Panama papers : démission du ministre de l'Industrie espagnol

En Espagne, le ministre conservateur de l'Industrie Jose Manuel Soria, dont le nom apparaît dans les "Panama Papers", a annoncé vendredi sa démission et son retrait de la vie politique.
Le Canarien avait semblé s'empêtrer dans ses explications, la presse publiant chaque jour de nouvelles informations contredisant ses affirmations
Le Canarien avait semblé s'empêtrer dans ses explications, la presse publiant chaque jour de nouvelles informations contredisant ses affirmations (Crédits : Reuters)

La publication jeudi d'un document prouvant la domiciliation de sa société dans l'île de Jersey aura finalement eu raison de lui. Après une semaine de résistance, malmené par des révélations de la presse espagnole, Jose Manuel Soria s'est résigné vendredi à remettre sa démission.

En début de semaine, deux médias espagnols avaient révélé que son nom était associé au vaste scandale des Panama Papers. Ils expliquaient qu'il avait été brièvement administrateur d'une société offshore aux Bahamas, ce qu'il avait nié catégoriquement.

Mais plusieurs médias avaient contesté ces affirmations, publiant des documents qui selon eux montraient qu'il avait menti. Vendredi, plusieurs journaux, y compris de droite, accusaient le ministre d'avoir aussi été administrateur d'une société offshore basée sur l'île britannique de Jersey jusqu'en 2002, alors qu'il était maire de Las Palmas, dans l'archipel des Canaries.

Successions d'accusations

"J'ai transmis ma décision irrévocable de présenter ma démission", a écrit le ministre de l'Industrie, de l'Energie et du Tourisme dans un communiqué, "compte tenu du tort évident que cette situation cause au gouvernement et au Parti populaire" conservateur de Mariano Rajoy.

"A partir d'aujourd'hui, j'abandonne tout type d'activité politique", a ajouté Jose Manuel Soria qui était également député au Congrès (chambre basse) et président du Parti populaire (PP) des Canaries.

Le Canarien avait semblé s'empêtrer dans ses explications, la presse publiant chaque jour de nouvelles informations contredisant ses affirmations. Le désormais ex-ministre dit lui-même avoir démissionné après une "succession d'erreurs commises ces derniers jours" mais il ne s'est accusé que d'un "manque d'information précise sur les faits qui ont eu lieu il y a plus de vingt ans".

Avant la publication du document le liant à une société à Jersey, le quotidien en ligne El Confidencial avait déjà expliqué que Jose Manuel Soria avait été administrateur d'une société offshore apparaissant dans des documents issus du cabinet Mossack Fonseca. Selon le journal espagnol, le cabinet d'avocat panaméen avait inscrit en septembre 1992 l'entreprise UK Lines Limited, sur laquelle Jose Manuel Soria figurait comme administrateur, au registre des sociétés des Bahamas. Deux mois plus tard, le nom de Jose Manuel Soria avait été retiré. La société avait ensuite été dissoute en mars 1995.

Du "tort" pour le parti en fonction

Le ministre estime que le tort causé à son parti est "particulièrement grave au moment politique actuel". Ayant perdu la majorité absolue au Parlement à l'issue des législatives du 20 décembre, le PP est actuellement incapable d'obtenir l'investiture de son candidat à la présidence, le chef du gouvernement sortant Mariano Rajoy, faute d'alliés.

Lire aussi : Gouvernement espagnol introuvable après cent jours de blocage politique

Dans ce cas de figure, le départ de Jose Manuel Soria est d'autant plus embarrassant pour Mariano Rajoy qui se voit dans l'impossibilité de nommer un nouveau ministre sur ce dossier. Le gouvernement étant seulement "en fonction" et non pas en plein exercice, il peut seulement confier cet important portefeuille qui regroupe l'industrie, l'énergie et le tourisme à un membre déjà présent de son gouvernement.

Jose Manuel Soria devient ainsi le 5e ministre à quitter l'équipe de Mariano Rajoy après ceux de l'Agriculture, de la Justice, de la Santé et de l'Education. Il est cependant le seul à démissionner depuis l'échec des élections générales du 20 décembre, à désormais deux semaines de la possible dissolution des chambres hautes et basses espagnoles.

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