Christine Lagarde à la BCE : les marchés ravis, malgré les défis et les critiques

Photo d'illustration
Carlos Jasso

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« Ni une experte en politique monétaire, ni une spécialiste des marchés financiers » : de nombreux commentateurs ont relevé le caractère peu conventionnel, inattendu du profil de Christine Lagarde pour succéder à Mario Draghi à la présidence de la Banque centrale européenne (BCE), au lendemain de l'annonce officielle mardi soir. La BCE, qui n'a connu que trois présidents depuis sa fondation en 1998, Wim Duisenberg, Jean-Claude Trichet et Mario Draghi, a toujours été dirigée par un ancien gouverneur de la banque centrale de son pays. À l'exception de quelques rares procès en incompétences, non dénués d'un certain sexisme, le choix de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), ancienne avocate d'affaires et ministre de l'Économie et des Finances de 2007 à 2011 sous Nicolas Sarkozy, a été salué par la grande majorité des experts des marchés, notamment pour ses talents de communicante, de négociatrice et de gestionnaire de crise.
Andrea Ianelli, directeur des investissements obligataires chez Fidelity International, observe que « les chaussures de Draghi seraient difficiles à chausser pour n'importe quel successeur, après son mandat impressionnant. »
Dave Lafferty s'attend aussi à ce « qu'elle poursuive la politique très accommodante de la BCE ».
Les investisseurs ont applaudi, se réjouissant de cette perspective, certains tablant même sur une relance du programme de rachats de dettes. Mario Draghi avait évoqué le 18 juin cette reprise et même la possibilité d'une baisse des taux d'intérêt. Sur le marché obligataire, les rendements des emprunts d'État européens ont atteint de nouveau plus bas historiques ce mercredi. Le Bund allemand, négatif, est tombé à -0,399%, l'OAT française à -0,099%. Le taux espagnol a chuté à 0,202%. Les rendements des obligations italiennes à 10 ans sont tombés de 2,1% à 1,75 % au cours des trois derniers jours.
Les marchés d'actions ont fini en nette hausse mercredi, le CAC 40 sur un gain de 0,75% à 5.618,81 points et l'Euro Stoxx 50 de 0,93%.
Cette nomination provoque même un certain soulagement.
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Chez JP Morgan AM, le stratège Vincent Juvyns estime également que Christine Lagarde à la tête de la BCE « aura plus à cœur la relance de l'économie que l'orthodoxie historique en termes de politique monétaire ».