France + Pologne ? Macron et Szydlo se rapprochent sans cacher la poussière sous le tapis

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Entre Paris et Varsovie, les tensions ont été des plus vives ces derniers mois (voire, ces dernières années avec l'affaire des Caracal) : dans la longue liste des contentieux, il y a notamment l'emblématique dossier du travail détaché avec les accusations de dumping social à l'encontre des transporteurs routiers low-cost polonais.
Emmanuel Macron et la Première ministre polonaise, Beata Szydlo, ont exprimé jeudi leur volonté de dissiper des malentendus et de trouver des compromis, sans masquer les divergences, après de fortes tensions ces derniers mois.
Le président français a fait état de perspectives de développement économique bilatéral dans les secteurs de la défense, de l'industrie et du nucléaire, lors d'une conférence de presse conjointe après un entretien à l'Elysée.
Au chapitre des choses qui fâchent, Emmanuel Macron n'a pas hésité à s'exprimer sur les craintes entourant la réforme de la justice en Pologne, un sujet de "préoccupation" selon lui, même s'il a répété que la France n'avait pas à juger des réformes menées dans d'autres pays. Il s'agit d'une réforme du tribunal constitutionnel polonais, qui pourrait menacer l'indépendance de la justice dans ce pays. Cette réforme a incité la Commission européenne à ouvrir en juillet une procédure d'infraction contre Varsovie pour violation des principes communautaires.
| Lire aussi : Réforme de la justice en Pologne : les menaces de Bruxelles (Le Parisien)
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Beata Szydlo a assuré de son côté que la Pologne respectait "tous les principes, toutes les valeurs, tous les droits".
Ce à quoi, le président français a rétorque que "la France aura une position très simple, elle suivra les travaux de la Commission européenne".
Pour la dirigeante polonaise, sans une coopération entre la France et la Pologne, toutes les réformes nécessaires de l'Union européenne sont vouées à l'échec.
Un travail bilatéral important va être mené par plusieurs ministres, a-t-elle souligné.
Après l'opposition de la Pologne, de la Hongrie, de la Lituanie et de la Lettonie à la réforme de la directive sur le travail détaché, fortement poussée par Emmanuel Macron, ce dernier s'est dit optimiste sur un compromis sur la future révision des règles du transport routier.
Le président français avait jugé fin août que les Polonais méritaient mieux que des dirigeants qui trahissent selon lui les valeurs européennes. "Ce pays décide aujourd'hui de se mettre en marge de l'Histoire, du présent et du futur de l'Europe, ce que je regrette", avait-il dit.
Beata Szydlo l'avait alors taxé d'arrogance et d'inexpérience et assuré qu'Emmanuel Macron "ne décidera pas de l'avenir de l'Europe".
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Les contentieux entre la Pologne et la France, avant cette escalade estivale sur le travail détaché, s'étaient auparavant concentrés sur le secteur de la défense. En octobre 2016, la Pologne a déclenché une crise sans précédent entre Paris et Varsovie en rompant brutalement, juste avant de recevoir officiellement François Hollande -suprême affront-, les négociations exclusives avec Airbus Helicopters portant sur la vente de 50 hélicoptères Caracal (3,1 milliards d'euros).
Emmanuel Macron a annoncé qu'il se rendrait en Pologne l'an prochain.
(avec Reuters)
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