Macron entre dans la bataille européenne : sa tribune en quatre points
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Emmanuel Macron
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À moins de trois mois d'élections européennes qu'il juge "décisives", Emmanuel Macron a dévoilé lundi soir une série de mesures concrètes en faveur d'une "renaissance européenne". Dans une lettre aux "citoyens d'Europe" publiée simultanément dans des quotidiens des 28 États membres, du Guardian à El Pais en passant par le Corriere della serra, le chef de l'État français adresse une mise en garde contre la tentation du "repli" ou de la "résignation".
Ces ambitions passent notamment par la création d'une agence de protection des démocraties et d'une banque pour le climat, la mise en place d'un salaire minimum européen ou encore l'interdiction en Europe des entreprises « portant atteinte aux intérêts stratégique européens ».
Voici quatre propositions fortes de la tribune-programme d'Emmanuel Macron.
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[En France, 64% des sondés se disent plutôt favorables à ce que plus de décisions soient prises à l'échelle européenne, selon l'enquête menée par la Commission européenne à l'automne 2018. Une infographie de notre partenaire Statista]
Le président français appelle à "réformer" la politique de concurrence en vigueur dans l'UE et souhaite instaurer "une préférence européenne". « Nos frontières doivent aussi assurer une juste concurrence », estime-t-il, appelant à « sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles ». Le chef de l'Etat cite notamment les « normes environnementales, la protection des données et le juste paiement de l'impôt » comme critère commercial.
Il invite aussi les Européens à mieux « réguler les géants du numérique, en créant une supervision européenne des grandes plateformes (sanction accélérée des atteintes à la concurrence, transparence de leurs algorithmes...) »
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Enfin, il appelle à « financer l'innovation en dotant le nouveau Conseil européen de l'innovation d'un budget comparable à celui des Etats-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l'intelligence artificielle ».
Sur le volet social, Emmanuel Macron plaide en faveur d'un "bouclier social" européen qui garantirait notamment la "même rémunération sur le même lieu de travail". C'était une de ses promesses de campagne.
Il appelle ses partenaires européens à définir un "projet de convergence plus que de concurrence" sur ce volet social, pour "retrouver l'esprit de progrès".
Les propositions égrenées sur ce point par Emmanuel Macron reprennent peu ou prou le projet de "Socle européen des droits sociaux" signé par les 28 Etats membres à Göteborg, en Suède, en novembre 2017. Cette grande déclaration contre le dumping social n'a pas de portée légale mais doit donner un signal aux peuples que les plus démunis d'entre eux ne sont pas oubliés.
La déclaration de Göteborg compte vingt principes et droits supposés être respectés sur tout le continent européen, comme le droit à l'enseignement et à l'orientation professionnelle, l'égalité des chances et de traitement entre hommes et femmes. Elle fait aussi mention de « salaires minimum appropriés devant être garantis, à un niveau permettant de satisfaire aux besoins du travailleur et de sa famille compte tenu des conditions économiques et sociales du pays, tout en sauvegardant l'accès à l'emploi et les incitations à chercher un emploi ».
Autre point fort de cette tribune, l'engagement en faveur de l'environnement. Le chef de l'Etat appelle l'UE à prendre la tête du combat écologique, proposant la création d'une "Banque européenne du climat" pour financer la transition écologique, et d'une force sanitaire européenne pour "renforcer les contrôles" des aliments.
Emmanuel Macron propose que l'Europe se fixe l'objectif de réduire de moitié sa consommation de pesticides d'ici 2025 et vise le "zéro carbone" en 2050. Il souhaite également une « évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l'environnement », alors que plusieurs agences sanitaires ont été soupçonnées de reprendre trop complaisamment les arguments de la firme Monsanto.
Au registre de la défense des libertés - et sans nommer la Russie -, Emmanuel Macron s'inquiète des ingérences extérieures dans les démocraties européennes. À ce titre, il veut « interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères » (c'est déjà le cas en France). Il envisage également la création d'une Agence européenne de protection des démocraties, visant à protéger les élections « contre les cyberattaques et les manipulations ».
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Le chef de l'État remet ainsi sur la table l'idée d'un office européen de l'asile et d'une police des frontières commune, plaidant plus généralement pour la "remise à plat de l'espace Schengen".
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CLIQUER pour lire le TEXTE INTÉGRAL "Pour une renaissance européenne" d'Emmanuel Macron.
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