Le Parti socialiste dit clairement « non » au traité transatlantique

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Au Congrés du Parti socialiste, dimanche, à Poitiers, Jean-Christophe Cambadélis, a déclaré à propos du traité transatlantique (TTIP): « Puisque l'Europe souffre trop de son langage bureaucratique, je veux être clair, je veux être net : à cette étape, c'est « non », « no », « nein » ! C'est « Οχι »! (en grec, ndlr).
Au Congrés du Parti socialiste, dimanche, à Poitiers, Jean-Christophe Cambadélis, a déclaré à propos du traité transatlantique (TTIP): « Puisque l'Europe souffre trop de son langage bureaucratique, je veux être clair, je veux être net : à cette étape, c'est « non », « no », « nein » ! C'est « Οχι »! (en grec, ndlr). (Crédits : Reuters)
Le parti de gouvernement français réuni en congrès à Poitiers s'est, une nouvelle fois, déchiré sur les questions européennes. L'opposition au TTIP représente un des rares sujets de consensus.

Le parti de gouvernement français réuni en congrès à Poiters a tenté d'afficher l'unité retrouvée après un long débat d'idées, cet hiver. Mais le parti peine à trouver un terrain d'entente sur les affaires européennes, terrain miné depuis le référendum sur les traités, il y a tout juste dix ans.

Les militants ne cessent de reprocher à l'Europe sa vision trop libérale de l'économie, et au gouvernement de ne pas lutter contre. Un thème qui représente aussi un boulevard pour les contestataires, à l'instar de l'ancien ministre Arnaud Montebourg, qui s'est fendu ce week-end d'une tribune avec le banquier d'affaires Matthieu Pigasse, appelant à une coalition des pays européens pour une stratégie de « baisse d'impôts en faveur des ménages ».

« L'absurde conformisme bruxellois » de la politique de l'exécutif « est devenu une gigantesque fabrique à suffrages du Front national », accusent MM. Montebourg et Pigasse dans ce texte publié par le JDD, alors que le PS tient son congrès à Poitiers.

Responsabilité française en UE

Le texte publié dimanche a insufflé du débat au sein du congrès, alors que la discussion sur l'UE organisée vendredi avait déjà longuement abordé le sujet. La chef de la délégation socialiste au Parlement européen, Pervenche Berès, avait alors rappelé la responsabilité de la France par rapport à la gauche européenne.

«La France est aujourd'hui le seul grand pays de l'Union européenne gouvernée par les socialistes. Nous avons une sacrée responsabilité pour l'avenir de la social-démocratie sur le continent» avait indiqué l'eurodéputée.

>>Lire : Le PPE et les socialistes en marche vers une grande coalition au Parlement européen

La politique d'austérité mesurée menée par le gouvernement Valls, qui a pu par ailleurs mesurer sa cote de popularité auprès des militants samedi, perturbe les soutiens les plus fervents du parti, qui regardent d'un oeil attendri du côté de la Grèce ou de l'Espagne, où les partis Syriza et Podemos semblent montrer une troisième voie politique vers la gauche.

Le Lyonnais Gérard Collomb, qui a critiqué ces formations lors de son intervention à Poitiers, s'est ainsi fait siffler par les militants.

Non à l'austérité, non au TTIP

Face au fossé entre les attentes et la pratique gouvernementale, le secrétaire général du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a tenté de ménager la chèvre et le chou.

«Il y a un désaccord que nous devons assumer en Europe. Face à ceux qui disent austérité, nous disons : investissement, investissement, investissement !» a-t-il assuré, avant de s'exprimer très clairement, reprenant la position de toutes les motions déposées à l'occasion de la préparation du congrès du Parti, contre le traité transatlantique.

« Puisque l'Europe souffre trop de son langage bureaucratique, je veux être clair, je veux être net : à cette étape, c'est « non », « no », « nein » ! C'est « Οχι »! (en grec, Ndlr).

>>Lire : Le TTIP plombe la collaboration entre Verts et socialistes

Le gouvernement français peine à assumer le grand écart des positions sur le sujet, entre la forte opposition des militants et le discours pro-atlantiste du président de la République.

Le Parti socialiste le dira clairement lors du congrès du Parti socialiste européen qui se tiendra la semaine prochaine à Budapest a ajouté le numéro un du parti.

Le Congrès a néanmoins adopté une résolution sur l'Europe, qui aborde une grande variété de sujets et réclame surtout la réorientation de l'Europe vers le social.

>>Lire : La présidence du PSE n'attire pas foule de candidats

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Par Aline Robert, EurActiv.fr

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a écrit le 09/06/2015 à 9:54 :
vraiment pathétique le PS on ne peut pas faire pire. Par contre ils ont un premier ministre qui aime le sport aux frais des contribuables, un avion d'état et en plus il est soit disant invite par la FIFA avec les temps qui court c'est plutôt suspect. Heureusement pour le tennis il n'a pas pris d'hélicoptère. Bien sûr son père à côté co-ecrit l'hymne sur le Barça on se demande que fait ce type en France et dire qu'il trouve encore des gens qui espèrent le voir à d'autres fonctions. L'incousiance n'a plus aucune limite. Sarko traine le fouquet's lui ce sera le Barça est en plus c'est indélébile.
a écrit le 08/06/2015 à 22:59 :
Le Parti socialiste dit clairement « non » au traité transatlantique ...

mais encore
Le Parti socialiste devrait clairement « non » à Valls et lui demander de partir ...

Dehors les profiteurs comme Valls du PS qui ressemblent beaucoup aux Balkani de l'UMP
a écrit le 08/06/2015 à 16:17 :
C'est non (pour amuser la galerie) et oui, signé en douce dans notre dos. Qui prend les paris ?
a écrit le 08/06/2015 à 16:01 :
Que de belles postures (pour reconquérir l'électorat). Comme si, en Europe, Angéla n'était pas la patronne!!!!
Réponse de le 09/06/2015 à 0:10 :
La patronne en Europe c'est Washington (enfin plutôt les lobbies qui tiennent Washington - grands banquiers, complexe militaro-industriel... ) et Merkel n'est qu'une marionnette comme Hollande.
a écrit le 08/06/2015 à 15:48 :
Donner son opinion et en obtenir le résultat sont deux choses bien différentes. Il faut bien faire la différence entre la majorité des militants du parti qui dit "non" et l'équipe présidentielle qui dira "oui" quoi qu'il en soit. Attention de ne pas jubiler trop vite. Tous les politiques sans exception, de l'extrême gauche à l'extrême droite en France sont tlantistes. Sinon, il ne passeraient même pas à la télévision.
Réponse de le 08/06/2015 à 16:42 :
Lire "atlantiste" sorry
a écrit le 08/06/2015 à 15:47 :
Un peu de distance sinon, c'est de la prop ! Le PS avait dit "non" au traité Merkel-Sarkozy
a écrit le 08/06/2015 à 15:21 :
C'est marrant mais je n'y crois pas une seule seconde.
Réponse de le 08/06/2015 à 15:42 :
@ ptitpère : vous savez, moi non plus…
a écrit le 08/06/2015 à 15:21 :
Bravo le PS !!! cela démontre bien la fracture existante entre le parti et son ténor de Président atlantiste, lui totalement voué à l'exaltation de sa petite figure personnelle au détriment des vrais intérêts de la France. NON à un traité fignolé dans l'obscurité, anti-démocratique, mais dont peut imaginer les funestes conséquences qu'il apporterait pour l'avenir de notre pays.
Réponse de le 08/06/2015 à 17:29 :
(bouche bée) Un tel niveau de naïveté me laisse pantois.
a écrit le 08/06/2015 à 14:56 :
J'avais cru comprendre que notre président obnubilé par son eurobéatisme y été favorable aurait-il réfléchi entre temps? ou alors le PS prendrait-il enfin conscience d'où nous mène l'Europe de Junkers et de Merkel!
a écrit le 08/06/2015 à 14:41 :
aux émirs du Golfe....
Réponse de le 08/06/2015 à 23:16 :
Amusant de constater que tous les partis socialistes européen font congrès dans la capitale du pays qu'il traitait quasiment de fasciste il y a encore peu de temps. la Hongrie s'en sort car elle a refusé le Diktat de ses créanciers, de l'Europe et a repris sa pleine souveraineté. Les socialos européens y vont peut-être en stage ?
a écrit le 08/06/2015 à 14:14 :
L'austérité qu'on impose aux européens est un outils destiné à aligner l'Europe avec les USA pour signer l'ACTA, ou TTIP. D’où les "réformes" imposées par la force de la dette souveraine par Bruxelles. Le schéma est simple : Crise financière > crise des dettes souveraines > réformes imposées par les créanciers qui contournent la démocratie > signature du traité transatlantique qui lie définitivement l'Europe aux USA. Même le système politique bipartiste à l'américaine s'implante en France avec Les républicains d'un coté et les sociaux-démocrate de l'autre. Le TTIP n'est en fait qu'une extension de la fédération américaine.
Réponse de le 08/06/2015 à 19:14 :
@Dingo Une seule réponse, UPR..
a écrit le 08/06/2015 à 13:41 :
C'est toujours plus facile de s'opposer publiquement à un accord qui est voué à l'échec GRACE à Syriza!! On cherche (et bientôt ils se bagarreront par media interposé) à récolter les lauriers!!

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