Des fonctionnaires européens proches de la commissaire aux transports, Violeta Bulc, ont indiqué que cette rencontre aurait pour but d'ouvrir le ciel européen à Qatar Airways et d'assurer un meilleur accès à l'État pétrolier aux transporteurs européens.
Dans le cadre d'une stratégie pour l'aviation dévoilée en décembre dernier, la Commission européenne a annoncé vouloir obtenir un mandat pour conclure des accords complets avec certains des marchés les plus dynamiques du secteur, dont les pays du Golfe - le Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.
Les représentants des 28 n'ont cependant pas donné leur feu vert aussi rapidement que la commissaire l'espérait. Les États membres ont en effet à peine abordé la question lors du premier trimestre de 2016. Les attentats de l'aéroport de Zaventem et dans une station de métro à Bruxelles le 22 mars ont contribué au retard de la discussion entre les ministres du Transport.
La Commission et la Slovaquie, qui sera à la présidence tournante de l'UE au semestre prochain, souhaitent à présent remettre le sujet sur la table, expliquent des représentants européens.
En cas de progrès rapide, un mandat pourrait ainsi être accordé à la Commission pour négocier un accord lors du Conseil des Transports le 7 juin, trois mois après la date prévue à l'origine.
La réunion des ministres devrait cependant être dominée par la sécurité. Certains États membres, comme la France et l'Allemagne, sont en outre peu enclins à signer un accord avec les pays du Golfe, étant donné l'opposition de leurs compagnies aériennes, la Lufthansa et Air France-KLM.
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Berlin et Paris font donc partie des quelques États qui rechignent à ouvrir le ciel européen aux grandes compagnies, comme Qatar Airways, Etihad et Emirates, qu'ils accusent de toucher des aides d'États injustes.
Dans sa stratégie, l'UE promet d'aborder la question des subventions et des pratiques tarifaires déloyales lors des négociations. « La Commission envisage par ailleurs de proposer de nouvelles mesures pour lutter contre les pratiques déloyales [des compagnies et pays tiers] dès que possible en 2016 », précise le document.
Emirates a déjà pris les devants en envoyant une lettre à plusieurs gouvernements européens, les avertissant que les pressions de Paris et Berlin sur la Commission pourraient nuire à la connectivité et à la croissance du tourisme en Europe.
« Nous avons appris que les ministres des Transports français et allemand faisaient pression sur la Commission européenne pour assurer des conditions virtuellement impossibles pour tous les camps. Les droits de vol d'Emirates sont donc suspendus tant que les négociations continuent », se plaint le transporteur aérien.
La visite du ministre qatari survient dans un contexte tendu lié à la livraison de nouveaux avions Airbus à Qatar Airways.
Cette semaine, la compagnie a annoncé une diminution des fréquences de vol sur 15 itinéraires à cause d'inquiétudes liées au moteur du nouveau Airbus A320neo, selon Reuters.
Le constructeur européen devrait livrer le premier avion en décembre, mais a refusé la transaction, au motif que les moteurs de l'américain Pratt & Whitney n'avaient pas été correctement testés dans les températures élevées de la région.
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CONTEXTE
Dans sa stratégie pour l'aviation, adoptée en décembre 2015, la Commission européenne souligne son intention de négocier des accords sur l'aviation avec des marchés en pleine croissance en Asie et au Moyen-Orient.
Cette stratégie « peut contribuer à l'amélioration de l'accès au marché et des possibilités d'investissements pour l'aviation européenne, ainsi qu'à l'amélioration de la connectivité internationale de l'Europe et à l'instauration de conditions de marché justes et transparentes pour les compagnies aériennes de l'UE », a déclaré la Commission.
L'UE a conclu des accords avec le Canada, la Géorgie, Israël, la Jordanie, la Moldavie, le Maroc, les États-Unis et les pays des Balkans occidentaux. Un accord avec l'Ukraine est en passe d'être signé et les autorités européennes négocient encore avec l'Australie, l'Azerbaïdjan, le Brésil, le Liban, la Nouvelle-Zélande et la Tunisie.
L'exécutif européen souhaite à présent ouvrir des discussions avec l'Arménie, la Chine, le Mexique et la Turquie, ainsi qu'avec des groupes d'États comme les pays de l'ANASE (Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Birmanie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Viêtnam) et les pays du Golfe (Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis).
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PROCHAINES ÉTAPES
Par Jorge Valero, d'Euractiv.
(Article publié le 10 mai 2016)
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