Pologne : Szydlo écartée, Morawiecki devient Premier ministre, pour arrondir les angles ?

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Le futur Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, 49 ans, est un ancien banquier brillant, et un étatiste résolu. En 2015, il a renoncé à son poste lucratif de président de la Bank Zachodni WBK (groupe Santander) pour entrer au gouvernement PiS comme ministre du Développement et vice-Premier ministre. En 2016 il a pris également le porte-feuille des Finances.
Le futur Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, 49 ans, est un ancien banquier brillant, et un étatiste résolu. En 2015, il a renoncé à son poste lucratif de président de la Bank Zachodni WBK (groupe Santander) pour entrer au gouvernement PiS comme ministre du Développement et vice-Premier ministre. En 2016 il a pris également le porte-feuille des Finances. (Crédits : KACPER PEMPEL)
Le futur Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, 49 ans, est un ancien banquier brillant, et un étatiste résolu. Il va avoir fort à faire pour remplacer Beata Szydlo, 54 ans, qui en dépit des critiques, est l'une des personnalités politiques les plus populaires de Pologne depuis l'effondrement du communisme en 1989.

En Pologne, le parti au pouvoir depuis octobre 2015, le PiS (Droit et Justice), a annoncé la "démission" de la Première ministre Beata Szydlo, et son remplacement par le vice-Premier ministre et ministre des Finances Mateusz Morawiecki.

Ce brusque changement à la tête du gouvernement conservateur nationaliste polonais intéresse fortement ses voisins européens, tout particulièrement ceux avec qui les relations ne sont pas au beau fixe.

Parmi les sujets qui fracturent l'Union européenne, celle du travail détaché avec l'emblématique dossier des transporteurs routiers qui oppose la France et l'Allemagne à une coalition de onze ex-pays emmenée par la Pologne. Ou bien celle de réforme législative accusée de mettre en péril l'indépendance de la justice au profit du pouvoir exécutif, au point de voir Bruxelles menacer la Pologne de lui supprimer ses droits de vote dans l'UE. Et sans oublier, des conflits beaucoup plus hexagonaux comme celui du contrat des hélicoptères Caracal, remis en cause par le parti baptisé PiS (Droit et Justice) après sa prise de pouvoir aux élections de 2015.

Démission ou mise à l'écart ?

Ce changement à la tête du gouvernement polonais intervient moins d'un mois après la visite de Beata Szydlo à Emmanuel Macron pour apaiser les tensions entre les deux pays après les échauffourées de l'été.

Lire aussi : France + Pologne ? Macron et Szydlo se rapprochent sans cacher la poussière sous le tapis

Macron, Szydlo, France, Pologne, Paris, Varsovie,

Ce vendredi 8 décembre, la porte-parole du parti, Beata Mazurek, a sobrement déclaré à la presse :

"La Première ministre Beata Szydlo a présenté sa démission au comité politique (du PiS), elle a été acceptée", ajoutant : "Le comité a proposé au poste de Premier ministre la candidature du vice-Premier ministre Mateusz Morawiecki".

L'explication donnée à cette réorganisation du gouvernement selon laquelle il s'agirait de faire face à de nouvelles tâches en politique étrangère et intérieure, n'est pas des plus précises. La porte-parole déclare ainsi que les derniers mois de l'année en cours ont apporté de nombreux changements importants dans la situation intérieure et internationale, sans plus de détail.

"Il y eu aussi une évolution des tâches, inscrites dans notre grand projet du bon changement (...). Ces facteurs ont entraîné la nécessité de corriger la composition du gouvernement, y compris de sa direction", a-t-elle indiqué, ajoutant que Beata Szydlo devait rester au gouvernement.

Elle devrait occuper un poste de vice-Premier ministre. Cette démission ressemble plutôt à une mise à l'écart car Beata Szydlo, 54 ans, en dépit des critiques, est l'une des personnalités politiques les plus populaires de Pologne depuis l'effondrement du communisme en 1989 grâce à la faiblesse du taux de chômage, à l'augmentation des dépenses publiques et à la mise en avant des valeurs traditionnalistes catholiques dans la vie publique.

Selon l'agence PAP, d'autres changements au gouvernement doivent intervenir en janvier.

Mateusz Morawiecki, un profil de modéré

Le futur Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, 49 ans, est un ancien banquier brillant, et un étatiste résolu. Fils d'un ancien opposant anticommuniste radical, historien formé à l'Université de Wroclaw (sud-ouest), il a fait ensuite des études économiques et de droit aux Etats-Unis, en Allemagne et en Suisse, bénéficiant aussi d'une large culture générale.

En 2015, il a renoncé à son poste lucratif de président de la Bank Zachodni WBK (groupe Santander) pour entrer au gouvernement PiS comme ministre du Développement et vice-Premier ministre. En 2016 il a pris également le porte-feuille des Finances.

"Dans une équipe élue sur un programme populiste, dominée par des personnalités radicales et controversées, il devait être un visage modéré, un technocrate rassurant pour les marchés et les investisseurs étrangers", analyse Le Monde.

La confiance du président du PiS, celui "qui distribue les cartes"

Contrairement à Szydlo, Mateusz Morawiecki, 49 ans, aurait toute la confiance de Jaroslaw Kaczynski, le président du PiS et responsable le plus influent du pays, alors que la Pologne va entrer dans une période rythmée par d'importantes échéances électorales.

Les électeurs seront en effet appelés à voter l'an prochain pour des élections municipales, en 2019 pour des législatives et en 2020 pour la présidentielle.

"Il est évident que Jaroslaw Kaczynski est le chef de son camp et qu'il est celui qui distribue les cartes, quel que soit le Premier ministre", souligne Henryk Domanski, de l'Académie des sciences polonaise.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 08/12/2017 à 16:57 :
Pologne, Roumanie (http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/11/27/en-roumanie-nouvelles-manifestations-contre-le-gouvernement-et-la-corruption_5221009_3214.html), Allemagne, Grèce, Espagne et-c...

L'europe est en feu mais il n'y a pas d'alternative nous hurle t'on, la crise pour les pauvres c'est l'avenir et peut-être même le fascisme si les pauvres ne veulent pas obéir.

"Pologne : le pouvoir conservateur pris en fragrant délit de propagande et de désinformation !" contrepoints.org/2017/07/31/295811-pologne-pouvoir-conservateur-pris-fragrant-delit-de-propagande-de-desinformation

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