Il faut maintenant transformer l'essai. Six mois après un scrutin historique qui a renvoyé dans l'opposition les ultraconservateurs de Droit et Justice (PiS), les Polonais votent aujourd'hui pour élire près de 40 000 conseillers de commune, de département et de district. Pour le gouvernement de coalition de Donald Tusk, c'est un test majeur. Les électeurs vont-ils approuver les réformes engagées depuis l'automne dernier pour rétablir l'État de droit et lui permettre de les poursuivre ?
Selon les plus récents sondages, la Plateforme civique, parti du Premier ministre, obtiendrait environ 30 % des voix et le PiS seulement 28 %. Ce qui serait une seconde défaite pour ce dernier. Le 15 octobre, la Pologne a en effet tourné la page de huit années de régime illibéral, bouleversant le paysage politique européen et offrant un message d'espoir aux sociétés corsetées par des gouvernements autoritaires. Le national-populisme pouvait donc être vaincu. « C'est un miracle, se réjouit Klementyna Suchanow, cofondatrice du mouvement OSK (Ogólnopolski Strajk Kobiet, "grève nationale des femmes"). On se rapprochait des modèles russe ou biélorusse, mais nous nous sommes débarrassés de cette infection autoritaire. »