Malgré la nomination de Lagarde et von der Leyen, les institutions de l'UE toujours très masculines
Jean-Philippe Chognot

Ouverture de la nouvelle session du parlement europeen
VINCENT KESSLER
Jean-Philippe Chognot

Ouverture de la nouvelle session du parlement europeen
VINCENT KESSLER
Les 28 ont décidé de placer deux femmes à des postes clés de l'Union : l'Allemande Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne et la Française Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne (BCE). La nomination à la présidence de la Commission doit encore être confirmée par le Parlement européen.
Ces deux postes n'avaient jamais été occupés par des femmes.
D'autres "top jobs", attribués cette fois à des hommes, sont déjà revenus à des femmes dans le passé. Le Parlement européen a été présidé par les Françaises Simone Veil (1979-1982) et Nicole Fontaine (1999-2002). Le poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères, créé en 2009, n'a été occupé que par des femmes : la Britannique Catherine Ashton (2009-2014) et l'Italienne Federica Mogherini (2014-2019).
Désormais, seule continue de leur échapper la présidence permanente du Conseil européen qui a toujours été occupée par des hommes depuis son instauration en 2009.
Avec 40% de femmes, le Parlement européen n'a jamais été aussi féminisé, mais il reste loin de la parité.
En 1979, le premier Parlement élu au suffrage universel direct ne comptait que 16% de femmes. Ce taux a augmenté élection après élection pour atteindre 37% en 2014. Cette année, six pays ont envoyé un contingent paritaire : la France, l'Autriche, la Slovénie, la Lettonie, Malte et le Luxembourg. Deux ont envoyé plus de femmes que d'hommes : la Suède (55%) et la Finlande (54%).
Chypre est le seul pays à n'avoir envoyé aucune femme.
Les groupes écologiste et libéral sont les deux groupes les plus proches de la parité, avec respectivement 53% et 47% de femmes. La droite eurosceptique (32%) et les chrétiens-démocrates (34%) en sont les plus éloignés.
La Commission européenne sortante, présidée par le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, comptait 9 femmes et 19 hommes (32% de féminisation), une répartition identique à la précédente, présidée par le Portugais José Manuel Barroso.
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La composition de la Commission Juncker, en 2014, avait fait l'objet d'un bras de fer, le président du Parlement de l'époque, le social-démocrate allemand Martin Schulz, ayant averti qu'elle n'obtiendrait pas la majorité nécessaire pour être investie si elle comptait moins de femmes que la Commission Barroso.
La composition de la future Commission ne sera pas connue avant plusieurs mois.
Si la féminisation progresse, plusieurs institutions communautaires restent à la traîne.
Le conseil des gouverneurs de la BCE, que va présider Mme Lagarde, ne compte que 8% de femmes (2 sur 25). L'autre organe financier de l'Union, la Cour des comptes européenne, ne fait guère mieux, avec 21% de femmes (6 sur 28).
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Le Conseil européen, qui réunit les chefs d'État ou de gouvernement des Etats-membres, son président et le président de la Commission, ne compte, avant la nomination d'Ursula von der Leyen, que 17% de femmes (5 sur 30).
Du côté de la justice européenne, la Cour de justice (CJUE) et le Tribunal de l'Union européenne comptent respectivement 18% et 23% de femmes.
Jean-Philippe Chognot
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