S'offusquant de l'amende imposée mardi par la Commission européenne à sa société, le patron d'Apple, Tim Cook, a déclaré mercredi que cette décision était « exaspérante », ajoutant :
La Commission européenne a décidé d'imposer à Apple le "remboursement" au fisc irlandais de 13 milliards d'euros d'impôts impayés. Elle lui reproche d'avoir bénéficié d'"avantages fiscaux indus" négociés avec l'Irlande, pays où sont basés deux de ses filiales majeures (Apple Operations Europe et Apple Sales International). Ce traitement de faveur fiscal serait assimilable à une véritable aide d'Etat.
Dans une interview donnée à la télévision irlandaise RTE et rapportée par le quotidien britannique « Independent », Tim Cook expliquait les causes de son exaspération.
Selon lui, la condamnation proclamée par l'intransigeante commissaire danoise, Margrethe Vestager, n'étant fondée ni sur des faits ni sur le droit, est une mesure purement politique, à connotation anti-américaine. (Accusation à laquelle, ce matin en conférence, l'intéressée a répliqué, affirmant que cette décision n'était pas politique mais fondée sur des faits bien réels.)
Dans son interview, Tim Cook affirmait tomber des nues face aux accusations de Bruxelles, et niait totalement les taux d'imposition ridiculement bas divulgués par Margrethe Vestager. Selon cette dernière, Apple aurait payé 1% d'impôts sur les bénéfices en 2003 et... 0,005% en 2014.
Dans une autre interview, à la radio, il aurait, selon Reuters, ajouté que Apple, qui a une politique fiscale offshore massive -en gardant quelque 69 milliards de dollars de bénéfices hors de portée du fisc américain-, allait rapatrier des milliards de profits sur le sol américain l'an prochain.
Pour sa défense, Tim Cook a aussi fait valoir que Apple était le premier contribuable en Irlande, avec 6% du volume total des impôts et taxes collectés par l'Etat irlandais.
Le patron d'Apple a ajouté qu'il souhaitait ardemment que le gouvernement irlandais fasse appel de cette condamnation, assurant qu'ils étaient sur la même longueur d'onde.
Réagissant à chaud, mardi, le ministre irlandais des Finances, Michael Noonan, avait déclaré:
Pourtant, ce jeudi matin, contrairement à son premier mouvement d'hier, le gouvernement irlandais semblait finalement hésiter à franchir le pas d'aller en appel, pour éviter une crise politique avec l'opposition de gauche, selon le site Numerama.
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Dans ce genre de situation, il y a ceux qui jettent de l'huile sur le feu, et ceux qui lancent leurs hameçons pour tirer profit de la situation.
Dans le premier cas, on a un Michael O'Leary, patron de la compagnie aérienne low-cost Raynair qui, plongeant dans la mêlée, a - fort élégamment, comme à son habitude - suggéré au gouvernement irlandais d'envoyer la Commission se faire f**tre (« saying the Irish government should tell the EU to 'f**k off'»).
Dans le second cas, on a une Theresa May qui souffle sur les braises de l'optimisation fiscale en souhaitant la bienvenue à toute entreprise qui voudrait s'installer au Royaume-Uni, quelques heures après la condamnation d'Apple par la Commission. Dans un communiqué commun, Trésor et cabinet du Premier ministre déclaraient que le Royaume-Uni « restait ouvert aux affaires ». Le terme « rester » (« remain ») sonnant ici comme une petite pointe d'humour britannique deux mois après le Brexit.
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(Avec Reuters)
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