"Le jour du jugement dernier", les réactions de la presse après le virage de Tsipras

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Jeudi soir, deux heures seulement avant l’ultimatum posé par l’Eurogroupe, la Grèce a rendu sa copie. Athènes a présenté un programme de réformes pour obtenir un troisième plan d’aide de la zone euro avec entre autres, une hausse de la TVA, une réforme des retraites, et des privatisations d’entreprises publiques.
Jeudi soir, deux heures seulement avant l’ultimatum posé par l’Eurogroupe, la Grèce a rendu sa copie. Athènes a présenté un programme de réformes pour obtenir un troisième plan d’aide de la zone euro avec entre autres, une hausse de la TVA, une réforme des retraites, et des privatisations d’entreprises publiques. (Crédits : Reuters Jean-Paul Pelissier)
Le Parlement grec, le Vouli et les dirigeants de la zone euro étudient ce vendredi matin les propositions de réformes d'Athènes à ses créanciers. Elles reprennent très largement le plan du 26 juin, rejeté par référendum dimanche dernier. Tour d'horizon des réactions dans la presse hellénique, et en Europe.

Jeudi soir, Alexis Tsipras a remis ses propositions à l'Eurogroupe. Et, cette fois, Athènes s'est engagée à proposer une série de mesures pour redresser le pays comme l'augmentation de la TVA à 23% dans la restauration,  une réforme des retraites avec le recul de l'âge de départ, ou encore la privatisation d'entreprises. En échange, la Grèce doit obtenir un nouveau plan d'aide de 53,5 milliards d'euros.

La Grèce a présenté ses propositions de réformes

Ces propositions tant attendues sont in fine... très similaires au plan de réformes des créanciers du 26 juin que Alexis Tsipras avait décidé de soumettre au peuple par référendum, et qui a été massivement rejeté dimanche dernier. Alors forcément, ce matin les partisans du "non" se réveillent avec un sentiment étrange. Car en réalité, hier soir, le premier Ministre grec a cédé face à ses créanciers.

Le plan d'aide doit permettre au pays de sortir momentanément de l'asphyxie financière et de rembourser sa dette au FMI. Avec ces nouvelles réformes,  Athènes devra réaliser 13 milliards d'euros d'économies sur trois ans. Les partisans du « Oxi » ont annoncé qu'ils se réuniraient ce vendredi soir sur la place Syntagma à Athènes. Mais dans ce contexte, et malgré le virage pris par Alexis Tsipras, la presse grecque s'est contentée ce matin de Unes très factuelles :

Le journal  Kathimerini (centre droit) « Les institutions et Syriza déterminent l'accord ».

La Une de Efimirida (gauche) se contente d'un laconique : « Négociations mouvantes »

Ta Nea (centre) salue les propositions : « comment sont sauvées les épargnes » des Grecs

La Une de Ethnos (droite) : « Accord pour un maintien dans l'euro »

A l'exception du journal Avghi (gauche pro Syriza) qui  titre  ce vendredi matin « le jour du jugement dernier ».

Une de Avghi (gauche pro Syriza) "le jour du jugement dernier" #GreekPress pic.twitter.com/peawT1k7V6

— Elisa Perrigueur (@ElisaPerrigueur) 10 Juillet 2015

Si Bild Zeitung n'a pas hésité il y a quelques jours  à transformer Angela Merkel en Bismarck,

Cette fois, le journal, qui s'est procuré en exclusivité la copie des mesures proposées par le gouvernement grec se contente d'un titre très factuel "le plan de réformes qui a été largement écrit avec la Troïka".

Le Der Spiegel, d'habitude si acerbe -il  y a quelques jours l'hebdomadaire allemand avait qualifié Merkel de "Trümmerfrauen" (femme des ruines) la représentant assise sur des ruines grecques - mentionne très simplement la demande grecque sur son site internet :  "Plan d'aide : la Grèce demande 53,5 milliards d'euros".

Pour le moment, le gouvernement allemand s'est refusé à tout commentaire sur les réformes soumises jeudi soir par la Grèce en échange d'une nouvelle aide financière. Berlin attend le jugement des institutions créancières d'Athènes.

La ligne est similaire pour Le Temps en Suisse : « Athènes accepte des réformes drastiques contre un troisième plan d'aide de 60 milliards d'euros »

Tsipras a capitulé face à l'Eurogroupe

D'après le quotidien espagnol El Pais, Athènes a capitulé. Il titre: "la Grèce a accepté le plan européen qui avait été rejeté lors du référendum". Le journal estime qu'Alexis Tsipras a simplement apporté de "légères modifications". Et de s'interroger:

"Reste à voir si  l'Europe estime qu'Alexis Tsipras a fait suffisamment de concessions, ou si elle veut plus de sang avec une dose supérieure d'austérité qui punirait une économie grecque malade entrée dans une profonde récession".

Enfin, le Monde, cet après-midi, titre sur le recul du Premier ministre grec :

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Commentaires
a écrit le 11/07/2015 à 9:04 :
On nous ballade...On sait tous que que tout cela n'est fait que pour nous balader. Ils ne laisseront jamais un pays quitter l'euro, quand bien même le peuple crèverait de faim.
a écrit le 10/07/2015 à 14:25 :
Que l'Europe nous présente ses exigences pour voir qui dit quoi et qui fait des concessions...?

A présent

Que propose Tsipras ?

« Actions prioritaires et engagements », tel est le titre du document envoyé par Tsipras à L'union européenne, la BCE et le FMI. En voici les principaux points :

Hausse de la TVA à 23%, y compris pour la restauration. La TVA sur les produits de base, l'électricité et les hôtels, la TVA reste à 13% et à 6% pour les médicaments, livres et places de théâtre.

· Suppression des avantages fiscaux pour les îles, à commencer par les îles les plus riches et touristiques. Depuis plusieurs années une réduction de la TVA de 30% y est appliquée.

· Hausse de la taxe sur les sociétés de 26 à 28%.

· Âge de départ à la retraite fixé à 67 ans ou 62 ans avec 40 ans de travail. Cet âge sera relevé graduellement d'ici à 2022.

· Réduction du plafond des dépenses militaires de 100 millions d'euros en 2015 et de 200 millions en 2016 contre une réduction de 400 millions proposée par les créanciers.

· Déréglementation de certaines professions, dans le secteur du tourisme, chez les ingénieurs, les notaires, etc.

· Mesures pour lutter contre l'évasion fiscale et la réorganisation du système de collectes des impôts.

· Evaluation des fonctionnaires et mesures pour moderniser le secteur public.

· Vente de la part restant de l'Etat au capital social des télécommunications grecques OTE, dont le principal actionnaire est Deutsche Telekom. Appel d'offres lancé pour la privatisation des ports du Pirée et de Thessalonique d'ici octobre.

Aux TRUANDS dits Troïka

A chacun(e) de juger.
a écrit le 10/07/2015 à 13:28 :
Rien de nouveau, les Grec ont déjà accepté plein de mesures d'austérité sous réserve que la dette soit restructurée. Depuis des mois c'est le point bloquant, le seul. L'Allemagne ne veut rien entendre. Ce n'est pourtant pas bien compliqué à comprendre. enfin ce n'est pas la première fois que les journaux rêvent éveillé en annonçant la capitulation de Tsipras, qui a du capitulé une bonne demi douzaine de fois ces 6 derniers mois.

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