’où vous sortez que le prix des voitures a été multiplié par 18.
a écrit le 28/08/2017 à 11:14 :
"tenir compte de l'effet négatif que cela aurait pour les revenus des plus pauvres"

Les plus pauvres roumains donc, puisque le sort des plus pauvres européens ne les inquiètent pas étant eux aussi un exportateur de main d'oeuvre à bas coût et de dumping social.

L'europe était un rêve merveilleux, l'oligarchie en a fait le pire des cauchemards.

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