"Le jour du jugement dernier", les réactions de la presse après le virage de Tsipras

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Jeudi soir, Alexis Tsipras a remis ses propositions à l'Eurogroupe. Et, cette fois, Athènes s'est engagée à proposer une série de mesures pour redresser le pays comme l'augmentation de la TVA à 23% dans la restauration, une réforme des retraites avec le recul de l'âge de départ, ou encore la privatisation d'entreprises. En échange, la Grèce doit obtenir un nouveau plan d'aide de 53,5 milliards d'euros.
Ces propositions tant attendues sont in fine... très similaires au plan de réformes des créanciers du 26 juin que Alexis Tsipras avait décidé de soumettre au peuple par référendum, et qui a été massivement rejeté dimanche dernier. Alors forcément, ce matin les partisans du "non" se réveillent avec un sentiment étrange. Car en réalité, hier soir, le premier Ministre grec a cédé face à ses créanciers.
Le plan d'aide doit permettre au pays de sortir momentanément de l'asphyxie financière et de rembourser sa dette au FMI. Avec ces nouvelles réformes, Athènes devra réaliser 13 milliards d'euros d'économies sur trois ans. Les partisans du « Oxi » ont annoncé qu'ils se réuniraient ce vendredi soir sur la place Syntagma à Athènes. Mais dans ce contexte, et malgré le virage pris par Alexis Tsipras, la presse grecque s'est contentée ce matin de Unes très factuelles :
Le journal Kathimerini (centre droit) « Les institutions et Syriza déterminent l'accord ».
La Une de Efimirida (gauche) se contente d'un laconique : « Négociations mouvantes »
Ta Nea (centre) salue les propositions : « comment sont sauvées les épargnes » des Grecs
La Une de Ethnos (droite) : « Accord pour un maintien dans l'euro »
A l'exception du journal Avghi (gauche pro Syriza) qui titre ce vendredi matin « le jour du jugement dernier ».
Si Bild Zeitung n'a pas hésité il y a quelques jours à transformer Angela Merkel en Bismarck,
Cette fois, le journal, qui s'est procuré en exclusivité la copie des mesures proposées par le gouvernement grec se contente d'un titre très factuel "le plan de réformes qui a été largement écrit avec la Troïka".
Le Der Spiegel, d'habitude si acerbe -il y a quelques jours l'hebdomadaire allemand avait qualifié Merkel de "Trümmerfrauen" (femme des ruines) la représentant assise sur des ruines grecques - mentionne très simplement la demande grecque sur son site internet : "Plan d'aide : la Grèce demande 53,5 milliards d'euros".
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Pour le moment, le gouvernement allemand s'est refusé à tout commentaire sur les réformes soumises jeudi soir par la Grèce en échange d'une nouvelle aide financière. Berlin attend le jugement des institutions créancières d'Athènes.
La ligne est similaire pour Le Temps en Suisse : « Athènes accepte des réformes drastiques contre un troisième plan d'aide de 60 milliards d'euros »
D'après le quotidien espagnol El Pais, Athènes a capitulé. Il titre: "la Grèce a accepté le plan européen qui avait été rejeté lors du référendum". Le journal estime qu'Alexis Tsipras a simplement apporté de "légères modifications". Et de s'interroger:
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"Reste à voir si l'Europe estime qu'Alexis Tsipras a fait suffisamment de concessions, ou si elle veut plus de sang avec une dose supérieure d'austérité qui punirait une économie grecque malade entrée dans une profonde récession".
Enfin, le Monde, cet après-midi, titre sur le recul du Premier ministre grec :
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