Les Vingt-Sept sont enfin tombés d'accord sur un assouplissement des règles budgétaires européennes, qui doit garantir le redressement des finances publiques sans compromettre les investissements, a annoncé mercredi soir la présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne. Une victoire pour les 27 pays de l'Union européenne. Mais le texte doit encore passer à la moulinette du parlement à Strasbourg avant les prochaines élections européennes en juin.Les 27 pays de l'Union européenne ont enfin trouvé un accord. Après d'interminables négociations et pourparlers, les ministres des finances du Vieux continent ont annoncé avoir trouvé un compromis ce mercredi 20 décembre. Réunis en visioconférence en fin d'après-midi, les ministres n'avaient plus que quelques jours avant la date fatidique du premier janvier 2024.« C'est une excellente nouvelle pour la France et une excellente nouvelle pour l'Europe s'est félicité », le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur Twitter qualifiant l'accord de « historique ». « Ces règles vont garantir la stabilité financière et la bonne tenue des comptes publics partout en Europe ».
Après le 31 décembre prochain, l'Europe devait remettre en place les règles budgétaires du traité de Maastricht suspendues depuis la pandémie. Au printemps 2020, la Commission européenne avait débranché les mesures visant à ne pas dépasser 3% de déficit et 60% de dette. Jugées obsolètes par plusieurs chefs de l'Etat, ces mesures étaient très loin d'être respectées par une grande partie des pays.
Un accord entre flexibilité et rigueur
Porté par la France et l'Allemagne, l'accord vise à donner de la souplesse budgétaire aux Etats européens. « Pour la première fois depuis 30 ans, ce pacte de stabilité reconnaît l'importance des investissements et des réformes de structure », a commenté le locataire de Bercy. Le principe de la limite des 3% de déficit est conservé dans le texte mais la cible a changé. « Auparavant, les Etats devaient viser un déficit de 0%. Désormais, la cible est de 1,5% de PIB », précise une source diplomatique.
La France a bataillé fermement pour que les Etats puissent investir dans la transition écologique ou la Défense sans subir les récriminations de la Commission européenne. « Nous avons privilégié le court terme dans la négociation et c'est maintenant qu'il faut faire des investissements dans la transition », plaide Bercy.